1.1 Jaunisse nanisante de l’orge : une vague de froid très bienvenue !

Au cours de l’automne dernier, les vols de pucerons ont été assez peu abondants. En revanche, ils se sont maintenus longtemps. Par ailleurs, la proportion de pucerons porteurs du virus de la jaunisse nanisante de l’orge était bien plus élevée qu’au cours des années précédentes.

Halte aux semis hyper-précoces !

Les semis effectués aux alentours du 20-25 septembre ont évidemment été les plus exposés aux pucerons vecteurs de jaunisse nanisante. Pour ces emblavures, un traitement insecticide s’est avéré nécessaire aux environs du 20-25 octobre. En traitant plus tôt, sur des plantules peu développées, une fraction importante de l’insecticide serait arrivée au sol sans atteindre sa cible, avec pour conséquence une piètre efficacité et une recolonisation rapide par les pucerons. En traitant plus tard, on prenait le risque d’un début d’infection secondaire. Du fait de la durée des vols de pucerons et de leur caractère virulifère élevé, la protection efficace des semis très précoces a demandé deux traitements : le premier vers le 20-25 octobre, et le second vers la fin novembre. Faire l’impasse de l’un de ces deux traitements (et a fortiori des deux !) a pu conduire à des infections déjà assez sérieuses. Heureusement, la vague de froid aura limité les dégâts, mais le scénario de l’automne-hiver 2020-21 illustre le fait que la date de semis contribue grandement à la gestion du risque de cette redoutable virose. Semer de l’escourgeon en septembre est devenu imprudent, sauf si on utilise des variétés tolérantes. Quant au froment, c’est évidemment encore pire, aucune variété disponible actuellement ne présentant ni tolérance, ni résistance.

Vols d’automne …interminables

Illustration flagrante des perturbations climatiques, les températures automnales sont de plus en plus douces, en particulier la nuit, avec pour conséquence, la poursuite des vols de pucerons parfois jusqu’en décembre. Lors du dernier automne, les pucerons n’étant pas très abondants, les avertissements ont visé à retarder le plus possible la date du traitement insecticide afin qu’il débarrasse de leurs pucerons les céréales infestées en une seule application. Cette recommandation était pertinente, mais évidemment pas adaptée aux semis hyper-précoces (cf supra).

Assainissement par le froid

La vague de froid de février, en anéantissant les pucerons présents dans les céréales, va forcer les populations de pucerons à se reconstituer au départ des plantes hôtes primaires. Ceci permettra une nette réduction de l’abondance du virus de la JNO dans l’environnement. Bonne nouvelle pour les semis les plus tardifs et pour céréales de printemps !

 Coordination scientifique : Groupe « ravageurs », M. De Proft, G. Jacquemin

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