CePiCOP - 28.04.2026 - Blé dur : vigilance sanitaire et ajustement de la fertilisation azotée!

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Céréales
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Les conditions météorologiques de ces derniers jours ont été favorables pour le blé dur qui continue sa croissance et son développement.  Les parcelles semées au mois d'octobre se situent majoritairement au stade deuxième nœud (BBCH 32).  Les variétés plus précoces, comme Anvergur ou Rocaillou, ont atteint le stade dernière feuille pointante (BBCH 37).

Variété Anvergur (semis d’octobre) : à gauche, détermination du stade phénologique en fonction des feuilles, stade dernière feuille pointante (BBCH 37) ; à droite, positionnement des feuilles par rapport à la végétation.

 Sur le plan sanitaire, la situation est globalement inchangée par rapport au dernier avis.  Le développement des maladies est resté limité, en raison de conditions météorologiques peu favorables à leur progression.  La septoriose est toujours observée, mais elle demeure cantonnée aux étages foliaires inférieurs.  Les prévisions météorologiques pour les prochains jours n'annonçant pas de précipitations, cette absence de pluie devrait limiter la remontée de la maladie vers les feuilles supérieures.

Taches physiologiques (à gauche) et symptômes de rouille jaune (à droite) sur blé dur.

À ce stade, la rouille jaune est la seule maladie nécessitant une vigilance particulière.  Des foyers en forme de rond, peuvent être observés dans certaines parcelles emblavées avec la variété Rocaillou.  La pression semble toutefois modérée, néanmoins une surveillance attentive de l'évolution des symptômes est recommandée.  Une intervention est requise uniquement si plusieurs foyers actifs apparaissent dans la parcelle.  En dehors de ce cas, la pression exercée par les maladies reste faible à modérée. Il est donc tout à fait envisageable, dans l'état actuel des choses, d'opter pour un programme fongicide composé d'un seul traitement, positionné au stade dernière feuille étalée (BBCH 39).

Des taches physiologiques sont également observées sur le limbe de certaines feuilles. Leur apparition est liée aux écarts de température importants entre le jour et la nuit.  Ces symptômes sont peu dommageables pour la culture.  N'étant pas d'origine fongique, ils ne justifient aucun traitement.

Concernant la fertilisation azotée, à partir du stade deuxième nœud (BBCH 32), il est nécessaire de mettre en place une stratégie afin d'assurer la teneur en protéines du grain sans pénaliser le rendement.  D'après nos essais, la fertilisation optimale totale du blé dur se situe entre 180 et 200 kg N/ha (avec un maximum de 220 kg N/ha dans les cas où les reliquats azotés étaient très faibles).  Par ailleurs, les apports en fin de cycle sont plus conséquents que pour un froment d'hiver.  Il est généralement recommandé d'apporter une dose plus importante à la troisième fraction de l'ordre de 80 kg N/ha.  Il est également possible d'intégrer dans son schéma de fertilisation une quatrième fraction à l'épiaison de l'ordre de 30 à 40 kg N/ha.  Cet apport tardif permet d'améliorer significativement la teneur en protéines.  Si cette option est envisagée il faudra veiller à ajuster la dose appliquée lors de la dernière feuille. 

Lors de l'application de la troisième fraction, il est recommandé, en cas d'apport sous forme solide, d'attendre le stade dernière feuille étalée (BBCH 39).  Si l'apport en solide n'est pas possible ou si une forme liquide est privilégiée, il est conseillé de réaliser cet apport au stade dernière feuille pointante (BBCH 37) afin de ne pas brûler les feuilles supérieures.  Pour minimiser ce risque et maximiser la valorisation de l'azote par le peuplement, l'utilisation d'engrais liquide nécessite de prendre d'autres précautions : emploi de jets filets, intervention hors période de fort ensoleillement, et absence de mélange avec d'autres produits phytosanitaires afin de réduire les risques de phytotoxicité.

Pour plus d'informations sur les résultats des essais, le lien ci-dessous renvoie à l'article publié dans le Livre Blanc Céréales en février, « Optimiser la fertilisation azotée du blé dur : nouvelles perspectives sur le fractionnement et la dose totale ».

Si vous souhaitez avoir plus de renseignements, vous pouvez contacter Rodrigo Meza du CRA-W à l'adresse suivante : wr.meza@cra.wallonie.be ou par téléphone au 0471/49.07.27


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