Pression maladies et insectes

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CÉRÉALES

Froment

Stades : la majorité des froments se situe entre les stades dernière feuille étalée (BBCH 39) et gaine gonflée à éclatée (BBCH 43-47), les plus avancés ont même déjà commencé leur épiaison (BBCH 51).

Maladies : la rouille jaune est toujours bien présente et ne semble pas s’essouffler. La septoriose progresse à la faveur des rosées matinales et la rouille brune est repérée mais elle n’a pas encore commencé sa phase épidémique. Pour ceux qui n’ont pas encore protégé leurs parcelles, un traitement au stade dernière feuille étalée (BBCH 39) est plus que recommandé. Pour ceux qui ont traité leur froment au stade 2ème nœud (BBCH 32), pensez à revenir 3 (maximum 4) semaines après la première application pour un traitement relais.

Fertilisation : la dernière application d’un schéma en deux et trois fractions doit être réalisée pour les parcelles semées au mois de novembre qui pour la plupart ont atteint le stade dernière feuille étalée (BBCH 39).

Ravageurs : nombreux pucerons et émergence des cécidomyies oranges du blé. Une visite de vos parcelles est vivement recommandée.

Epeautre

Stades : les épeautres atteignent désormais le stade dernière feuille (BBCH 37 et 39) dans la majorité des régions. En Ardenne, la dernière feuille n’est généralement pas encore visible mais elle ne tardera pas.

Maladies : malgré la sécheresse, les maladies sont présentes. La rouille jaune est toujours là mais en régression, la septoriose est désormais bien visible dans les champs qui ont enregistré quelques petites pluies. On redoute l’arrivée de la rouille brune qui apprécie les périodes de chaleur. Lorsque toutes les dernières feuilles seront bien étalées (BBCH 39), un traitement complet incluant différentes familles de fongicide (SDHI, triazole, strobilurine) est conseillé.  

Fertilisation : la dernière fraction a généralement été apportée. Si ce n’est le cas, c’est le bon moment.

Régulateur : les régulateurs semblent avoir bien fonctionné bien que les parcelles non traitées soient déjà plus courtes qu’à l’accoutumée.

Désherbage : on observe pas mal de problèmes avec les herbicides racinaires qui, avec la sécheresse, n’ont pas toujours été très efficaces mais il est trop tard pour cette saison.

Triticale

Stades : les triticales sont au stade épiaison (BBCH 51-59) en Hesbaye et oscillent entre le stade gonflement de la gaine (BBCH 43) et le début de l’épiaison (BBCH 51) en Ardenne.

Maladies : la rouille jaune continue à être observée dans les variétés sensibles. La rhynchosporiose a été freinée par les températures chaudes de la semaine dernière. Le traitement principal est à envisager sur les parcelles qui dépassent le stade dernière feuille étalée (BBCH 39). Dans les parcelles qui ont déjà été protégées avant le stade dernière feuille étalée (BBCH 39), un traitement relais est à envisager dans les 2 à 3 semaines suivant le premier traitement.

Céréales de  printemps

Stades : les parcelles d’avoines et d’orges se situent entre le deuxième nœud (BBCH 32) et le stade dernière feuille étalée (BBCH 39) pour les plus avancées.

Maladies : un traitement unique à la dernière feuille étalée (BBCH 39) est en général la solution la plus adaptée pour lutter contre les maladies fongiques. La pression observée est toutefois faible.

Régulateur : certains produits peuvent encore être appliqués en même temps que le fongicide au stade dernière feuille étalée (BBCH 39).

Ravageurs : pucerons et criocères à surveiller.

La majorité des froments (23/32 parcelles) du réseau d’observation CePiCOP se situe entre les stades dernière feuille étalée (BBCH 39) et gaine gonflée à éclatée (BBCH 43-47).  Trois autres parcelles ont déjà débuté leur épiaison (BBCH 51) et six autres parcelles sont encore au stade dernière feuille pointante (BBCH 37). 

La rouille jaune continue sa progression et ne semble pas s’essouffler sur les variétés sensibles ayant une cote de tolérance à la rouille jaune inférieure à 7.0 dans le Livre Blanc de septembre 2021.  Elle est également observée, à très faible pression, dans des variétés actuellement répertoriées comme moins sensibles.  La visite de TOUTES vos parcelles, quelle que soit la variété implantée, reste donc fortement conseillée.

Six parcelles observées via le réseau CePiCOP présentent des infections significatives en septoriose sur leur F3 définitive (Figure 1).  Dans huit parcelles, la septoriose est montée jusqu’à la F2 et dans l’une d’entre elles, la maladie est même observée sur la F1.  La sévérité de ces infections reste faible mais la septoriose est globalement en progression malgré la sécheresse actuelle.  Les fortes rosées observées cette dernière semaine suffisent au pathogène pour continuer sa progression. 

La rouille brune n’est actuellement observée que dans une seule parcelle du réseau d’observation.  Cependant, plusieurs cas d’apparition de cette maladie nous ont déjà été reportés.  Les outils d’aide à la décision nous signalent également un risque élevé d’infection de cette maladie dans la région liégeoise et dans le Hainaut.

Pour toutes ces raisons il est fortement conseillé de protéger vos parcelles avec un traitement adapté lorsque vos froments auront atteint le stade dernière feuille étalée (BBCH 39) si aucun traitement n’a encore été fait. 

Si vous avez traité au stade 2ème nœud (BBCH 32), un traitement relais est conseillé 3 à maximum 4 semaines après la première application.  La culture devrait alors atteindre le stade mi à fin épiaison (BBCH 55-59).

Figure 1 : Stades phénologiques des céréales. En vert, les feuilles visibles ; en gris, les feuilles à venir.

Réseau des parcelles froment du CePiCOP (32 parcelles):

Site

Date de semis

Variété(s) observée(s)

Lonzée

18/10/2021

Gleam, KWS Smart

Lonzée

18/11/2021

Gleam, KWS Smart

Lonzée

28/10/2021

Chevignon, KWS Dorset, Porthus

Acosse                   

17/10/2021

Gleam, KWS Smart

Marbaix

19/10/2021

KWS Extase, Garfield

Mortroux

25/10/2021

Gleam, LG Skyscraper, Bennington, Campesino

Chièvres

24/10/2021

Gleam, KWS Smart, Chevignon, LG Skyscraper

Ath

25/10/2021

Gleam, KWS Smart, Chevignon, LG Skyscraper

Ciney

27/10/2021

Chevignon

Mettet

29/10/2021

Gleam, KWS Smart

Pailhe

18/11/2021

Gleam, LG Skyscraper, Campesino,

Hodeige

10/11/2021

Gleam, LG Skyscraper, Campesino

 

Symptômes :

Observations :

 

La rouille jaune est observable dans 21 des 32 parcelles du réseau CePiCOP.  Elle est présente sur les variétés sensibles : Bennington à Mortroux, Campesino à Mortroux, Hodeige et Pailhe, KWS Smart à Lonzée (2 dates de semis), Acosse, Ath et Chièvres.  Elle est également observée sur les variétés moins sensibles (cote >7) suivantes : LG Skyscraper à Hodeige et Ath, Gleam à Lonzée (2 dates de semis), Acosse, Hodeige, Ath et Chièvres, Garfield à Marbais, Chevignon à Ath, KWS Dorset à Lonzée, Porthus à Lonzée.

 

Maximums observés : 35% des F1 du KWS Dorset à Lonzée, 15% des F1 du Campesino à Hodeige.

 

La septoriose est observable dans toutes les parcelles du réseau d’observation.  Elle est montée jusqu’aux F3 définitives (Figure 1) dans 6 parcelles, sur la F2 dans 7 parcelles et elle est observée sur 20% des F1 du Campesino à Hodeige.  Globalement, la sévérité observée est faible. 

 

Maximums observés : 20% des F1 définitives Campesino à Hodeige, 20% des F2 définitives du KWS Dorset à Lonzée, 10% des F2 définitives du Campesino à Pailhe et du Gleam à Hodeige.

 

La rouille brune est actuellement observée dans 1 seule parcelle du réseau d’observation.  Quelques pustules ont été observées sur 5% des F4 du Gleam à Hodeige. 

Recommandations :

Rouille jaune :

Les parcelles ayant été traitées au stade 1er nœud (BBCH 31) contre cette maladie ont probablement reçu un traitement relais 2 semaines plus tard soit aux environs du stade 2ème nœud (BBCH 32) du froment.  Cette dernière application a eu pour but de protéger la F2 définitive de votre culture (qui pointait très certainement lors de votre traitement).  Cependant, malgré ce traitement, les plantes de froment vont encore produire une nouvelle feuille dans les 2 semaines qui viennent et cette dernière n’aura reçu aucune protection.  C’est pourquoi, un traitement relais lorsque la culture aura atteint le stade dernière feuille étalée (BBCH 39) sera nécessaire pour protéger cette dernière contre la rouille jaune.  En effet, cette maladie est capable d’effectuer un cycle en 2 semaines et la pression de cette année est non négligeable sur les variétés très sensibles.

Si vous avez effectué un traitement complet au stade 2ème nœud (BBCH 32), vous pourrez très certainement compter sur 3 semaines de rémanence, cependant votre dernière feuille sera sans protection pendant au minimum une semaine ce qui est suffisant, dans les conditions actuelles, pour que la rouille jaune s’y repique.  Un petit complément, à base de triazole (comme celui utilisé au stade BBCH 31 = T0), pourrait être envisagé et largement suffire pour tenir jusqu’à l’épiaison complète du froment.  La visite de vos parcelles est donc très importante, ce traitement relais au stade dernière feuille (BBCH 39) pouvant être envisagé dès l’apparition des premiers symptômes sur la dernière feuille. 

N’oubliez pas non plus de privilégier l’alternance des substances actives choisies entre les différents traitements afin de ralentir l’apparition de résistance chez les pathogènes présents au moment des traitements.

Septoriose :

La septoriose est actuellement en progression malgré la sécheresse.  Les rosées abondantes et les températures clémentes l’ont aidée à continuer son développement.  Elle est surtout signalée dans les variétés très sensibles ayant des cotes inférieures à 6.0 dans le Livre Blanc de septembre 2021. 

Pour les parcelles qui n’ont pas encore reçu de traitement fongicide, il est fortement conseillé d’appliquer une protection complète contre cette maladie lorsque le stade dernière feuille étalée (BBCH 39) sera atteint.  Pour les parcelles ayant été traitées au stade 2ème nœud (BBCH 32) et qui ne présentent pas de symptômes de rouille jaune, il est conseillé d’attendre 3 (à maximum 4) semaines avant de revenir avec un traitement relais. 

Pour rappel et afin d’éviter l’apparition trop rapide de résistance au sein des pathogènes suite à l’application de produits de protection des plantes, il est conseillé de :

  • n’appliquer un SDHI qu’une seule fois / saison ;
  • alterner les substances actives utilisées d’un traitement à l’autre ;
  • privilégier le mélange de substances actives différentes et efficaces contre le pathogène ciblé lors d’une même application.

Une fois les règles ci-dessus bien en tête, il est maintenant possible pour vous de déterminer la composition du traitement contre la septoriose.  Ce traitement devra reposer sur une solution à base de SDHI (bixafen, fluopyram, fluxapyroxad, benzovindiflupyr ou isopyrazam), de triazole (prothioconazole, mefentrifluconazole, tebuconazole, metconazole ou cyproconazole[1]) et/ou de fenpicoxamid.  L’ajout d’une strobilurine n’est utile que si vous avez une variété sensible à la rouille brune.  Au vu des risques annoncés et de la chaleur prévue pour les prochains jours, il est fortement conseillé de prendre cette maladie en compte également (surtout dans le Hainaut et la région liégeoise).  A noter que les produits à base de benzovindiflupyr (SDHI) n’ont pas besoin d’être renforcés avec une strobilurine pour lutter contre la rouille brune car cette substance active est déjà suffisamment efficace contre cette maladie.  Elle est cependant un peu plus faible sur septoriose que d’autres références du marché.  Le choix dépendra donc fortement de la sensibilité de votre variété.  Enfin, l’ajout d’un produit multi-sites, à base de folpet ou de soufre (liquide de préférence) est toujours recommandé si aucun autre traitement fongicide n’a été effectué auparavant. 

Rouille brune :

Bien que la rouille brune (Figure 2) n’ait pas été observée que dans 1 parcelle du réseau CePiCOP, elle nous a déjà été signalée à plusieurs endroits en Wallonie.  Les chaleurs annoncées dans les prochains jours constituent les conditions idéales pour son développement, qui risque d’être conséquent.  Notre outil d’aide à la décision prévoit un développement significatif de cette maladie dans le Hainaut et la région Liégeoise.  Pour les parcelles qui n’ont pas encore été protégées, il est donc conseillé d’envisager un traitement lorsque la culture aura atteint le stade dernière feuille étalée (BBCH 39) pour lutter à la fois contre la septoriose et la rouille brune (pour les variétés sensibles).  Veuillez-vous référer au texte du paragraphe septoriose pour décider du traitement à envisager.

Figure 2: Symptômes de rouille jaune et de rouille brune. La rouille jaune se présente sous forme de strie avec des petites pustules jaunes. La rouille brune se répartit aléatoirement sur le limbe foliaire avec des pustules brunes plus grandes que celles de la rouille jaune. Photo de C. Bataille.

Fusariose sur épis :

Il est encore trop tôt pour savoir s’il y a un risque ou non de développement de la fusariose sur épis (Figure 3) car cette maladie n’infecte les épis que lors de leur floraison et à la faveur d’une humidité relative très élevée durant cette étape de développement du blé.  Cependant, pour ceux qui envisagent déjà le traitement relais, 3 à 4 semaines après leur T1 au stade 2ème nœud (BBCH 32), et qui vont très certainement toucher l’épis lors de leur pulvérisation, sachez que :

  • le prothioconazole est efficace dès le stade fin épiaison (BBCH 59) sur la fusariose de l’épis ;
  • le metconazole et le tebuconazole ne sont efficaces que lors de la floraison des épis, au plus proche du moment d’infection du pathogène (leur efficacité est cependant inférieur à celle du prothioconazole);
  • l’efficacité maximale de ce type de traitement avoisine les 50-60%.  Malgré la protection de vos épis, des symptômes de fusariose risquent tout de même d’être observés en cas de forte pression. 

La protection de l’épi permet cependant de rester en dessous des niveaux de DON (mycotoxines) autorisés. 

Figure 3: Symptômes de fusariose sur épis (Fusarium spp.). Photo de P. Hellin.
 

[1] Dernière année d’utilisation du cyproconazole (expiration le 31/11/2022).

 

FROMENT 

Aidé par des températures au-dessus de la normale, le développement du froment d’hiver se poursuit actuellement à un rythme soutenu. 

Les froments semés à la mi-octobre ont maintenant dépassé le stade dernière feuille étalée.  L’épiaison peut déjà être observée dans certaines parcelles semées précocement ou emblavées avec des variétés hâtives.  La dernière fraction de la fumure azotée doit être appliquée sur ces parcelles, si ce n’est pas déjà fait. 

Les semis de la mi-novembre ont, pour la plupart, atteint le stade dernière feuille étalée (BBCH 39).  La dernière fraction d’azote peut donc également être appliquée sur ces parcelles.  A ce stade, il est recommandé de réaliser cet apport sous forme solide afin de ne pas endommager les dernières feuilles. 

Pour rappel, cette dernière fraction doit également être modulée en fonction de la parcelle en tenant compte des conditions culturales, des apports déjà réalisés et de l’état de la culture.  Pour vous aider à moduler votre dose, un outil de calcul de la fumure est disponible sur le site du Livre Blanc.  Vous le trouverez en cliquant sur le lien ci-contre Déterminer sa fumure - Livre Blanc Céréales

Les fumures de référence recommandées en 2022 par le Livre Blanc céréales sont reprises ci-dessous. 

Fumure de référence en 3 fractions

Fumure de référence en 2 fractions

Fraction du tallage : 60 kg N/ha

Fraction intermédiaire

« tallage-redressement » : 95 kg N/ha

Fraction du redressement : 60 kg N/ha

Fraction de la dernière feuille : 65 kg N/ha

Fraction de la dernière feuille : 75 kg N/ha

 FROMENT-POIS

Les parcelles de froment-pois sont actuellement en pleine floraison.  Un traitement fongicide peut être réalisé à ce stade afin de protéger le pois contre les pourritures et l’anthracnose.  Pour effectuer ce traitement, nos conseils portent vers une application d’azoxystrobine (250 g/ha).  L’utilisation de cette molécule permettra également de protéger la céréale.  Un second traitement à base de metconazole pourra être envisagé lors de la floraison du froment pour compléter cette protection. 

Concernant la fumure, la dernière fraction d’azote peut également être appliquée sur l’association si le froment a atteint le stade dernière feuille étalée (BBCH 39).  A ce stade, il est recommandé de réaliser cet apport sous forme solide afin de ne pas endommager les dernières feuilles.  Pour cette dernière fraction, la dose de référence est de 60 kg N/ha. 

Pucerons et criocères (lémas)

Observations du lundi 16 mai 2022 : 16 parcelles réparties dans les localités suivantes : Hainaut (Ath, Melles, Rêves), Liège (Hodeige, Pailhe), Brabant Wallon (Plancenoit) et Namur (Anthée, Biesmerée, Mettet, Clermont, Gembloux, Meux, Corroy-le-Château, Thy-le-Château), Luxembourg (Foy).

Les observations ravageurs hebdomadaires portent essentiellement sur les pucerons et les criocères.  Cette semaine, les populations de pucerons se sont nettement accrues et devraient encore progresser sensiblement malgré la pression croissante, mais un peu tardive, de leurs ennemis naturels, en particulier les syrphes. 

Une intervention pourrait donc s’avérer nécessaire.  Il est toutefois conseillé d’attendre l’épiaison afin d’évaluer aussi le risque cécidomyies et d’éventuellement intervenir au moment idéal (épiaison) pour lutter contre tous les ravageurs présents (pucerons, criocères et cécidomyies) en un seul traitement. 

Arrivée imminente des cécidomyies oranges, principalement de Jodoigne à Waremme

Jusqu’à présent, les émergences de cécidomyie orange, répondant aux petites pluies éparses d’avril (13 et 14 avril principalement), ont été très limitées.  En revanche, les fortes pluies très localisées (jusqu’à 20 L/m² dans certaines régions – voir la carte dans l’avis de la semaine dernière ou en cliquant ici ) des 25 et 26 avril ont vraisemblablement induit l’activation d’une forte proportion des larves de cécidomyies oranges se trouvant dans le sol.  Selon le modèle de développement de la cécidomyie orange, ces émergences devraient avoir lieu fin de cette semaine (autour du 19 mai).  Cette vague pourrait être, par endroit, importante.

Si on ne connait pas encore l’importance quantitative des émergences de cette année, le timing est malheureusement des plus dangereux car la plupart des froments atteindront le stade épiaison lorsque les cécidomyies feront leur apparition. 

La météo prévoyait une semaine douce, avec un peu d’humidité et un vent plutôt faible.  Ces conditions conviennent parfaitement à l’activité de la cécidomyie orange.  Dans ces conditions, il est alors vivement recommandé de se tenir prêt à effectuer un traitement insecticide aussitôt que des vols significatifs auront été observés.  Selon les régions, leur déclenchement peut varier de deux à trois jours.  Les pluies récemment annoncées pour cette fin de semaine pourraient perturber les vols des insectes le temps des pluies mais les cécidomyies voleront après celles-ci. 

Figure 4 : Femelle de cécidomyie orange déposant ses œufs sur un épi de froment. Archives CRA-W.

Comment observer les cécidomyies ?

L’observation de la cécidomyie est impossible en pleine journée car il s’agit d’un insecte aux mœurs crépusculaires c’est-à-dire qu’il ne vole que le soir, lorsque la luminosité diminue et que l’humidité augmente. 

Pour l’observer et évaluer le risque, il faut se rendre dans les champs après 20h et scruter les épis.  En passant une baguette tenue horizontalement à hauteur des épis, on dérange les femelles occupées à pondre, et on peut en estimer le nombre.  Si plus d’une vingtaine d’insectes s’envolent par m², et si les conditions décrites ci-dessous sont remplies, alors un traitement insecticide est recommandé. 

  1. Variété sensible à la cécidomyie orange ;

Les variétés sensibles à la cécidomyie orange sont : Anapolis, Annecy, Apostel, Avignon, Bennington, Bergamo, Campesino, Chevignon, Graham, Informer, Johnson, KWS Extase, KWS Salix, KWS Talent, LG Keramik, Limabel, Mentor, Porthus, Ragnar, RGT Reform, RGT Sacramento, Solange CS, Sorbet CS, SU Ecusson, SU Trasco, Winner, WPB Calgary, WPB Durand. 

  1. Stade sensible du froment compris entre l’éclatement de la gaine et le début de la floraison (BBCH 47-61) ;
  2. Émergences de l’insecte coïncidant avec ce stade sensible ;
  3. Conditions météorologiques favorables au vol et à la ponte : pas de vent, pas de pluie battante, températures douces ;
  4. Dépassement du seuil d’intervention qui est d’une vingtaine d’insectes par mètre carré.

Une liste des variétés résistantes est disponible sur le site : https://www.livre-blanc-cereales.be/wp-content/uploads/2021/10/8.-Synthese-froment.pdf

La cécidomyie est complexe, si vous désirez en savoir plus sur cet insecte, une brochure de 24 pages, éditée par le CRA-W en 2015 est disponible à l’adresse suivante :

https://www.cra.wallonie.be/uploads/2018/02/TAP_647_-_Brochure_Chavalle_et_al__La_cécidomyie_orange_du_blé_et_autres_cécido_des_céréales.pdf

En fonction de la localisation et de la date de semis, les orges de printemps sont aux stades deuxième nœud (BBCH 32) ou dernière feuille pointante (BBCH 37).  Les parcelles les plus avancées atteignent même parfois le stade de dernière feuille étalée (BBCH 39).  A Lonzée et à Liernu, des pustules de rouille naine sont observées mais la pression est très faible.  Sous l’effet de stress climatique (sécheresse, forte amplitude thermique, …), des petites taches physiologiques sont observées sur les feuilles (figure 5).  Ces taches sont sans gravité et peuvent également être observées sur d’autres céréales. 

Les avoines de printemps sont actuellement aux stades deuxième nœud (BBCH 32) ou dernière feuille étalée (BBCH 39) en fonction de la date de semis et de la variété emblavée.

Figure 5 : Taches physiologiques sur orge de printemps liées au stress climatique actuel. 16 mai 2022. Photo de A. Nysten.

Etant donné la faible pression des maladies fongiques et la rapidité de la montaison des céréales de printemps, la solution la plus adaptée dans la plupart des situations est d’appliquer un traitement fongicide unique au stade dernière feuille étalée (BBCH39).

L’emploi d’un régulateur de croissance n’est pas systématiquement nécessaire en céréales de printemps.  Les conditions de sécheresse se traduisent d’ailleurs par des tiges relativement basses.  L’emploi d’un régulateur restera toutefois justifié dans certaines situations à risque et pourra encore être appliqué en même temps que le fongicide à la dernière feuille étalée (BBCH 39).  Une parcelle est considérée à risque lorsqu’elle présente un peuplement dense, des tiges fines, une variété sensible à la verse et une forte disponibilité en azote. 

Attention, certains produits ne sont plus autorisés au stade BBCH 39 : le Moddus, Medax Top, Next, Optimus, Paket et Moxa ne sont plus autorisés à ce stade.  Les produits à base d’éthephon (Arvest, Coupon, Ephon Top, Ethephon 480, Ethephon Classic, Ethepro, Flordimex 4800, …), de prohexadione (Fabulis OP, Yawl,…), de trinéxapax-éthyle (Medax Max, …) ou d’un mélange de ces deux dernières molécules (Percival, Prodax, …) et encore le Terpal, peuvent encore l’être.  Les régulateurs sont des produits à utiliser par temps poussant et lumineux, en évitant les périodes de fortes amplitudes thermiques (écarts de 15-20°C entre le jour et la nuit) et en absence de pluies dans les deux heures qui suivent l’application.  Attention de vérifier la dose autorisée en orge de printemps qui, selon le produit utilisé, est souvent plus faible qu'en escourgeon (pour les produits à base d’ethephon par exemple).  Les listes des produits fongicides et des régulateurs mises à jour sont disponibles sur le site : https://centrespilotes.be/cp/cepicop/cereales/produits-autorises/

Des pucerons et criocères (lémas) sont actuellement présents en céréales de printemps, comme c’est systématiquement le cas d’années en années (figure 6).  Bien visibles, les morsures de lémas sont rarement préjudiciables.  Les conditions de sécheresse actuelles impactent cependant le développement des céréales de printemps : ces dernières sont courtes et leurs feuilles sont étroites.  Il pourrait dès lors s’avérer important de protéger leur surface foliaire.  Dans ces conditions, ce sont surtout les dernières feuilles qui doivent être protégées.  Les pontes des criocères sont assez étalées dans le temps (plusieurs semaines) et intervenir tôt, c’est-à-dire avant le stade dernière feuille étalée, ne protègera pas de nouvelles pontes sur le haut des plantes.  Un traitement sera recommandé si la pression est supérieure à 2,5 larves par tige à l’épiaison.

Figure 6: Pucerons et criocères sur orges de printemps. 16 mai 2022 à Lonzée. Photo de A. Nysten.

 

Les parcelles observées dans le réseau d’observation en Hesbaye sont entre le stade début épiaison (BBCH 51) et le stade épiaison complète (BBCH 59) (Figure 7).  En Ardenne, la situation est différente.  Les parcelles les plus avancées sont au stade début d’épiaison (BBCH 51).  Les plus tardives sont au stade début gonflement de la gaine (BBCH 43). 

Figure 7 : Pleine épiaison du triticale (BBCH 59). Photo de WR. Meza.

Au niveau des maladies, la rouille jaune continue à être présente dans les variétés sensibles avec des nouvelles infestations observées en Hesbaye (Figure 8).  Les températures relativement chaudes de la semaine passée ont freiné le développement de la rhynchosporiose.  La septoriose reste la grande absente dans les parcelles d’observation des triticales.

Figure 8 : Nouveaux symptômes de rouille jaune. Photo de WR. Meza.

Le tableau suivant présente les sensibilités à la rouille jaune et à la rhynchosporiose des variétés de triticale sur base des observations réalisées dans le réseau d’observation en 2022.

Variétés

Rouille jaune

Rhynchosporiose

Borodine

Tolérante

Sensible

Elicsir

Peu sensible

Peu sensible

Jokari

Tolérante

Tolérante

Bilboquet

Peu sensible

Peu sensible

Brehat

Sensible

Peu sensible

SW Cedrico

Sensible

Peu sensible

Lumaco

Tolérante

Sensible

Ramdam

Sensible

Sensible

RGT Rutenac

Peu Sensible

Peu sensible

En ce qui concerne la protection contre les maladies, les recommandations des semaines précédentes restent d’application, à savoir :

  • sur les parcelles qui sont au stade dernière feuille étalée (BBCH 39) et plus, le traitement principal peut être réalisé ;
  • sur les parcelles qui ont déjà été traitées aux alentours du stade du deuxième nœud (BBCH 32), un traitement relais doit être réalisé dans les 2 à 3 semaines suivant le premier traitement afin de protéger toutes les feuilles de la céréale.

Cet avertissement triticale sera le dernier dans le cadre des avertissements diffusés.  Les observations sur le terrain continuent cependant.  Toute information importante vous sera communiquée le cas échéant.  Nous remercions les personnes qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation des avertissements en triticale.

Pour toutes questions, n’hésitez pas à contacter le CePiCOP

Mail : rb.cepicop@centrespilotes.be

Tél : 0499/639900

Site : https://centrespilotes.be


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