CePiCOP - Actualité - colza du 14 avril 2020 (C05)

Envoyé le 13/04/2020

Situation au 14 avril 2020

La semaine écoulée avec un large ensoleillement et des températures estivales de plus de 20°C a été favorable au début de la floraison du colza d’hiver.

Les vols d’insectes ont été nombreux ; les pollinisateurs ont déjà bien profité de ces magnifiques journées.  Les méligèthes encore bien présents dans les pièges et sur les plantes, ne représentent plus de danger lorsque la floraison est bien engagée.  Les charançons des siliques (petits coléoptères gris avec un rostre) ont fait leur apparition.  Faciles à observer sur les fleurs lorsque les températures sont élevées et en l’absence de vent, ou bien cachés à l’intérieur des fleurs lorsqu’il fait plus froid, ils peuvent perforer les jeunes siliques formées (de préférence entre 2 et 4 cm) et créer des portes d’entrée pour les cécidomyies des siliques qui y pondront des œufs par la suite.

Pour bien observer les charançons des siliques, il ne faut pas se limiter aux bordures de parcelles mais il faut rentrer à l’intérieur des champs et réaliser un comptage sur une vingtaine de plantes.

Comptages sur 20 plantes de colza d’hiver :

Si moins de 10 charançons des siliques

Ne pas traiter, sans risque de perte de rendement

Entre 10 et 20 charançons des siliques

Ne pas traiter, en acceptant le risque d’une légère perte de rendement.

Si plus de 20 charançons des siliques

Conseil de traitement

 

Dans 22 champs récemment suivis dans le cadre du réseau d’observation en colza, 16 présentaient des charançons des siliques.  Un seul champ avait atteint le seuil de traitement, avec plus de 20 charançons pour 20 plantes. Dans 7 champs, le nombre moyen était compris entre 10 et 20 individus ; dans 8 autres champs, le nombre moyen était inférieur à 10 charançons des siliques pour 20 plantes de colza.

Pour rappel, les méligèthes sont résistants à tous les insecticides autorisés contre le charançon des siliques.  Un traitement visant le charançon des siliques va nécessairement toucher les méligèthes (adultes et larves dans les fleurs), même si ces derniers ne sont pas visés par le traitement.  Cette pression sur les méligèthes accentuera le phénomène de résistance et compliquera encore la lutte au cours des années futures.   Par ailleurs, un tel traitement déforce les insectes parasitoïdes des méligèthes et favorise ces derniers.

Pour ces raisons, lorsqu’un traitement insecticide peut être évité (seuil non atteint, ou légèrement dépassé), il doit être évité.

Vu cette situation, nous proposons de relever le seuil de traitement à 20 charançons des siliques pour 20 plantes de colza d’hiver.  A ce niveau, sans insecticide, une légère perte de rendement peut être observée du fait des charançons des siliques et des cécidomyies des siliques.  Cette proposition privilégie la rentabilité durable plutôt que la rentabilité immédiate.

En cas de traitement d’un fongicide seul ou complété d’un insecticide, il faut faire attention aux heures de pulvérisation, surtout par beau temps et ne pas pulvériser aux heures où les pollinisateurs sont actifs.

Christine Cartrysse, Centre Pilote CePiCOP

Michel De Proft, Expert scientifique CRA-W

Les données d’observation sont issues d’un réseau de piégeage du colza rassemblant des observateurs du CePiCOP/APPO, du CARAH, du CPL-Végémar, du CRA-W, de la DGARNE-Développement, de l’OPA de Ciney, du Parc Naturel de la Vallée de l’Attert et de Burdinale Mehaigne et de Protecteau, et couvrant les différentes régions de production du colza.


Les données d’observation sont issues d’un réseau de piégeage du colza rassemblant des observateurs du CePiCOP, du CARAH, du CPL-Végémar, du CRA-W, de l’OPA de Ciney, du Parc Naturel de Burdinale Mehaigne et de Protect’Eau, et couvrant les différentes régions de production du colza.