5. Jaunisse nanisante : les stigmates d’une épidémie

Tout au long de l’automne dernier, les observations effectuées dans le réseau CePiCOP ont révélé des populations assez faibles de pucerons dans les emblavures. En revanche, les analyses virologiques indiquaient qu’une assez forte proportion de pucerons étaient porteurs du virus de la jaunisse nanisante : les amorces d’épidémie étaient donc bien dans les champs, mais la colonisation lente a permis de conseiller d’éviter les traitements insecticides trop précoces. Enfin, la vague de froid de février a définitivement mis fin à cette épidémie en tuant les pucerons résiduaires dans les céréales.

Actuellement, dans la plupart des champs d’escourgeon, on peut voir les stigmates de cette épidémie éteinte, sous forme de petites mouchetures dispersées d’une ou de quelques plantes virosées. Ces traces, même discrètes et sans conséquences agronomiques, sont un signal précieux. En effet, elles indiquent que la virose était bel et bien en embuscade et que, si elle avait été négligée ou mal gérée, elle aurait pu conduire à des dégâts sérieux.

Le réchauffement climatique impacte fortement la dynamique épidémique de la jaunisse nanisante. La maîtrise de cette virose au cours d’automnes qui se prolongent devient de plus en plus compliquée, si bien que retarder la date de semis est devenu un levier important à actionner, tant en escourgeon, que dans les autres céréales. Les semis précoces d’escourgeon ne devraient plus utiliser que des variétés tolérantes au virus de la jaunisse nanisante.

Coordination scientifique : Groupe « ravageurs », M. De Proft, G. Jacquemin

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