CePiCOP - Céréales - 23/03/2021: Protection des cultures: retour sur les maladies en froment

Envoyé le 23/03/2021

photo Pour l'avertissement de ce mardi, les sujets suivants sont évoqués: la protection des cultures ainsi que les stades phénologiques et la fertilisation azotée en escourgeon et en froment d'hiver. Enfin, un article sur la détermination du stade redressement et un second sur un OAD pour la septoriose sont également consultables. Bonne lecture.

Escourgeon

Stades : Les escourgeons sont majoritairement au stade phénologique fin tallage (BBCH29) ou « épi 1cm » (BBCH30).

Maladies : La rhynchosporiose, l’helminthosporiose et la rouille naine sont observées sur les parcelles mais le niveau d’infection est faible et ne nécessite pas de traitement. Une surveillance pour les prochains jours est toutefois recommandée pour les variétés sensibles qui nécessiteraient un traitement de montaison.

Fertilisation: Si vous travailler avec un schéma à 2 fractions, le premier apport, au stade tallage/redressement, doit être appliquer si ce n’est pas encore fait. Pour les schémas à 3 apports, il est conseillé d’attendre que les escourgeons atteignent le stade redressement pour appliquer le deuxième apport.

Froment

Stades : Les parcelles de froment sont majoritairement au stade plein tallage (BBCH21-28).

Maladies : Quelques taches de septoriose sont visibles dans les étages foliaires inférieurs mais il est encore trop tôt pour juger la pression des maladies en froment !

Fertilisation : Ce n’est que lorsque les températures diurnes et nocturnes seront plus favorables, que l’élongation des premiers entre-noeuds pourra réellement démarrer. A ce moment, il y aura lieu de penser à apporter le second apport d’azote (lorsque l’on travaille avec un schéma en 3 fractions) ou d'appliquer le premier apport (lorsque l'on travaille selon un schéma 2 fractions).

Pression des principales maladies foliaires sur l’escourgeon (sur les derniers étages foliaires visibles pour le moment).

Les observations sont réalisées sur des étages foliaires supérieurs et exprimées en F-1, F-2, F-3 (F-1 étant la première feuille déployée en partant de l’apex).

Symptômes et stades clefs

Détails et plus d’infos[1]

Constats dans le réseau de parcelles CePiCOP

(Variétés observées : LG Zebra, Coccinel, KWS Tonic, Tektoo KWS Dorset, KWS Orbit, SY Kingston)

Date de semis : 29/09/20 au 16/10/20

L’oïdium est observé dans 11 des 15 parcelles du réseau. Du côté du Hainaut, la maladie atteint au maximum 15% des F-2 mais reste majoritairement sur les étages foliaires inférieurs. A Lonzée, elle a été observée sur 30% des F-2 et à Ragnies, on l’observe sur 15% des F-3.

Des pustules de rouille naine sont visibles dans presque toutes les parcelles du réseau (14 parcelles sur les 15). Dans le Hainaut, quelques pustules sont visibles sur 5% à 100% des F-2 en fonction de la variété emblavée et de sa sensibilité à cette maladie. Dans la région de Liège, elle a été observée sur 20% des F-2. Elle a aussi été observée sur 5% des F-1 dans les parcelles à Lonzée et sur 20% des F-2 à Ragnies.

Cette maladie est à surveiller sur les variétés sensibles.

Lhelminthosporiose est observée sur 6 des 15 parcelles du réseau. Dans ces parcelles, elle est visible sur maximum 5% de la F-2 mais le pourcentage de surface foliaire touché reste faible dans tous les cas.

La rhynchosporiose est présente dans 11 des 15 parcelles. Dans ces parcelles, elle est visible sur maximum 5% de la F-1 et 30% des F-2 mais le pourcentage de surface foliaire touché reste faible. 

 

Recommandations 

L’état sanitaire des parcelles du réseau d’observation est en général bon et bien qu’on observe quelques symptômes de maladies courantes en escourgeon (rouille naine, rhynchosporiose, helminthosporiose), les parcelles ne sont qu’au stade BBCH29-30.

Seules les parcelles les plus précoces qui ont atteint le stade « 1er nœud » (BBCH31) et sur lesquelles on observe une pression en maladies significatives, pourraient nécessiter un traitement mais cette situation n’est pas encore observée dans le réseau. Il ne faut pas systématiquement effectuer un traitement de montaison et il est nécessaire d’aller observer l’état sanitaire de la culture à ce stade avant tout traitement. Il est conseillé de privilégier un fongicide à base de triazole voire une strobilurine en mélange avec un triazole pour le traitement de montaison. En présence faible de maladies et/ou de marché défavorable, on pourrait se contenter d’une dose réduite de fongicide à ce stade. Une surveillance pour les prochains jours est donc recommandée pour les variétés sensibles qui nécessiteraient un traitement de montaison.

Pour lutter contre les maladies fongiques de l’escourgeon, un traitement unique au stade dernière feuille étalée (BBCH 39) est la solution généralement la plus adaptée

Comme mentionné dans l’édition de février 2021 (page 5/84), le choix du schéma de traitement fongicide appliqué doit être réfléchi en fonction de la variété emblavée. L’efficacité des SDHI n’est plus assurée face aux populations d’helminthosporiose résistantes. Parmi les produits à base de SDHI, les produits qui contiennent une strobilurine donnent les meilleurs résultats. Face à ce problème, le Fandango composé d’un triazole et d’une strobilurine semble rejoindre le niveau des produits à base de SDHI. Il est efficace contre la rouille naine mais son efficacité reste médiocre dans la lutte contre la ramulariose. Contre la rouille et la rhynchosporiose, l’efficacité des SDHI n’est pas remise en question. En présence de ramulariose, le mancozèbe pourrait encore être une alternative très temporaire (retrait du marché de l’Union européenne prévu pour 2021) au chlorothalonil, que ce soit en association aux SDHI, triazoles ou strobilurines. Il faudra ensuite se pencher vers d’autres solutions d’avenir telles que le mefentrifluconazole (voir point 2.4.2. Page 76 du Livre Blanc des Céréales).

Coordination scientifique : Groupe « maladies » A. Legrève, A. Nysten

[1] La page « maladies » des escourgeons du Livre Blanc des Céréales https://www.livre-blanc-cereales.be/thematiques/maladies/maladies-escourgeon/

Les froments sont au stade plein tallage (BBCH22-28). Comme expliqué la semaine dernière pour l’escourgeon, la protection des cultures doit être raisonnée en fonction de la pression des principales maladies, des conditions météos annoncées et de la variété emblavée. Evaluer les pathogènes présents sur sa parcelle permet d’évaluer si l’infection est préjudiciable ou non.

Les avis du CePiCOP sont là pour vous guider dans la stratégie à appliquer qui sera toujours optimisée sur base des conditions phytotechniques et vos propres observations de l’état sanitaire de vos parcelles.

Figure 1. Période d’infection des principales maladies du blé (flèches horizontales) et stades de croissance clé de la protection fongicide en blé (flèches verticales). Source : Equipe Lutte intégrée, Livre Blanc des Céréales, 2018.

En froment, les maladies comme le piétin-verse, la septoriose et l’oïdium sont communément détectées dans les champs et c’est leur sévérité qui va indiquer les risques encourus par la culture. Les rouilles doivent être sous surveillance dès les premières détections notamment sur les variétés sensibles et un traitement spécifique est parfois nécessaire au stade 1er nœud pour ces variétés sensibles. La septoriose est à surveiller sur les variétés sensibles à partir du stade 32 (2ième nœud). Sur les variétés tolérantes, il n’est pas nécessaire d’envisager un traitement contre cette maladie avant le stade dernière feuille.

Pour décider de la stratégie de protection fongique : il faut donc évaluer l’état sanitaire de sa parcelle en tenant compte de la variété, évaluer les pathogènes par ordre d’importance et le positionnement du/des traitement(s) sera fonction de cette analyse. Une ou deux applications fongicides suffisent généralement pour contrôler l’ensemble des maladies. L’intérêt ou non d’un traitement en montaison n’est à envisager qu’à partir de du stade 31 (fig.1). Les diagrammes décisionnels repris dans le Livre Blanc des Céréales permettront d’orienter vos choix à chaque étape de la saison (page 5/65).

Coordination scientifique : Groupe « maladies » A. Legrève, A. Nysten

Escourgeon

Les escourgeons sont, dans la plupart des situations, au stade fin-tallage (BBCH29) /début redressement (BBCH30).

Les terres sont désormais, dans la plupart des situations, accessibles, dans le cas où vous n’auriez pas encore pu apporter la première fraction d’azote, il est conseillé d’apporter au plus vite une fraction « tallage + redressement ». Le conseil Livre Blanc pour un apport « tallage + redressement » est d’appliquer 100kgN/ha (il ne faut pas dépasser 115kgN/ha).

Pour les escourgeons ayant déjà reçus un apport au tallage, le conseil est d’attendre que la culture atteigne le stade redressement (BBCH30) pour apporter la deuxième fraction. Pour rappel, les fumures conseillées Livre Blanc pour un fractionnement en 3 apports sont les suivantes :

ESCOURGEON variétés lignées

ESCOURGEON variétés hybrides

55 kg N/ha au tallage

25 kg N/ha au tallage

55 kg N/ha au redressement

75 kg N/ha au redressement

50 kg N/ha à la dernière feuille

75 kg N/ha à la dernière feuille

Froment d’hiver

Le stade de développement des céréales varie en fonction de l’espèce et de la date de semis. Pour les semis de Lonzée de :

  • mi-octobre sont au stade fin tallage ;
  • mi-novembre sont au stade mi-tallage ;

La longueur du jour est encore limitée pour l’enclenchement de la montaison. Ce n’est que lorsque les températures diurnes et nocturnes seront plus favorables, que l’élongation des premiers entre-noeuds pourra réellement démarrer. A ce moment, il y aura lieu de penser à apporter le second apport d’azote (lorsque l’on travaille avec un schéma en 3 fractions) ou d'appliquer le premier apport (lorsque l'on travaille selon un schéma 2 fractions).

Froment-pois

Pour les semis de froment-pois, les stades de développement pour l’application de la première fumure (40 kgN/ha) ne sont pas encore atteints.

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », R. Meurs et R. Blanchard

Afin de pouvoir déterminer vous-même le stade de vos cultures. Vous trouverez ci-dessous un rapide descriptif pour la détermination du stade redressement ou épis à 1 cm de vos froments.

  • La première observation concerne votre culture de manière globale. Si celle-ci possède un port dressé alors il faut prendre quelques plants de froments et réaliser une coupe à la base de ces plants.
  • Sur un plant, il faut sélectionner le maitre brin (c’est-à-dire la talle la plus grande), enlever les quelques feuilles sénescentes et couper le maitre brin au niveau du plateau de tallage (éliminer les racines).
  • Ensuite une incision est réalisée du bas vers le haut de la plante afin de mesurer la distance entre le plateau de tallage et le sommet de l’épi. Lorsque cette distance est de 1 cm (comme illustré sur la photo ci-dessous), on se trouve au stade redressement.
  • Cette observation doit être répétée au moins 5 fois à différents endroits de la parcelle afin d’avoir une bonne représentation de l’état de votre culture.

Vous trouverez ci-contre le lien pour déterminer les stades de vos plantules (Stades).

https://www.livre-blanc-cereales.be/wp-content/uploads/2017/01/principaux-stades-reperes-de-la-vegetation-en-cereales.pdf

Figure 2. Coupe dans le maître brin d'un plant de froment d'hiver de Nysten A

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », B. Dumont et R. Blanchard

Proculture, un outil d’aide à la décision pour la septoriose

Proculture a été développé par l’unité de phytopathologie de l’UCLouvain à Louvain-la-Neuve. Il vous aide à optimiser le positionnement des traitements fongicides contre la septoriose du blé.

Comment ? Proculture utilise des données météorologiques pour évaluer les risques de septoriose sur les cultures.

En quelques clics, créez votre profil, enregistrez vos parcelles et vos cultures. Vous pourrez alors suivre l’évolution de la septoriose au fil de la saison et savoir quel est le moment le plus opportun pour la contrôler.

 Groupe « Proculture », Julie Mertens, CORDER asbl


Réalisé grâce au concours et au soutien : du SPW-Direction de la Recherche et du Développement, du BWAQ asbl, du CARAH asbl, du CRA-W, du CORDER asbl, de la Province de Liège – Agriculture, de ULg-GxABT, de l'OPA qualité Ciney asbl, de Réquasud asbl.