La culture de colza d'hiver continue son développement : les plantes les plus avancées ont 4 à 6 feuilles (BBCH14-16) tandis que celles qui ont levé plus tardivement sont entre cotylédons et 2 feuilles (BBCH10-12). De trop faibles pluies, d'intensité variable localement, ont été reçues récemment ; la sécheresse est encore bien présente et peut marquer une hétérogénéité de la culture de colza.
Dans les bassins relevés ce lundi ensoleillé, le nombre d'altises capturées en une semaine a varié entre 0 et 10 adultes, dans la plupart des champs. Dans 3 pièges du réseau d'observation, leur nombre a été plus important : de 22 à 50 grosses altises, ce qui indique une activité plus importante au cours de la semaine écoulée.
Le nombre de plantes présentant des morsures d'altises est également très variable. Dans 4 champs sur 20, plus de 30 plantes sur 40 sont touchées. Dans les zones hétérogènes, les plus petits colzas présentent des morsures plus importantes d'altises, nécessitant une protection insecticide.
Altises adultes et leurs morsures sur cotylédons et feuilles de colza d’hiver (Photo CC 21/09/2026)
L'arrivée de petits pucerons verts (et de quelques pucerons noirs ailés) est également visible à l'arrière des feuilles de colza d'hiver, avec des individus seuls ou en colonies. Ils seront à surveiller avec l'annonce des bonnes températures pour les prochains jours ensoleillés et toujours secs.
Présence de pucerons verts, à l’arrière d’une feuille de colza d’hiver (Photo CC 21 09 2026)
Christine Cartrysse, Centre Pilote CePiCOP
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Lorsque les conditions sont favorables, la tentation peut être grande d'avancer les semis. Pourtant, semer trop tôt n'est pas sans risque. Un semis précoce peut favoriser le développement et la transmission de maladies, accentuer l'enherbement par les graminées adventices (d'autant plus problématique avec le retrait du flufénacet en décembre 2026) et augmenter le risque de dégâts de gel d'épis des variétés précoces lors de la montaison. Il expose également davantage les cultures à la jaunisse nanisante de l'orge (JNO), comme expliqué dans notre avertissement consacré aux ravageurs d'automne.
Les semis tardifs sont souvent imposés par des conditions météorologiques défavorables. Or, les orges d'hiver supportent généralement moins bien un semis tardif que les froments.
Après le 20-25 octobre, la question de la rentabilité d'un semis d'orge mérite donc d'être posée, en fonction des conditions de l'année, de l'état du sol et du potentiel de la parcelle.
La période recommandée pour le semis de l'escourgeon se situe de fin septembre à début octobre.
Quelle densité de semis viser ?
Pour un escourgeon à six rangs, une densité d'environ 225 grains/m² est conseillée lorsque les conditions de semis sont bonnes.
En revanche, si le semis est plus tardif ou si les conditions de sol sont médiocres, il est recommandé d'augmenter la densité de semis afin de compenser les conditions moins favorables à l'installation de la culture.
Pour les escourgeons hybrides, la densité peut être réduite d'environ 30 % par rapport à une lignée. Dans de bonnes conditions, on visera ainsi environ 175 grains/m².
Grégoire Wain
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La fin du mois de septembre approche et, avec elle, les premiers semis de céréales. Mais qui dit semis dit aussi vigilance face aux ravageurs !
Dans les semaines à venir, plusieurs ravageurs peuvent en effet affecter les jeunes cultures. Vous trouverez ci-dessous une liste non exhaustive des principaux ravageurs d'automne à surveiller en céréales.
La mouche grise (Delia coarctata), aussi appelée Hylemyia coarctata, provoque des symptômes visibles principalement à la sortie de l'hiver. Ces symptômes incluent la disparition de plantes dans le sens du semis, le jaunissement du maître brin qui se détache facilement, la présence de larves blanches (asticots) et parfois un point d'entrée visible à la base de la tige. Les pontes ont lieu en août, principalement dans les cultures d'oignons et de betteraves. Les œufs éclosent plusieurs mois plus tard, aux environs de la mi-janvier, et attaquent alors les jeunes emblavures de froment. Les plantes atteignant le stade tallage à ce moment-là sont en général hors de danger, ce qui signifie que les semis de froment tardifs sont plus sensibles à ce ravageur.
Figure 1 : Localisation des 78 champs échantillonnés en 2026 avec le niveau d’infestation en œufs de mouche grise par mètre carré : 0 (vert, n=47), 1 à 50 (beige, n=28), 51 à 100 (orange, n=3), 101 à 150 œufs/m² (brun, n=0).
La figure ci-dessus montre la localisation des échantillons prélevés par le CRA-W et le CePiCOP lors des deux dernières années. Cette année, 78 champs de betteraves ont été échantillonnés sur l'ensemble de la Wallonie. Tout comme l'année passée, le comptage révèle un niveau d'infestation très faible où plus de la moitié des champs ne présentent aucun œuf de mouches grises. Seuls 3 champs présentent un niveau d'infestation entre 51 et 100 œufs par mètrecarré. Dans cette situation, le risque d'attaque est donc très faible. Aucun traitement insecticide de semences à base de cyperméthrine contre la mouche grise n'est donc recommandé pour les semis 2026.
Les pucerons vecteurs de la jaunisse nanisante de l'orge (JNO)
La maladie de la jaunisse nanisante de l'orge (JNO) est causée par un virus qui est transmis par des pucerons. Etant donné qu'on ne sait pas agir sur le virus, il faut essayer de limiter la transmission par son vecteur et surveiller les populations de pucerons.
Il existe 2 grands leviers agronomiques afin de lutter contre les pucerons.
Implanter une variété tolérante/ résistante au virus.
Une bonne partie des variétés d'orges sont tolérantes à la JNO, parmi lesquelles : Alienor, Carrousel, Hopinel, Integral, KWS Chilis, KWS Futuris, LG Zefira, LG Zorica, Littoral, Maelys et Ovalie. Depuis peu, des variétés hybrides résistantes à la JNO sont disponibles sur le marché : SY Kestrel (h), SY Sparoo (h) et SY Zoomba (h).
Ci-dessous, vous trouverez 2 graphiques provenant d'Arvalis ainsi que leurs explications, qui présentent l'avantage d'implanter une variété tolérante en escourgeon.
Figure 2 : Escourgeon et tolérance variétale à la JNO, rendements et gains acquis avec la lutte insecticide selon différentes pressions de viroses, comparaison d’une variété sensible et d’une variété tolérante. Essais conduits en semis très précoces, avant la date de semis recommandée en culture, dans le but d’extrémiser les attaques de JNO (Arvalis)
« Les variétés tolérantes à la JNO subissent les mêmes infestations de pucerons que les variétés sensibles, mais elles tolèrent davantage l'infection virale : celle-ci s'exprime beaucoup moins. Le recours à ces variétés est un levier très précieux. En situation de forte exposition aux pucerons, la perte de rendement, sans être nulle, est nettement plus faible que celle observée avec des variétés sensibles (figure 2). Face à une pression moyenne de pucerons, le gain obtenu avec la lutte insecticide est alors beaucoup plus faible, voire nul. Il ne s'agit pas d'une résistance totale, il est conseillé de respecter les dates optimales de semis recommandées pour chaque région»
Décaler la date de semis
L'activité des pucerons dépend fortement des conditions météorologiques. Elle augmente lorsque les températures sont douces et que le vent est faible. Un semis précoce sera donc plus favorable au développement des insectes : les plantes seront exposées plus longtemps et à une pression plus importante. À l'inverse, en décalant la date de semis de deux à trois semaines, les conditions deviennent généralement moins favorables aux pucerons, ce qui permet de réduire la pression exercée sur les cultures.
Détection du virus du pied chétif (WDV)
Pour la première fois, le virus du pied chétif du blé (WDV - Wheat dwarf virus) a été détecté en Belgique chez son vecteur, la cicadelle Psammotettix alienus.
Figure 3 et 4 : Cicadelle Psammotettix alienus capturée aux Isnes à l’automne 2025 par le réseau d’avertissements.
Une transmission qui rappelle celle de la JNO
À l'image des pucerons qui transmettent le virus responsable de la jaunisse nanisante de l'orge (JNO), les cicadelles peuvent transmettre le WDV aux céréales dès l'automne. Actuellement, il existe une souche qui attaque le blé (WDV-W) ainsi qu'une souche qui touche l'orge (WDV-B)
Les symptômes ne sont toujours pas faciles à reconnaitre, car ceux-ci peuvent être confondus avec ceux de la JNO.
Quels symptômes surveiller ?
A la sortie de l'hiver, lors de la reprise de végétation, les plantes atteintes peuvent présenter un développement chétif, voire dépérir complètement. Les principaux symptômes observés sont : un jaunissement du feuillage, un rougissement de l'extrémité des feuilles , l'apparition de stries jaunes à rougeâtres le long des nervures ou encore dans les cas les plus marqués, des disparitions de pieds.
Les secteurs les plus ensoleillés et les zones protégées du vent sont également à surveiller en priorité, car ces conditions sont particulièrement favorables à l'activité des insectes.
Que faire ?
À ce jour, ce ravageur ne constitue pas encore une problématique majeure en Wallonie. Néanmoins, sa détection à l'automne 2025, combinée aux conditions climatiques actuelles, justifie une vigilance afin de suivre son éventuelle progression. C'est pourquoi, comme l'année passée, le réseau ravageurs d'automne surveillera la progression de cette cicadelle.
Autres ravageurs d'automne
D'autres ravageurs peuvent également s'attaquer aux céréales à l'automne, notamment la mouche des semis et les limaces. Si des problèmes liés à ces ravageurs surviennent en cours de saison, le réseau d'avertissement vous tiendra informé et vous indiquera les mesures à prendre.
Groupe “ravageurs d'automne”, Grégoire Wain
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Les cinq catégories de qualité technologique des variétés de froment cultivées en Wallonie présentées ci-dessous ont été établies en se basant principalement sur la valeur de la qualité technologique à la panification des protéines, le W/P (W : Force boulangère à l'alvéographe Chopin ; P : Protéines), en tenant compte également des valeurs critiques du temps de chute de Hagberg, de la teneur en protéines et des autres paramètres (Alvéographe et Mixolab+).
Q1A (Froment panifiable améliorant belge) est de qualité panifiable semblable aux blés correcteurs en France et qualité E en Allemagne.
Q1 (Froment panifiable premium belge) est de qualité panifiable semblable aux VRM (Variétés Recommandées par la Meunerie) en France et qualité A en Allemagne.
Q2 (Froment panifiable supérieur belge) est de qualité panifiable semblable aux BPMF (Blés Pour la Meunerie Française) en France et qualité B en Allemagne. Elle est également destinée à l'amidonnerie exigeante en protéines.
Q3 (Froment amidonnerie belge ; blé standard belge) est utilisée en amidonnerie. La qualité Q2 peut également être utilisée pour cette transformation.
Q4 (Froment basique belge ; blé standard belge) est de qualité basique, c'est-à-dire fourragère en raison d'une très faible qualité du gluten de la variété.
Tableau 1 – Valeurs pour les paramètres de qualité technologique pour les classes Q1A, Q1, Q2 et Q4B.
Les valeurs entre parenthèses correspondent au seuil limite souple.
Ces catégories de qualité technologique sont évaluées pour l'aptitude à la panification standard en mono-variété pure et sans additifs. Les mélanges meuniers sont réalisés avec environ 10 % de froment panifiable améliorant (Q1A), puis 20-30 % de froment panifiable premium (Q1) puis plus de 50 % de froment panifiable supérieur (Q2). Cela s'explique par l'impact économique du rendement à l'hectare qui est inversement corrélé à la qualité de la protéine à la panification. La culture de variétés de qualité panifiable nécessite donc de s'assurer une récolte contractualisée ainsi qu'une marge brute à l'hectare similaire aux variétés fourragères.
L'orientation panifiable nécessite l'apport de 60 uN/ha d'azote à partir du stade dernière feuille certainement pas moins pour assurer une teneur en protéines assez élevée.
L'orientation biscuitière nécessite l'apport de 40 uN/ha d'azote à partir du stade dernière feuille certainement pas plus pour assurer une teneur en protéines assez basse.
Des classements distincts sont réalisés entre agricultures conventionnelle (Tableau 2) et biologique (Tableau 3) car la qualité du gluten est parfois différente entre ces deux modes de culture pour une même variété. Ce sont des classements en conditions wallonnes.
Agriculture conventionnelle
Tableau 2 – Classement Livre Blanc Céréales 2026 des variétés de froment de qualité technologique pour la panification en pur et sans additifs en agriculture conventionnelle basé sur les essais variétaux de post-inscription du CRA-W (données limitées* ; variété biscuitièreB ; hybrideh).Figure 1 – Compromis entre les protéines et le rendement à l’hectare des froments conventionnels basé sur les essais variétaux de post-inscription du CRA-W de 2023 à 2026.
Agriculture biologique
Tableau 3 – Classement Livre Blanc Céréales 2026 des variétés de froment BIO de qualité technologique pour la panification en pur et sans additifs en agriculture biologique basé sur les essais variétaux de post-inscription du CARAH, du CPL-Végémar et du CRA-W (données limitées* ; variété biscuitièreB).Figure 2 – Compromis entre les protéines et le rendement à l’hectare des froments biologiques basé sur les essais variétaux de post-inscription du CARAH, du CPL-Végémar et du CRA-W de 2023 à 2026.
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