Reconnaître les maladies foliaires

Avertissement
Communication
Événement

Escourgeon

Stades : Les parcelles d’escourgeons atteignent désormais partout le stade « épi 1cm » (BBCH30).

Maladies : De la rouille naine et helminthosporiose sont principalement observées cette semaine; la rhynchosporiose et l’oïdium sont aussi présentes mais à plus faible pression.

Fertilisation : Dans un schéma en trois fractions, la deuxième fraction est à apporter au redressement qui est atteint dans les parcelles observées. 

Froment

Stades : Les parcelles de froments semées à la mi-octobre sont majoritairement au stade fin tallage (BBCH 29). Les semis de mi-octobre et de mi-décembre sont en plein tallage (BBCH 22-28).

Maladies : Des foyers de rouille jaune sont déjà observés dans certaines variétés. Il n’est cependant pas recommandé et inutile d’intervenir, les résistances variétales devant encore se mettre en place. La situation sera évaluée attentivement aux alentours du stade 1er nœud (BBCH 31) des froments.

Fertilisation : La première application a été ou est à réaliser pour un fractionnement en trois fractions pour les semis de mi-novembre et de mi-décembre. La première application d’un schéma en deux fractions peut être réalisée pour les semis de mi-octobre. 

Pour les cultures associées froment-pois, la première application d’azote peut également être réalisée sur les parcelles implantées fin octobre.

Epeautre

 Stades : Dans toutes les régions à l’exception de l’Ardenne, les épeautres atteignent désormais le stade « plein tallage ». 

Maladies : Les pustules de rouille jaune sont à nouveau visibles sur de nombreuses variétés. La septoriose est présente mais reste discrète. Aucun traitement ne se justifie néanmoins. 

Fertilisation : Il est encore tôt pour appliquer la deuxième fraction azotée.

Triticale

Stades : Le triticale observé est au stade plein tallage.

Maladies : La rouille jaune est à surveiller, un traitement n’est pas justifié pour le moment.

Fertilisation : La culture n’étant pas au stade redressement, la deuxième fraction ne doit pas être appliquée.

Céréales de printemps

Orges brassicole de printemps

Stades : Les températures élevées de la semaine dernière ont permis des levées homogènes. Les levées rapides et un roulage des semis ont permis, dans la plupart des situations, d’éviter les dégâts d’oiseaux.    Les parcelles sont majoritairement au stade une à deux feuilles.

Fertilisation : Les besoins en azote des orges brassicoles sont précoces. La fumure de référence est de 90 kg N/ha à appliquer dès le début de la végétation. Cette fumure est valable dans les parcelles présentant un reliquat azoté moyen et un taux d’humus moyen. Dans le cas contraire, la fumure doit être adaptée (voir conseils dans le Livre Blanc de Février 2022 et sur la présentation des résultats des céréales de printemps de ce même Livre Blanc).

 

Actuellement, tous les escourgeons du réseau d’observation du CePiCOP ont atteint le stade épis 1 cm (BBCH 30) mais n’ont pas encore atteint le stade 1e nœud (BBCH 31). Aucune intervention n’est donc recommandée actuellement.

Réseau de parcelles escourgeon du CePiCOP :

Site

Date de semis

Variété(s) observée(s)

Lonzée

10/10/2021

LG Zoro, LG Zebra, SY DAkoota, KWS Wallace

Mainvault

10/10/2021

KWS Orbit, KWS Wallace, SY Galileoo

Ath

10/10/2021

KWS Orbit, KWS Wallace, SY Galileoo

Vierset

28/09/2021

KWS Orbit, LG Zebra, SY Dakoota, Dementiel

Ciney

30/09/2021

KWS Orbit

 

Symptômes :

Observations :

 

Des pustules de rouille naine sont visibles dans toutes les parcelles observées. 

En moyenne, 50% des F-2 présentent des pustules à Lonzée, 30% des F-2 sont infectées dans le Hainaut, 5% des F-2 dans la région liégeoise et 5% des F-2 à Ciney. Globalement la sévérité est faible sur les feuilles infectées.

Maximums observés : 75% des F-2 de KWS Wallace à Lonzée, 47% des
 F-2 de KWS Wallace à Mainvault. 

L’helminthosporiose est observée dans 10 des 15 parcelles du réseau. Elle est présente en moyenne sur 12% des F-2 à Lonzée, 5% des F-2 à Ath et Mainvault, 1% des F-3 dans la région liégeoise et 2% du coté de Ciney. La sévérité de la maladie sur les plantes infectées est cependant très faible. 

Maximums observés : 15% des F-2 de LG Zebra à Lonzée, 13% des F-2 de KWS Wallace à Ath et Mainvault.

La rhynchosporiose est observée dans 9 des 15 parcelles. Elle est pour l’instant cantonnée dans le bas des plantes (F-3) à une faible pression, exceptée à Ath où 27% des F-3 de KWS Orbit sont infectées.

L’oïdium est observé dans 8 des 15 parcelles du réseau. Cette maladie infecte 40% des F-2 de LG Zoro à Lonzée, 27% des F-2 dans le Hainaut et 5% des F-2 dans la région liégeoise. Globalement, la sévérité d’infection est faible. 

 

Recommandations :

Actuellement, les escourgeons n’ont pas encore atteint le stade requis pour envisager un premier traitement. Dans certaines parcelles observées la pression en rouille naine et en helminthosporiose est déjà significative et demande à être surveillée. Cependant, le coup de froid attendu dans les prochains jours devrait ralentir la progression de l’helminthosporiose qui préfère les températures plus chaudes contrairement à la rhynchosporiose. Nous vous invitons à suivre les prochains avis pour en savoir plus sur la nécessité ou non d’une première protection fongicide de vos parcelles d’escourgeon. 

La lutte raisonnée de vos parcelles passe obligatoirement par une bonne connaissance et reconnaissance des maladies en présence. Afin de vous donner toutes les clés nécessaires pour un bon déroulement de votre culture, nous vous proposons un petit rappel succinct des principales maladies foliaires du froment. 

Durant la saison, un cortège de maladies est potentiellement capable d’infecter vos parcelles à différents stades de la culture (Figure 1). Les pathogènes présents dépendront des conditions météorologiques, de la variété emblavée, des précédents culturaux, … Cinq stades clés (BBCH) sont identifiés : 1er nœud (31), 2ème nœud (32), dernière feuille (39), épiaison (51-59) et floraison (61-65). À chacun de ces stades, il vous est recommandé d’aller observer vos parcelles pour identifier les maladies en présence et ainsi déterminer la nécessité ou non d’une intervention, guidé par les avis du CePiCOP.

 

Figure 1 : Maladies fongiques du froment en fonction des stades de croissance. Les flèches verticales = stades clés de protection de la culture. Source : Livre Blanc « Céréales » – Février 2018 p5/11.

Reconnaissance des maladies :

1/ La septoriose, due à Zymoseptoria tritici, provoque des taches nécrotiques de couleur brun clair caractérisées par la présence de points noirs (pycnides) à l’intérieur de ces nécroses (Photos 1 et 2). La maladie se propage par les éclaboussures de pluie ainsi que par dissémination aérienne des spores. Elle est souvent présente dans le bas de la culture dès l’automne ou l’hiver mais n’est préjudiciable que lorsqu’elle atteint les trois derniers étages foliaires. Les conditions climatiques pendant la montaison sont donc déterminantes du moment d’infection de ces étages, de l’impact potentiel de la maladie et donc de la protection à envisager. 

2/ La rouille jaune est causée par Puccinia striiformis f. sp. tritici et apparaît dans les champs sous forme de foyers ou plages de plantes jaunes (Photo 3). Les feuilles atteintes présentent des pustules jaunes alignées le long des nervures (Photos 4 et 5). Cette distribution des taches en stries la distingue de la rouille brune. La résistance variétale constitue le moyen de lutte le plus efficace. Des nouvelles races contournant les résistances variétales pouvant occasionnellement apparaître, l’observation de toutes les parcelles au printemps à partir du stade 1er nœud (BBCH 31) est donc recommandée. La rouille jaune peut apparaître précocement, dès le tallage, en cas d’hiver doux. Comme la résistance variétale ne s’exprime parfois qu’à partir de la montaison, aucune intervention n’est recommandée avant ce stade.  De plus, un traitement ne sera justifié sur variétés très sensibles (cote de sensibilité <6) au stade épi 1cm (BBCH 31) qu’en cas de d’apparition très précoce et significative de la maladie. 

3/ La rouille brune, causée par Puccinia triticina, s’exprime sous forme de pustules mais de couleur orange à brune, dispersées sur toute la feuille (Photo 7). Les plantes infectées se répartissent de manière homogène dans le champ. Les épidémies de rouille brune ne débutent généralement pas avant le stade dernière feuille déployée (BBCH 39) car le champignon responsable nécessite des températures plus élevées que celles favorisant la rouille jaune.  Le choix variétal est également primordial puisqu’il conditionne l’intensité de l’attaque. L’observation du niveau de cette maladie en saison est recommandée à partir du stade 2ème nœud (BBCH 32).

4/ L’oïdium, causé par Blumeria graminis, se distingue par la présence d’un duvet blanc cotonneux qui apparaît principalement sur la face supérieure des feuilles. Au fil du temps, le feutrage peut prendre une teinte brune ou grise et des petites ponctuations noires peuvent apparaître. Après une pluie, les traces de l’attaque restent visibles sous forme de taches chlorotiques. Cette maladie est moins fréquente ces dernières années et peu dommageable notamment si la fumure et la densité de culture sont raisonnées. Cette maladie n’est préoccupante que si elle atteint les feuilles supérieures, il ne convient donc pas de traiter si elle reste dans les étages inférieurs. 

Comme indiqué dans le Figure 1, d’autre maladies foliaires existent telles que l’helminthosporiose du froment (DTR) et la fusariose sur feuille. Ces maladies sont, pour la première, plus difficile à identifier et pour la seconde plus anecdotique et dépendent fortement des conditions climatiques et des variétés emblavées. Elles ne seront donc pas détaillées dans cet avis. Pour plus d’informations sur ces deux maladies, nous vous invitons à consulter le Livre Blanc de février 2018 (https://www.livre-blanc-cereales.be/wp-content/uploads/2018/02/LBfev2018.pdf) ou les pages « recommandations pratiques » de tous les autres Livre Blanc paru en févier. 

Des compléments d’informations sont disponibles sur les sites :

ESCOURGEON 

Les escourgeons sont majoritairement au stade phénologique « épi 1cm » (BBCH30). Dans un schéma de fumures en trois fractions, le deuxième apport peut donc être effectué. 

Pour rappel, la réponse des variétés lignées et hybrides diffère, le fractionnement doit se raisonner en fonction du type de variété implantée. Les fumures de référence 2022 en trois fractions du Livre Blanc céréales sont les suivantes : 

 

ESCOURGEON variétés lignées

ESCOURGEON variétés hybrides

55 kg N/ha au tallage

25 kg N/ha au tallage

55 kg N/ha au redressement

75 kg N/ha au redressement

50 kg N/ha à la dernière feuille

75 kg N/ha à la dernière feuille

 

FROMENT  

Les températures printanières de ces derniers jours ont été bénéfiques pour la croissance et le développement du froment d’hiver. A Lonzée, les froments sont actuellement au stade

  • Fin tallage pour un semis de mi-octobre (BBCH 29)
  • Plein tallage pour un semis de mi-novembre et de mi-décembre (BBCH 22-28) 

Les parcelles semées à la mi-octobre devraient bientôt atteindre le stade « épi 1 cm » (BBCH 30 – Redressement). Si pour votre fumure azotée, vous avez opté pour un schéma en deux fractions, le premier apport positionné au stade « tallage-redressement » peut être appliqué sur ces parcelles. 

Les emblavures implantées à la mi-novembre et à la mi-décembre sont en plein tallage. La première application d’engrais d’un schéma en trois fraction peut encore être réalisée si ce n’est pas encore fait. 

Pour rappel, les fumures de référence recommandées en 2022 par le Livre Blanc céréales sont reprises ci-dessous. Ces fumures doivent toujours être adaptées aux contexte de la parcelle. 

Fumure de référence en 3 fractions

Fumure de référence en 2 fractions

Fraction du tallage : 60 kg N/ha

Fraction intermédiaire

« tallage-redressement » : 95 kg N/ha

Fraction du redressement : 60 kg N/ha

Fraction de la dernière feuille : 65 kg N/ha

Fraction de la dernière feuille : 75 kg N/ha

  

CULTURE ASSOCIEE FROMENT-POIS 

La fumure conseillée pour cette culture associée est une fumure en deux fractions. Une première fraction de 40 kg N/ha devra être apportée au stade intermédiaire « tallage-redressement » du froment.  Ensuite, un apport de 60 kg N/ha sera réalisé lors du stade dernière feuille étalée du froment d’hiver (BBCH39). Une fumure totale de 100 kg N/ha est donc recommandée.  

La première application de 40 kg N/ha peut être réalisée sur les premières parcelles semées à la fin du mois d’octobre. Il est conseillé de l’appliquer sous forme solide. 

Au sein du réseau d’observation, les parcelles d’épeautre poursuivent leur développement. On atteint désormais le stade « plein tallage » dans la grande majorité des cas. Selon les variétés, les plantes d’épeautre comptent alors entre 5 et 8 talles. En Ardenne, on est actuellement au stade « mi-tallage », soit au moins une semaine plus tardivement qu’à Gembloux. Je vous prie d’ailleurs de m’excuser pour cette référence à Gembloux, assimilé de façon égocentrique à la fois à l’équateur et au méridien de Greenwitch, mais la notion de région telle que la Hesbaye est trop diversifiée pour servir de comparaison. 

Dans l’ensemble des champs visités, la couleur du feuillage est bien verte. Aucune carence n’est visible et les maladies du feuillage (septoriose et oïdium) sont discrètes. On note cependant le retour de pustules de rouille jaune sur la majorité des variétés. Le temps plus couvert annoncé pour les prochains jours devrait favoriser la propagation de la maladie. Cependant, les défenses de la plupart des variétés d’épeautre vont seulement se mettre en place lors de la montaison. Aucune raison de s’inquiéter pour l’instant.

Un autre phénomène observable actuellement est le jaunissement de quelques jeunes feuilles enroulées. Cela s’observe aussi bien en triticale et en froment qu’en épeautre. Ce symptôme fait initialement penser à une attaque de larve type mouche grise ou mouche des semis mais aucun dégât ou morsure n’est visible dans le bas de la feuille qui reste parfaitement saine. Ce phénomène est présent dans toutes les régions de Belgique ce qui semble indiquer une origine météorologique. Il pourrait s’agir d’un effet mécanique : pincement ou déchirure, directement ou indirectement liés aux fortes amplitudes de températures (+/-20°C) actuellement observées entre les jours et les nuits. Les feuilles sous-jacentes de la même talle ne sont pas affectées. C’est d’ailleurs peut-être ces dernières, qui par un développement plus rapide, provoquent le déchirement de la feuille qui la précède.

Des gelées de -4°C sont attendues pour le prochain weekend. Ces températures ne sont pas à redouter pour les épeautres à ce stade. Par contre, on croisera les doigts pour les betteraves et les lins dont les plantules émergent.

Le redoux annoncé pour lundi et mardi donnera sans doute le signal du redressement des plantes et de l’application des deuxièmes fractions azotées. La semaine prochaine, nous discuterons également de l’application éventuelle d’un raccourcisseur.

Les parcelles de triticale observées dans le réseau n’ont pas fortement évolué depuis la semaine passée. Elles sont au stade plein tallage (BBCH 28). Dans ces parcelles, la culture n’a pas encore atteint le prochain stade clé, le stade redressement (BBCH 30). À ce stade, la deuxième fraction azotée devra être apportée. 

L’état sanitaire reste correct, néanmoins une surveillance de la rouille jaune est nécessaire. De nouvelles pustules sont présentes dans les parcelles d’observation à des degrés d’infestation différents selon les variétés. Comme mentionné précédemment dans l’avertissement – partie : « Rappels avant saison » en froment - il faut attendre que la culture atteigne le stade premier nœud (BBCH 31) pour envisager un éventuel traitement fongicide contre cette maladie.

Pour toutes questions, n’hésitez pas à contacter le CePiCOP

Mail : rb.cepicop@centrespilotes.be

Tél : 0499/639900

Site : https://centrespilotes.be


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