CADCO - Actualité - céréales du 29 mai 2018 (C13)

Envoyé le 28/05/2018

Des vols extrêmement abondants de cécidomyie orange ont été observés au cours de la semaine écoulée. Malgré l’appel à la vigilance émis le 22/04, les observations faites en soirée, et même tôt le matin, étaient telles que nous avons jugé utile d’envoyer un avis « spécial cécidomyie orange » le 25/04, conseillant de traiter immédiatement tout froment ayant atteint le début de l’épiaison, y compris les variétés résistantes.

Pourquoi un avis à ce point inquiétant ?

Parce que tous les éléments étaient réunis pour conduire à de très gros dégâts : forte population de cécidomyies, coïncidence parfaite des vols avec la phase sensible de la plupart des blés, conditions météo idéales pour les vols et les pontes. Dans pareilles conditions, on peut perdre plus de 10 % de rendement en une seule nuit.

Pourquoi avoir recommandé le traitement, même des variétés résistantes ?

Parce que ces variétés sont attaquées autant que les sensibles et que, même si les jeunes larves meurent très peu de temps après avoir commencé à s’alimenter, ces attaques avortées coûtent à la plante. Des essais ont montré qu’en cas de forte pression, les pertes de rendement provoquées sur variétés résistantes pouvaient être très sérieuses (jusqu’à 8-10%).

Les traitements effectués couvriront-ils toute la période d’attaque ?

Oui. Un traitement appliqué à l’éclatement des gaines (= début de la phase sensible du blé) protègera des attaques jusqu’à la fin de la floraison (fin de la phase sensible du blé).

Les champs les plus tardifs, arrivant seulement à l’éclatement des gaines peuvent-ils encore subir des attaques dommageables ? Cette question revient à demander si la cécidomyie est encore présente en grande abondance, ou si de nouvelles émergences sont encore attendues.

Vraisemblablement pas. Toutefois, les conditions météorologiques sont tellement favorables à l’insecte ces derniers jours qu’il pourrait bien demeurer présent et nuisible plus longtemps qu’à l’accoutumée. Les blés tardifs méritent donc d’être observés au crépuscule. Si en effleurant les épis à l’aide d’une baguette tenue horizontalement, on provoque l’envol de plus de 20 cécidomyies, un traitement insecticide est recommandé.

Peut-on mesurer l’attaque subie par un blé, et donc la « production » de cécidomyies retournant au sol ?

Oui, c’est possible et même assez facile, par extraction des larves présentes dans les épis. D’ici trois à quatre semaines, cette opération sera réalisable. Des indications précises quant à la technique à utiliser seront données dans un prochain avertissement.

Pucerons et criocères

En froment et épeautre : les populations de pucerons sont faibles partout dans le réseau, de 0 à 26 pucerons/100 talles. Pour les criocères (lema), les niveaux sont de 0 à 29 larves de criocères/ 100 talles.

Bien que plus abondants qu’à l’habitude, les criocères ne justifient pas d’intervention. A noter que le traitement appliqué contre la cécidomyie a évidemment un effet sur les autres ravageurs. 

Nos observations continuent. Le prochain avertissement sera celui du 05 juin.

Coordination  scientifique : Groupe « ravageurs », S. Chavalle, G. Jacquemin et M. De Proft

Vous trouverez les listes des produits autorisés en céréales réalisées à partir des données du Phytoweb, récemment remis à jour : Cliquez ici  … voir liste insecticides autorisés contre cécidomyies

Coordonnateur CePiCOP et CADCO : X. Bertel (081/62.56.85), visitez notre site : www.cadcoasbl.be

Observer avant de décider : il est recommandé d’observer vos terres avant de décider d’un éventuel traitement.

Dans notre réseau de parcelles d’essais non traitées, les observations systématiques sont terminées. La plupart des parcelles sont aux stades épiaison ou floraison. La septoriose aura été globalement discrète cette année. La rouille jaune aura été très problématique sur les variétés sensibles (Reflection, …) alors qu’elle n’a pas été fortement observée sur les variétés résistantes. La rouille brune est également assez bien présente cette année sur variétés sensibles.

Conseil :

  • Pour les parcelles au stade 51-59 (épiaison), un traitement doit être envisagé si la parcelle n’a pas encore été traitée et si la présence d’une maladie foliaire est détectée sur une des 3 dernières feuilles, peu importe la variété. Si la pression en maladie reste faible au sein de la parcelle, le traitement peut encore être postposé, avec vigilance.
  • Pour les parcelles qui ont été traitées au stade 32, la protection apportée par ce traitement se dissipe au bout de 3 à 4 semaines et un traitement relais devrait être envisagé pour protéger les derniers étages foliaires. Le traitement réalisé au stade 39 ou après le stade 39 doit être complet et assurer une bonne protection contre la septoriose (mélange de triazoles ou triazole associée au carboxamide) et la rouille brune (strobilurine si variété sensible). Lorsqu’il est réalisé après le stade 39, il peut en outre prendre en compte le risque lié à la fusariose de l’épi.

Fusariose de l’épi

La sensibilité variétale est le premier paramètre à prendre en compte. Les situations à risque sont les cultures de froment de variétés sensibles dans lesquelles le travail du sol a été réduit et les froments (variété sensible) après froment ou maïs, particulièrement lorsque les cannes sont encore apparentes dans la parcelle. Le temps humide (orage,…) favorise le développement de la maladie. C’est au stade floraison (au plus tard entre le début et la mi-floraison, stade 61 à 65) que l’on peut intervenir si nécessaire contre la fusariose de l’épi. L’utilisation de prothioconazole est le plus indiqué pour lutter contre les deux « types » de pathogènes de la fusariose. Le tébuconazole et le metconazole sont, quant à eux, utiles uniquement contre les Fusarium spp.

A savoir que les épeautres sont généralement moins sensibles à la fusariose de l’épi que les froments.

Coordination scientifique : Groupe « maladies », A. Legrève, M. Delitte


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