CePiCOP - 18.04.2023 - Observations en épeautre

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Céréales
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Il est plus que temps de sortir les herses étrilles, tant pour éliminer les
adventices que pour activer la minéralisation du sol et réduire la faim d’azote
des épeautres bio. Photo CRA-W

En ce mardi 18 avril, il y a, je l'espère, peu de chance que vous lisiez cet article. Après des semaines de temps pluvieux et venteux, voici venir une semaine plus clémente qui devrait enfin permettre d'entamer les semis de betteraves, chicorées, maïs et tournesol. En bref tout le monde est « à campagne » et personne n'est devant son ordinateur et c'est tant mieux

L'accalmie de vendredi et de samedi dernier nous a permis de réaliser les traitements raccourcisseurs et herbicides qui restaient à faire en céréales.

Les épeautres sont toujours au stade 30 mais on pourrait dire 30 et demi car l'écart se creuse désormais entre le premier et le deuxième nœud. Pour Cosmos à Gembloux, il atteint actuellement 5 mm et le stade 31 (premier nœud) sera atteint lorsque cet écart sera de 1cm soit vraisemblablement fin de semaine pour les épeautres les plus précoces. 

Pour les fertilisations, rien ne presse. En Ardenne où la norme est un fractionnement de l'azote en deux passages, il est encore (trop) tôt pour la seconde fraction. En région condruzienne et limoneuse, la deuxième est souvent appliquée et si ce n'est le cas, elle peut l'être mais notre conseil est de veiller à ce que la somme des deux premières fractions ne dépasse pas 120 unités lorsqu'un raccourcisseur a été appliqué et 100 unités en l'absence de celui-ci. De notre côté, la troisième fraction que nous apporterons au stade dernière feuille sera de 40 ou 60 unités ce qui portera la fertilisation de nos épeautres à 160 unités d'azote.

Du point de vue du désherbage, les produits ont généralement été appliqués mais le temps plus sec permet enfin le passage des herses étrilles. Si ces dernières sont indispensables en agriculture biologique, elles peuvent également avoir leur intérêt en conventionnel pour, par exemple, revenir sur un traitement automnal imparfait.

Par ailleurs, certains champs d'épeautre bio présentent des symptômes importants de carence en azote (photo) et le passage de la herse étrille en favorisant le réchauffement du sol, devrait entrainer une minéralisation plus précoce de l'azote organique et par conséquent, une reprise du développement de la culture.

Coté maladies, la météo est, depuis des mois, favorable au développement des champignons. Si la rouille jaune reste encore discrète, les symptômes de septoriose sont nombreux et inquiétants. Les printemps secs de ces dernières années ont permis à certaines variétés sensibles de passer sous le radar de l'évaluation. S'il est trop tôt pour les premiers fongicides, on peut cependant déjà prévoir des schémas de protection adaptés à chaque situation. Celles-ci sont principalement déterminées par les facteurs Variété, Date de semis et Région. Les semis tardifs sont nettement plus sains que les semis de la mi-octobre et la fraicheur de l'Ardenne dissuade la plupart des maladies. Pour les zones plus chaudes à semis précoce, la pression de cette année est bien plus élevée que celle des années précédentes. Pour ces situations à risque, un tableau récapitulatif est proposé.

Tolérances variétales et les schémas de protection adaptés pour 2023. Données CRA-W, Unité Biodiversité et Amélioration des Plantes (à l'exception des cotes**).

Concernant les variétés pour lesquelles une protection est recommandée, on peut les classer en 2 catégories. Les variétés sensibles à la septoriose et/ou à la rouille jaune, vont demander cette année un double traitement débutant au stade 1er (stade 31) ou 2ème nœud (stade 32), tandis que les plus tolérantes pourront se satisfaire d'un traitement unique à la dernière feuille (stade 39). Le positionnement des traitements dépendra principalement des sensibilités variétales aux maladies de début (septoriose, rouille jaune) ou de fin de cycle (rouille brune, nécroses foliaires). Le tableau ci-dessus peut constituer une aide pour orienter le schéma de protection mais c'est bien entendu la situation et votre expertise personnelle qui déterminera la pertinence ou non des traitements.

                Groupe « Epeautre », G. Jacquemin


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