Le colza : Le retour du printemps et des premiers insectes

Après un hiver très pluvieux, le colza d’hiver présente un développement avancé suite au cumul de températures douces et au retard pris pour l’apport de la fumure azotée à cause des terrains saturés en eau et inabordables jusqu’à présent.

Les boutons floraux du colza sont déjà bien visibles.  La hauteur des plantes de colza varie selon les réserves du sol, la variété et le drainage naturel du sol.  Les tiges sont en forte croissance.

Depuis l’arrêt des pluies et du vent, les premiers insectes apparaissent.  Ce lundi 16 mars, les observations réalisées dans le cadre du réseau d’observations colza avec  25 champs suivis, indiquent la présence de méligèthes et de charançons de la tige.  Leur nombre est encore relativement limité dans la plupart des endroits ; cependant, quelques bassins jaunes présentent un nombre nettement plus élevé d’insectes à la surface de l’eau (plus de 40 méligèthes et plus de 20 charançons de la tige).  C’est le cas à Denée, Saint-Servais, Pailhe, Isnes, Dorinne, Monin, Floreffe, Anthée et Pessoux.

Les méligèthes sont d’abord attirés par la couleur jaune (du piège et des plantes en fleurs (variété précoce comme ES Alicia en mélange avec le colza) puis commencent à s’installer sur les plantes au niveau des boutons floraux car ils sont à la recherche de pollen pour se nourrir.  Les charançons de la tige vont pondre des œufs dans les tiges avec comme conséquence un éclatement ultérieur des tiges.

La douceur printanière actuelle sera mise à profit pour l’apport de la fumure azotée et soufrée et aussi pour la surveillance des insectes dans les pièges (il est encore temps de les placer) et surtout sur les boutons floraux.

Plus les boutons floraux sont petits, plus ils sont sensibles aux attaques de méligèthes.  Les seuils d’intervention sont définis pour les méligèthes en fonction du stade de la plante et de l’état du colza.

  Stades du colza

Colza faible, 

dans sols asphyxiés

Colza en bon état

  D1-D2 (boutons accolés)

   BBCH 50-53

1

3-4

  E (boutons écartés)

   BBCH 55-59

2-3

7-8

En ce qui concerne les charançons de la tige, plus difficiles à observer sur les plantes, si le cumul des piégeages dépasse 10 en 3 jours, il faut intervenir.

Que l’on lutte contre le méligèthe ou contre les charançons, il faut éviter d’appliquer les pyréthrinoïdes vis-à-vis desquels le méligèthe a développé de la résistance : deltaméthrine, lambda-cyhalothrine, cyperméthrine. Il faut leur préférer les produits à base d’indoxacarbe (STEWARD), d’esfenvalérate (SUMI ALPHA), de tau-fluvalinate (MAVRIK, EVURE) ou de phosmet (BORAVI). Ce dernier produit est le seul à être agréé contre les charançons de la tige sans avoir entraîné de résistance significative de la part du méligèthe. Ce produit est donc le seul indiqué pour lutter contre les charançons de la tige.  Quant au Plenum (à base de pymétrozine), il ne peut plus être utilisé car il a été retiré le 30 janvier 2020.

La situation évoluera rapidement avec ces températures douces.  Le refroidissement annoncé pour la fin de la semaine va ralentir le développement du colza mais ne va pas empêcher les dégâts d’insectes s’ils sont présents dans la culture. 

Le vol des insectes est favorisé par l’ensoleillement et la douceur qui l’accompagne.  La vigilance est de mise cette semaine.  Tous les champs de colza d’hiver doivent être observés de près car la culture se trouve dans une période à risques.

Christine Cartrysse, APPO, Centre Pilote CePiCOP

                                                               Michel De Proft, Expert scientifique CRA-W

Le réseau d’observations "ravageurs du colza" du CePiCOP rassemble des observateurs de l’APPO, du CARAH, du CPL-Végémar, du CRA-W, de la DGARNE-Développement, de l’OPA de Ciney et de PROTECT’eau.

 

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