CePiCOP - 25.04.2023 - Observations en épeautre

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Céréales
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Pression en septoriose en épeautre à Gembloux. Source CRA-W

Après une semaine consacrée au semis des cultures de printemps, il est déjà temps de revenir aux céréales. Les tiges se sont allongées et de nouvelles feuilles sont apparues. Le premier nœud est désormais facilement identifiable et le deuxième est en passe de l'être. Nous nous situons donc entre le stade 31 et le stade 32.

La plupart des premiers régulateurs ont été appliqués il y a 10-15 jours et il est désormais possible d'en appliquer un second. Personnellement, je me contente généralement d'un seul raccourcisseur mais cette année, comme expliqué dans les précédents avis, nous allons en appliquer deux, tant le risque de verse est important.

Vu ce risque, et par opposition aux années sèches durant lesquelles on tend à anticiper les apports d'azote, nous avons jusqu'à présent freiné les apports en incitant aux fractionnements et aux reports. Pour les schéma à deux fractions, nous atteignons maintenant la période adéquate pour la seconde application. Quant à nous, nous privilégions, un schéma en trois fractions, la deuxième ayant été apportée la semaine dernière et la troisième étant prévue pour le stade gonflement-épiaison soit d'ici deux semaines.

La pression de septoriose se révèle très élevée et nécessitera, cette année, un programme à deux traitements dans de nombreuses situations. Photo prise le 25 avril sur la variété Zollernperle à Gembloux. Source : CRA-W.

Le retour d'un printemps pluvieux et frais permet le développement et la propagation de la septoriose après quelques années de quasi-absence. La rouille jaune est également présente sur quelques variétés sensibles tels que Cosmos et Badensonne. Cependant, si la rouille jaune est plus facilement observable car rapidement présente sur les nouvelles feuilles, la septoriose se développant dans la végétation, est, en année humide, de loin la maladie la plus dommageable. Dans nos études, lorsqu'elle est présente, c'est toujours la maladie dont l'influence sur les pertes de rendement est la plus importante. En outre, ce n'est pas non plus une maladie facile à gérer et les traitements ne sont pas totalement efficaces.

Depuis plusieurs années, nous n'appliquons qu'un seul traitement fongicide sur nos épeautres mais cette saison, nous en utiliserons deux dont le premier sera appliqué cette semaine. Nous utiliserons une triazole accompagnée d'un multisite. Pour ce dernier, le choix est très réduit, avec le retrait du Chlorotalonil et l'absence d'agréation du Folpet sur épeautre, il ne reste que des produits à base de souffre. Il en existe plusieurs mais seuls deux sont agréés sous forme liquide (Vertipin et Flosul). Sous cette forme, ils peuvent ainsi aisément être associés au régulateur ce qui permettra d'épargner un passage.

Le risque phytosanitaire de chaque situation est à nuancer. Les semis tardifs sont actuellement moins affectés mais les conditions climatiques humides étant sensiblement les mêmes pour toute la Belgique, la maladie devrait trouver un terrain favorable dans chaque situation. 

L'aspect variétal a bien évidemment son importance mais contrairement à la rouille jaune, aucune variété n'est totalement indemne face à la septoriose. De par leur sélection dans des climats plus continentaux où la septoriose est plus discrète, les variétés allemandes (Zollernspelz, -perle, -fit) sont généralement plus sensibles que les belges (Cosmos et Sérénité) ou les françaises (Convoitise). La variété allemande Badensonne vient faire mentir cette tendance globale car elle s'avère également assez tolérante. De même, les variétés Suisses (Gletscher, Copper) issus d'un climat de montagne à hiver froid et printemps humide sont elles aussi moins sensibles. Cependant, nous n'avons que peu d'expérience de situation comparable pour une telle pression de septoriose et certainement pas assez pour pouvoir affirmer qu'un schéma de protection constitué d'un traitement unique serait suffisant…  

                Groupe « Epeautre », G. Jacquemin


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