CePiCOP - Actualité - céréales du 05 Mai 2020 (C12)

Envoyé le 04/05/2020

Escourgeon

Stades : Les parcelles ont dépassé le stade dernière feuille étalée (BBCH39) et sont en épiaison pour la plupart.

Maladies : La période s’étalant entre le stade de « dernière feuille étalée » (BBCH39) et le stade « sortie des barbes » (BBCH49) est l’intervalle pivot pour la protection fongicide de l’escourgeon. Il n’y a désormais plus d’observations dans notre réseau pour cette saison et les conseils restent identiques à l’avis C11 de la semaine dernière

Froment

Stades : Un tiers des parcelles observées sont au stade 2ième nœud (BBCH32). La majorité atteignent le stade de la dernière feuille visible (BBCH37) et certaines plus avancées arrivent à la « dernière feuille étalée » (BBCH39) ou même au début du gonflement (BBCH41).

Maladies : Les pluies reçues ont favorisé la dispersion de la septoriose pour les parcelles où des symptômes avaient été observés sur les étages supérieurs. La rouille jaune est observée sur plusieurs parcelles mais semble plus discrète que l’année dernière. L’observation des parcelles à ce stade est vivement conseillée pour adapter la bonne stratégie en fonction de votre variété et la pression.

Fertilisations :  Les semis de mi-octobre atteignent le stade dernière feuille visible (BBCH 37).  Il y a lieu d’appliquer la dernière fraction de la fumure azotée. Cette application peut être réalisée sous forme solide ou liquide. Si on choisit de l’appliquer sous forme liquide, il convient d’être prudent afin d’éviter d’occasionner des brûlures importantes aux feuilles supérieures de la culture. Ensuite, si l’application d’engrais est réalisée sous forme solide alors l’application peut être réalisée au stade dernière feuille étalée (BBCH 39).

Ravageurs : Les premières pluies inductrices pour l’émergence des Cécidomyie orange du blé ont été enregistrées dans certaines régions début Avril. Les premières émergences (très dispersées) sont prévues début Mai.

Cultures de printemps

Stades : plein tallage - redressement

Fertilisations :  En orge brassicole, l’application d’une fraction de correction au stade redressement est possible en fonction des situations.

Figure 1: Stades phénologiques des céréales. En vert, les feuilles visibles ; en gris, les feuilles à venir

Symptômes

Détails et plus d’infos[1]

Constats dans le réseau CePiCOP

Semis du 22 octobre au 20 novembre 2018

Variétés observées ce 4 mai 2020 : GLEAM, KWS SALIX, KWS SMART, BERGAMO, ARMINIUS, BENNINGTON, GRAHAM, KWS TALENT, CHEVIGNON, RELFECTION, RGT SACRAMENTO

Septoriose est observée sur 21 des 23 parcelles (non-traitées) du réseau. Elle est présente à des pourcentages variables selon les régions et variétés. Du côté du Hainaut, des lésions sont visibles sur 5 à 65% des F-2 en fonction des variétés. Elle est présente sur les F-4 dans le Namurois et sur 5 à 25% des F-2 du côté de Liège.

 

Les pluies reçues ces derniers jours ont permis à l’inoculum de se disperser sur des étages foliaires supérieurs (F2 et F3 définitives). Les symptômes sur ses feuilles supérieures ne seront visibles que fin mai (vers le 20 mai). Il s’agit des parcelles emblavées avec des variétés sensibles où l’inoculum était présent et observé sur les F-2 en stade 32 (qui correspond à la F4 définitive). Une attention doit être requise pour ces parcelles.

 

Rouille jaune est observée sur 10 des 23 parcelles du réseau (= parcelles non-traitées) avec une distribution et une sévérité variable selon les régions et les variétés emblavées. Elle est observée notamment sur les variétés REFLECTION, GRAHAM, KMS SALIX, KWS SMART, BERGAMO, RGT SACRAMENTO, ANAPOLIS, GLEAM par exemple.

 

Des foyers actifs sont mentionnés sur variétés sensibles notamment du côté de Liège. Les plus fortes attaques présentent des pustules visibles sur les F3 définitives. 

Rouille brune : n’est pas encore signalée dans les parcelles du réseau d’observation.

 

Oïdium est observée sur 5 parcelles du réseau et principalement vers Liège. Elle reste majoritairement dans le fond de la végétation sauf à Bombaye avec quelques touffes visibles sur les F3 définitives.

Recommandations :

Les pluies reçues ces derniers jours sont favorables à la dispersion des champignons et de la septoriose notamment. La rouille jaune est signalée à plusieurs endroits sur des variétés sensibles. En fonction de la date de semis et de la région, les parcelles peuvent avoir atteint des stades très différents, qui se situent désormais entre le stade BBCH32 à 41. Il convient de vérifier à quel stade phénologique votre parcelle se situe ainsi que la pression en maladies dans celle-ci afin d’y adapter la protection.

  • Pour les parcelles au stade BBCH32 à 37 et qui n’ont pas été traitées, un traitement peut être justifié en cas de présence significative de rouille jaune (foyer actif) ou de septoriose (plus de 20% des F-2 du moment), sur variétés sensibles à l’une ou l’autre de ces maladies. Pour ces parcelles et celles qui ont déjà été traitées avant le stade dernière feuille, un second traitement englobant l’ensemble des maladies sera réalisé 3 à 4 semaines après ce premier traitement. Dans les parcelles où la rouille jaune est absente ou ne nécessite pas d’intervenir, et où la pression des autres maladies est faible, le traitement peut être postposé au stade dernière feuille étalée (BBCH39).
  • Pour les parcelles ayant atteint le stade BBCH39, dernière feuille complètement étalée, et qui n’ont pas encore été traitées, le traitement complet contre les maladies du feuillage peut être réalisé. Le produit ou le mélange sera choisi en fonction des sensibilités propres à la variété.

Concernant les utilisations des substances actives au stade 32:

  1. Un ou deux triazoles en mélange + une substance de contact (ex : chlorothalonil)
  2. Un triazole et une strobilurine (si attaque sévère en rouille jaune) + substance de contact (ex : chlorothalonil)
  3. Pression faible en maladies, attendre le stade 39

Concernant les utilisations des substances actives au stade 39:

  1. Si pas de traitement réalisé en 32 > implanter un traitement complet : SDHI + triazole + chlorothalonil (+ strobilurine si la variété est sensible à la rouille brune)
  2. Si traitement en 32 > attendre 3-4 semaines et effectuer un traitement relais aux alentours de l’épiaison avec SDHI + triazole (favorisé le prothioconazole qui protège les maladies de l’épi) + (strobilurine si sensible à la rouille brune)

Pour rappel, les molécules SDHI ne doivent être utilisées qu’une fois par saison et l’alternance des substances actives est importante pour conserver leur efficacité. Un point sur les changements, retraits (chlorothalonil, avec utilisation max. jusqu’au 20/05/2020) et alternatives des substances actives en froment est disponible dans le Livre Blanc des Céréales de février 2020 (page 5/8).

Coordination scientifique : Groupe « maladies » A. Legrève, A. Nysten

[1] Avis CADCO maladies du FROMENT 2019 https://www.cadcoasbl.be/p03_archives/avert2019/cadco2019-06.pdf ou la page « maladies » du Livre Blanc des Céréales http://www.livre-blanc-cereales.be/thematiques/maladies/.

Froment d’hiver

Les semis réalisés mi-octobre sont caractérisés par une dernière feuille pointe (BBCH 37), il y a lieu d’appliquer la dernière fraction de la fumure azotée.

La dose de référence à appliquer est de 65 kg N/ha pour une fumure en trois fractions et de 95 kg N/ha pour une fumure en deux fractions. Cette dose est à moduler selon les conditions culturales de la parcelle, les doses déjà appliquées et l’état de la culture définie lors dans le Livre blanc 2020. L’ensemble des informations afin d’adapter cette fumure sont reprises ici[1]. De plus, un outil d’aide à la décision au niveau de la fumure est disponible ici[2].

L’application peut être réalisée sous forme solide ou liquide. Si on choisit de l’appliquer sous forme liquide, il convient d’être prudent afin d’éviter d’occasionner des brûlures importantes aux feuilles supérieures de la culture. Les précautions suivantes doivent être prises :

  • Ne pas appliquer en plein soleil et lorsqu’il y a des vents du nord et de l’est
  • Utiliser des jets adaptés (jets droplet ou filet par exemple) qui permettront à l’engrais liquide d’atteindre le sol
  • Il est souhaitable que la culture reçoive des précipitations même légères dans les jours qui suivent l’application
  • Ne pas appliquer en mélange de l’engrais liquide avec des produits phytosanitaires.

De plus, si l’application d’engrais est réalisée en solide alors l’application peut être réalisée au stade dernière feuille étalée (BBCH 39).

Ensuite, le stade des semis de mi-novembre est le stade deuxième nœuds (BBCH 32).

Froment-pois

La croissance de la culture continue pour les semis de froment-pois implantés. Pour les semis réalisés début novembre, le traitement fongicide à réaliser lors de la floraison du pois d’hiver peut être envisagé afin de lutter contre le botrytis et l’anthracnose du pois d’hiver. Cependant, il doit être utilisé dans des conditions climatiques optimales c’est-à-dire qu’il faut faire attention aux précipitations et aux lessivages des produits phytopharmaceutiques. De plus les agréations des produits évoluent continuellement. Dans le cadre de cette culture, le chlorothalonil est autorisé jusqu’au 20 mai 2020[3].

Pour plus d’information, vous pouvez consulter la présentation du livre blanc sur « La culture associée de froment et de pois d’hiver : une possibilité de diversification attrayante et durable pour nos rotations ». [4]

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », B. Bodson et R. Blanchard

[1] http://www.livre-blanc-cereales.be/wp-content/uploads/2020/02/2020-AdapterSaFumure_FH.pdf

[2] http://www.livre-blanc-cereales.be/thematiques/fumures/froment/determination-pratique-froment/

[3] http://www.livre-blanc-cereales.be/wp-content/uploads/2020/02/LBf%C3%A9v2020-9-LB20-lutte-contre-les-maladies-pr%C3%A9sentation-FINALE-1.pdf

[4] http://www.livre-blanc-cereales.be/wp-content/uploads/2019/03/LBFEV19-3-culture-en-association-froment-pois.pdf

Triticale[1]  

Les observations dans un essai implanté à Ernage le 14 octobre montrent que le développement des plantes continue.

Epeautre[2]

Le développement de l’épeautre continue.

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », G. Jacquemin

[1] Attention, ces informations concernent les parcelles d’un essai observées de façon ponctuelle. Ceci ne reflète pas toutes les situations mais donne une idée de la saison actuelle.

[2] Attention, ces informations concernent certains champs observés de façon ponctuelle. Ceci ne reflète pas toutes les situations mais donne une idée de la saison actuelle.

Orge de printemps :

  • Stade :

Les orges de printemps semées à Ath le 24 mars sont au stade redressement. Les orges semées plus tardivement à Liernu et à Lonzée sont eux au stade plein tallage.

  • Fertilisation azotée

Une fumure de correction de 20 à 40 kgN/ha peut être appliquée au stade redressement sur les orges brassicoles de printemps si et seulement si la culture paraît carencée. Le choix d’appliquer cette fraction dépend de l’état de la culture et de l’expérience de chaque agriculteur. Pour adapter la fumure à sa parcelle en fonction de l’expérience passée, il est important de savoir que les teneurs en protéines varient de 0.5 % quand la fumure azotée varie de 25 kgN/ha.

Pour une valorisation brassicole de sa récolte, l’objectif est d’atteindre une teneur en protéines à la récolte située entre 9.5 et 11.5. Une fertilisation trop importante peut entrainer un déclassement de la récolte, le maitre est mot est donc de rester prudent.

Avoine

  • Stade :

Les avoines semées à Isnes près de Gembloux fin mars sont au stade plein tallage. Les stades peuvent cependant varier assez fortement en fonction de la date d’implantation et de la région. 

  • Fertilisation azotée

La deuxième fraction en avoine pourra être appliquée lorsque la culture aura atteint le stade redressement. Les besoins de la culture d’avoine sont de l’ordre de 80 à 100kgN/ha. Il était conseillé d’appliquer 1/3 de la fraction au stade tallage. Les 2/3 restant pourront donc être appliqué au stade redressement.

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », B. Bodson et R. Meurs

Les petites pluies tombées dans l’ouest du pays du 9 au 12 mars ont été considérées comme « pluies inductrices » par l’OAD CÉCIBLÉ. Au cours de ses 13 années de validation, jamais le modèle de prévision des émergences n’avait indiqué des pluies inductrices aussi précoces. Cette année, le modèle développé au CRA-W se trouve donc poussé hors de sa zone de confort, puisqu’il n’a jamais été éprouvé dans un scénario tel que celui de ce printemps.

Cette année va donc intéresser les scientifiques, mais comment doit-on gérer cette information en culture ?

La question sera, d’une part de vérifier si les petites pluies indiquées comme « inductrices » par CÉCIBLÉ, seront effectivement inductrices et, d’autre part de déterminer si ces pluies inductrices (ou les suivantes) provoqueront des vagues d’émergences à des stades vulnérables du froment.

Les pluies tombées en mars (du 9 au 12, puis du 20 au 23) ont été irrégulières. Le tableau ci-dessous illustre cette grande disparité et montre l’intérêt d’utiliser les données spatialisées de l’OAD CÉCIBLÉ : là où des pluies ont été enregistrées en mars, des émergences (faibles vu les quantités de pluie) sont attendues dès à présent. Là où les premières pluies inductrices sont tombées le 17/4, les émergences surviendront d’ici trois bonnes semaines.

Pluies inductrices (mm) ; exemple de consultation de l’OAD CÉCIBLÉ

 

Pluies du 09 au 12/03

Pluies du 20 au 23/03

Pluies du 17/04

MONS

5.7

3.8

5.2

CHARLEROI

-

-

3.2

GEMBLOUX

-

-

1.2

JODOIGNE

3.3

2.2

-

WAREMME

2.0

2.0

-

PERWEZ

-

-

1.2

CINEY

-

-

1.7

NIVELLES

6.4

5.3

-

TOURNAI

4.2

4.4

14.1

Emergences attendues :

Tout début mai

Tout début mai

Fin mai-début juin

 

Sur le terrain, le blé n’a pas encore été exposé à la cécidomyie, puisque les épis n’ont pas encore emergé.  Là où des émergences sont prévues par CÉCIBLÉ au cours de trois semaines à venir, il serait prudent de mesurer l’intensité des vols crépusculaires. Cette estimation se fait en passant lentement une baguette tenue à l’horizontale au niveau des épis. Si cette opération provoque l’envol de 30 individus ou plus, un traitement insecticide peut s’avérer utile.

Vu les faibles volumes de pluies tombées aux moments critiques, il est peu probable que la cécidomyie orange cause des dégâts cette année. Reste à vérifier (via l’OAD CECIBLE) que certaines régions n’aient pas été plus arrosées.

L’OAD CÉCIBLÉ est consultable librement par quiconque via le lien suivant :

(https://app.pameseb.be/fr/oad/cecidomyie/plotly/v3/)   

Coordination scientifique : Groupe « Ravageur », M. De Proft

Les avertissements en céréales sont un service qui est proposé aux personnes du monde agricole. Ceux-ci sont réalisés chaque mardi en début d’après-midi (pendant des périodes pertinentes) et ce service est gratuit. De plus des avertissements en colza sont également réalisés en suivant ces mêmes conditions.

Pour en bénéficier vous pouvez vous inscrire sur le site https://centrespilotes.be/fr/inscriptions/abonnements/


Réalisé grâce au concours et au soutien : du SPW-Direction de la Recherche et du Développement, du BWAQ asbl, du CARAH asbl, du CRA-W, du CORDER asbl, de la Province de Liège – Agriculture, de ULg-GxABT, de l'OPA qualité Ciney asbl, de Réquasud asbl.