CePiCOP - 17.03.2026 - Colza: surveillez les méligèthes - Maladies virales en céréales - Blé dur: montaison et météo fraiche - Epeautre: code BBCH - Brass'Hop Bio

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Colza d'hiver

Stades : La culture de colza d'hiver se développe rapidement (BBCH55-57 en moyenne).  Les plantes pièges à méligèthes démarrent la floraison, en fonction de la variété choisie lors du semis.

Charançons de la tige : Faible présence durant la semaine écoulée.

Méligèthes : Peu présents la semaine dernière ; continuez à les surveiller cette semaine printanière, jusqu'à la floraison du colza d'hiver (variété principale).

Escourgeon

Stade : La majorité des escourgeons se situent désormais au stade redressement (BBCH30) voire en fin de tallage (BBCH29) pour les semis les plus tardifs. Certains escourgeons, notamment semés fin septembre, ont déjà atteint le stade premier nœud (BBCH31).

Fertilisation : Dans un schéma en 3 fractions, la deuxième application d'azote se fait au stade redressement/ épi 1 cm (BBCH30), stade actuellement atteint dans une grande partie des parcelles d'escourgeon. Pour un schéma en deux fractions, le premier apport a ou peut être apporté dans les parcelles.

Fongicide : Les avertissements « maladies escourgeons » débuteront à partir de la semaine prochaine.

Blé dur

Stade : Entre le stade plein tallage (BBCH 28) et le redressement (BBCH 30).

Régulateur : Application possible à partir du redressement (BBCH 30) jusqu'au stade 2ème nœud (BBCH 32), et lorsque les conditions climatiques sont poussantes.

Fertilisation azotée : La deuxième fraction peut être apportée sur les parcelles qui ont atteint le stade « épi 1 cm » (BBCH30).

Fongicide : À surveiller, présence de la septoriose en fond de végétation mais aussi d'oïdium sur certaines variétés. Pour l'heure, pas de traitement préconisé.

Epeautre

Stade : Le stade plein tallage est atteint pour les épeautres semés à la mi-octobre. Pour les semis plus tardifs, le tallage se poursuit. Attention à la définition des stades BBCH, de nombreuses définitions présentes sur le net, sont erronées.

Fertilisation : La première fraction est généralement appliquée sur les semis d'octobre. Pour les semis de novembre ainsi que pour les régions plus froides, les conditions sont désormais optimales pour son application.

Désherbage : Les adventices se développent et la période est propice au désherbage qu'il soit chimique ou mécanique.

La semaine écoulée a connu des conditions météo très contrastées par rapport à la précédente très printanière. Le retour de la pluie et du vent, de la neige éphémère et des températures plus fraîches (avec gel nocturne) ont perturbé les vols d'insectes.

Plante piège à méligèthes, en fleur, sous la neige (Photo CC 14/03/26)

Par conséquent, dans les pièges, les relevés indiquent la présence d'un faible nombre d'insectes capturés en une semaine.  Aucun charançon dans 6 pièges sur 17 ; aucun méligèthe dans 2 pièges sur 17.  Les charançons de la tige du colza ont été piégés dans 3 bassins sur 17 (1-2 adultes) ; les charançons de la tige du chou l'ont été dans 10 bassins sur 17 (de 1 à 9 adultes).  Les méligèthes étaient également peu présents (de 2 à 22 adultes).

La culture du colza d'hiver continue à se développer rapidement aussi bien en taille qu'en stades de développement.  La plupart des champs sont actuellement déjà aux stades BBCH55-57. Les boutons floraux sont bien visibles sur la hampe principale et commencent à s'écarter pour les plus avancés. Les ramifications secondaires se développent également avec la présence de très petits boutons floraux. Les plantes pièges à méligèthes démarrent leur floraison selon la variété choisie lors du semis (Hybrides restaurés : Atrakt, Exavance, Lignée : ES Alicia).

Champ de colza d’hiver bien développé (BBCH55-57) (Photo CC 16/03/26)

Sur les plantes, aucun charançon de la tige n'a été observé ce lundi dans les différents champs visités. Les méligèthes étaient aussi peu nombreux (de 0 à 30 adultes pour 40 plantes).

Les prochaines journées connaîtront à nouveau une remontée des températures avec le retour de la douceur et d'un soleil généreux avec un temps sec (le printemps). La surveillance des méligèthes continuera jusqu'à la floraison de la variété principale qui peut être précoce ou tardive à la floraison. Les seuils d'intervention contre les méligèthes dépendent du stade de la culture du colza d'hiver.

  • Nombre moyen de méligèthes par plante :
Seuil d'intervention Colza en bon état Colza faible

Stade BBCH 50-53

(boutons accolés)

120-160 méligèthes pour 40 plantes

càd 3-4/plante en moyenne

40 méligèthes pour 40 plantes

càd 1/plante en moyenne

Stade BBCH 55-59

(boutons écartés)

280-320 méligèthes pour 40 plantes

càd 7-8/plante en moyenne

80-120 méligèthes pour 40 plantes

càd 2-3/plante en moyenne

Il faut noter que quelques champs de colza d'hiver, en dehors de ce réseau de piégeage des insectes, présentent des retards de développement liés à la présence de larves d'altises dans les plantes. La seule lutte possible consiste à intervenir à l'automne sur les altises adultes avant la ponte des œufs qui évoluent en larves s'abritant à l'intérieur des plantes de colza durant l'automne et l'hiver.

Christine Cartrysse, Centre Pilote CePiCOP

Depuis plusieurs semaines, les symptômes provoqués par les virus apparaissent dans certaines parcelles de céréales. Il n'est toutefois pas aisé d'identifier directement au champ le type de maladie virale en cause. La confirmation d'une infection virale repose généralement sur une analyse biomoléculaire (RT-PCR). Néanmoins, l'observation attentive des symptômes au champ permet souvent d'obtenir un premier indice.

Au sein de votre parcelle, vous pourrez éventuellement observer :

  1. La Jaunisse Nanisante de l'Orge (JNO ; photo 1) :  Transmise par les pucerons, cette maladie affecte les céréales dès le stade de la levée jusqu'au stade trois feuilles / début du tallage. L'orge est la céréale la plus sensible, mais d'autres espèces, telles que l'avoine et le froment, peuvent également être affectées.
    En sortie d'hiver, les parcelles présentent souvent un aspect moutonné. Les pointes des feuilles jaunissent et un rougissement des jeunes feuilles peut parfois être observé.
    Actuellement, les vols de pucerons restent limités. Toutefois, avec le retour de conditions plus ensoleillées, il est important de surveiller les parcelles afin de détecter une éventuelle augmentation des populations de pucerons, en particulier dans les jeunes céréales (céréales de printemps ou semis très tardifs de céréales d'hiver).
  2. Les Mosaïques (photo 2) : Ces maladies virales (il existe plusieurs virus) sont transmises par Polymyxa graminis, un micro-organisme du sol. Étant donné qu'il s'agit de maladies virales transmises par le sol, il est essentiel d'identifier les parcelles infestées afin d'y implanter des variétés résistantes, notamment vis-à-vis de la mosaïque jaune de l'orge (BaYMV).
    Les symptômes peuvent varier et ne s'expriment pas toujours de manière homogène. Au début du printemps, on peut toutefois observer dans les champs des zones allongées, orientées dans le sens du travail du sol, qui pouvant être confondues avec des carences.
    Les plantes atteintes présentent généralement des décolorations du limbe sous forme de tirets chlorotiques.
  3. La Maladies des pieds chétifs (photo 3) : Encore peu présente dans nos régions, cette maladie est causée par un virus (WDV) et transmise à l'automne par des cicadelles jaune-beige (Psammotettix alienus). Comme pour la JNO, les symptômes ne deviennent visibles qu'à la fin de l'hiver.
    Ils sont d'ailleurs assez similaires à ceux de la JNO et se manifestent par  de petits foyers de plantes atteintes. Les bordures de parcelles, ainsi que les zones ensoleillées et abritées du vent, sont généralement les plus exposées à la maladie.

Pour plus d'informations sur les symptômes, les méthodes de lutte et les situations à risque, n'hésitez pas à consulter les fiches Arvalis (https://fiches.arvalis-infos.fr/liste_fiches.php?fiche=acc&type= ) ou les fiches Appi de l'ASBL Corder (https://www.appi.be/fr/fiches-maladies-ravageurs ).

G. Wain

Les parcelles semées à la mi-octobre ont commencé leur montaison et, pour la plupart des variétés, le stade « épi 1 cm » (BBCH 30) est désormais atteint. Dans ces situations, l'application de la deuxième fraction d'azote peut être envisagée. En revanche, pour les semis plus tardifs réalisés au mois de novembre, les variétés sont un peu moins avancées. Dans ce cas, il est recommandé d'encore un peu patienter avant de réaliser cet apport.

Le stade « épi 1 cm » (BBCH 30) constitue un moment clé pour la mise en place de la protection contre la verse. Avec des journées ensoleillées et peu venteuses, la météo prévue pour cette semaine semble, à première vue, favorable pour intervenir avec son pulvérisateur. Toutefois, les températures nocturnes restent faibles, et de petites gelées sont attendues pour le weekend prochain. Ces conditions ne sont pas franchement « poussantes » et sont plutôt stressantes pour la culture. L'application d'un régulateur dans ce contexte pourrait s'avérer néfaste. Il est donc conseillé de postposer ce traitement jusqu'à ce que les températures remontent légèrement. La protection contre la verse peut se faire jusqu'au stade 2ème nœud (BBCH 32) sans problème.

Il n'est d'ailleurs pas rare d'observer actuellement des bouts de feuilles présentant des colorations rougeâtres, violacées voire bleutées (anthocyanes) : il s'agit d'un symptôme typique provoqué par un stress thermique dû aux températures fraîches de la semaine passée.

Découpe du maitre talle, blé dur au stade épis 1cm (BBCH 30).
Bout de feuilles avec des anthocyanes à Gembloux le 16 mars 2026.

À ce jour, de la septoriose est facilement observable dans le bas de la végétation, et de l'oïdium apparaît surcertaines variétés. Les écarts importants entre les températures diurnes et nocturnes provoquent également l'apparition de taches brunâtres sur le feuillage de certaines variétés dont l'origine est purement physiologique. Pour l'instant, la surveillance attentive des parcelles est recommandée afin d'évaluer la nécessité d'un traitement précoce, éventuellement au stade premier nœud (BBCH 31) si les maladies progressent. Les conditions météorologiques des prochains jours seront déterminantes pour cette décision.

La culture du blé dur dispose aujourd'hui d'un ensemble de produits agréés pour lutter contre les maladies, la verse ou d'autres nuisibles. Il est important de rappeler que les produits autorisés dans d'autres céréales, notamment le froment, ne le sont pas automatiquement en blé dur. Il est donc indispensable de vérifier l'agréation via Phytoweb, dans les pages jaunes du Livre Blanc, ou via le lien reprenant l'extrait et la liste des produits homologués en blé dur (pages jaunes - Livre Blanc Céréales - Blé dur).

Si vous souhaitez avoir plus de renseignements, vous pouvez contacter Rodrigo Meza du CRA-W à l'adresse suivante : wr.meza@cra.wallonie.be ou par téléphone au 0471/49.07.27

R. Meza

Tout indique que nous allons encore bénéficier d'une belle semaine printanière. Pour les semis d'octobre, les plantes se préparent au redressement mais celui-ci n'a pas encore vraiment débuté. Le méristème est encore très proche du plateau de tallage. En termes de stade BBCH, les cultures les plus avancées sont au stade BBCH 29 (fin tallage) mais n'ont pas encore atteint le stade BBCH 30 (épi-1 centimètre). Les épeautres les plus tardifs sont quant à eux, au stade BBCH 25 (mi-tallage). Bien que les stades 30 à 32 sont les plus importants pour ce qui est de la conduite de la culture et des applications, il existe de nombreuses confusions dans la littérature et sur le net concernant la définition de ces stades clefs.  C'est notamment le cas sur le site de Wikipédia que j'apprécie par ailleurs. Si vous comparez les versions françaises, anglaises et allemandes (voir tableau ci-dessous). Dans la version française, il y est indiqué que le stade BBCH 30 (épi-1cm) se termine lorsque l'épi est séparé d'un centimètre du plateau de tallage. On doit alors en conclure que le stade BBCH 31 (1er nœud) débute dès ce moment précis et se termine lorsque l'écart entre le premier nœud et le plateau de tallage atteint 1 cm. Ce n'est évidemment pas correct car le stade BBCH 31 est celui d'un premier nœud bien visible c'est-à-dire au moins séparé du plateau de tallage d'un écart d'un centimètre. De même, le stade épi 1 cm débute lorsque le sommet de l'épi est au moins séparé du plateau de tallage d'une distance d'un centimètre et pas avant.  Aussi improbable que cela puisse paraître, cette erreur a, selon moi, pour origine une mauvaise traduction de l'anglais ou de l'allemand. Le terme « at least » de la version anglaise ou « mindestens » dont vous retrouvez l'abréviation « mind. » dans le tableau de la version allemande signifient « au moins à » et pas « au plus » comme cela figure dans de nombreux documents et tableaux. Soyez-y attentif car une juste définition des stades conditionne toute l'efficacité et la pertinence d'un traitement.

 
Echelle BBCH Version française (wikipédia)

Version anglaise (wikipédia)

(Lancashire et al., 1991)

Version allemande

(Witzenberger et al., 1989)

30 Début de la montaison : pseudo-tiges et talles dressées, début d'élongation du premier entre-nœud, inflorescence au plus à 1 cm au-dessus du plateau de tallage Beginning of stem elongation: pseudostem and tillers erect, first internode begins to elongate, top of inflorescence at least 1 cm above tillering node Beginn des Schosses: Haupttrieb und Bestockungstriebe stark aufgerichtet, beginnen sich zu strecken. Ährenspitzen mind. 1 cm vom Bestockungsknoten entfernt
31 Le premier nœud est au plus à 1 cm au-dessus du plateau de tallage First node at least 1 cm above tillering node 1-Knoten-Stadium: 1. Knoten dicht über der Bodenoberfläche wahrnehmbar, mind. 1 cm vom Bestockungsknoten entfernt
32 Le deuxième nœud est au plus à 2 cm au-dessus du premier nœud Node 2 at least 2 cm above node 1 2-Knoten-Stadium: 2. Knoten wahrnehmbar, mind. 2 cm vom 1. Knoten entfernt

Au regard de cette confusion, nous pouvons donc proposer une version correctement traduite :

Echelle BBCH Version française correctement traduite
30 Début de la montaison : pseudo-tiges et talles dressées, début d'élongation du premier entre-nœud, inflorescence située au moins à 1 cm au-dessus du plateau de tallage
31 Le premier nœud est situé au moins à 1 cm au-dessus du plateau de tallage
32 Le deuxième nœud est situé au moins à 2 cm au-dessus du premier nœud

Pour le reste que cela concerne le désherbage ou la fertilisation, les conseils repris dans l'avis de la semaine dernière restent valables. La semaine prochaine, les questions relatives aux régulateurs seront détaillées.

Je vous souhaite une agréable semaine,

Guillaume Jacquemin

Comme mentionné il y a quelques mois, le CePiCOP ainsi que le CRA-W font partie d'un projet Interreg qui a pour objectif de créer une filière brassicole biologique à l'échelle transfrontalière. Vous trouverez la newsletter n°2 du projet ici.

De plus, un site internet entièrement consacré au projet a vu le jour. Voici le lien afin de suivre l'évolution du projet : https://brasshop-bio.com/


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CARAH CORDER CPL Végémar CRA-W CePiCOP OPA Ciney REQUASUD SPW ULg-GxABT Wallonie