CePiCOP - Actualité - céréales du 21 Avril 2020 (C10)

Envoyé le 20/04/2020

Escourgeon

Stades : La moitié des parcelles observées est au stade de la dernière feuille visible (BBCH37). Le reste est soit déjà au stade dernière feuille étalée (BBCH39) ou soit encore au stade deux nœuds (BBCH32).

Maladies : Actuellement, la pression phytosanitaire est considérée comme faible. Pour les parcelles avec une faible pression en maladies, il convient d’attendre le stade « dernière feuille étalée » (BBCH39) pour réaliser le traitement fongicide.

Fertilisation : la dernière fraction peut être appliquée sur les parcelles ayant atteint le stade dernière feuille étalée.

Régulateur : Le régulateur de croissance peut être appliqué en même temps que le fongicide.

Triticale[1]

Stades : Dans un essai à Ernage, les triticales sont au stade dernière feuillée enroulée (BBCH37).

Froment

Stades : La moitié des 33 parcelles de froments observées dans le réseau sont au stade premier nœud (BBCH31) et un tiers d’entre elles, au 2ième nœud (BBCH32). Quelques parcelles plus tardives sont encore en fin de tallage (BBCH29) ou épi 1 cm (BBCH30).

Maladies : La septoriose est présente et certaines parcelles sont à un stade clef (BBCH32) pour cette maladie. Des pustules de rouille jaune sont observées sur certaines variétés sensibles.

Fertilisation : Il y a lieu de penser à apporter l’apport d’azote pour les semis tardifs puisque le stade redressement est atteint.

Régulateur : Le traitement régulateur peut être appliqué pour les semis tardif.

Cultures de printemps

Stades : Les parcelles observées dans le réseau sont entre le stade 2 et 3 feuilles visibles.

Ravageurs : Criocères (lémas), des populations à surveiller dans vos parcelles.

[1] Attention, le CePiCOP ne comprend pas de réseau d’observations pour le triticale et ces informations concernent donc des champs observés de façon ponctuelle. Ceci ne reflète pas toutes les situations mais donne une idée de la saison actuelle.

Figure 1: Stades phénologiques des céréales. En vert, les feuilles visibles ; en gris, les feuilles à venir

Pression des principales maladies foliaires sur escourgeon

Symptômes

Détails et plus d’infos[1]

Constats dans le réseau CePiCOP

(16 parcelles observées avec semis allant du 28/09/19 au 24/10/19: Verity, Quadriga, LG Zebra, Coccinel, Jettoo, Hedwig, KWS Tonic, Rafaela,Tektoo)

L’oïdium est observé dans 11 des 13 parcelles du réseau. Dans le Hainaut: max 5% des F-1 et 30% des F-2 sont touchées en fonction des variétés. Dans la région de Liège, cette maladie a été observée sur seulement 5% des F-2. Dans les parcelles du Namurois, elle est dans le fond de végétation et dans celle du Brabant-wallon, jusqu’à 25% des F-2 présentent des feutrages blancs.

Stade clefs : 30-49

Des pustules de rouille naine sont visibles dans toutes les parcelles. Dans le Hainaut, à Ath et Mainvaut : jusqu’à 25% des F-2 présentent des pustules et sur certaines parcelles, on observe des pustules sur 5% des F-1. Dans la région de Liège, cette maladie a été observée sur 50% des F-1 dans une parcelle mais ne sont observé que sur max 30 des F-2 dans les autres parcelles. Elle a été aussi observée dans les parcelles à Lonzée en faible proportion cette fois (max 5% des F-2) et à Chaumont-Gistoux avec jusqu’à 20% des F-2 et quelques pustules sur F-1.

Stade clefs : 31-51

Lhelminthosporiose est observée sur seulement 5 des 16 parcelles du réseau. Dans ces parcelles, elle est visible sur maximum 5% des F-2 et la surface foliaire touchée reste faible dans tous les cas.

Stade clefs : 31-51

La rhynchosporiose est observée dans 11 des 16 parcelles. La proportion de plantes touchées est variable : quelques lésions sur 5% des F-2 dans le Namurois et Chaumont-Gistoux., peu observé du coté de Liège cette semaine. Jusqu’à 20% des F-2 présentent des lésions sur les variétés les plus sensibles dans le Hainaut

Stade clefs : 31-51

Recommandations :

Il est judicieux d’attendre le stade dernière feuille étalée (BBCH39) pour effectuer la protection fongicide complète de la culture. Certaines parcelles se situent déjà à ce stade, d’autres peuvent encore attendre et il est judicieux d’évaluer le stade de votre parcelle. Pour les parcelles qui auraient été traitées en début de montaison, il est souhaitable de respecter un délai de trois semaines avant l’application du deuxième traitement.

La période s’étalant entre le stade « dernière feuille étalée » (BBCH39) et le stade « sortie des barbes » (BBCH49) est l’intervalle pivot pour la protection fongicide de l’escourgeon. Un traitement fongicide complet et rémanent à ce stade permettra de lutter contre les maladies déjà présentes et de prévenir l’apparition de la ramulariose Il est conseillé d’utiliser les spécialités à base de carboxamides (SDHI) en mélange avec une triazole et/ou une strobilurine en ajoutant dans les deux cas, un multi-site. Un point sur les changements, retraits (notamment le chorothalonil, avec utilisation max. jusqu’au 20/05/2020) et alternatives des substances actives en escourgeon est disponible dans le Livre Blanc des Céréales de février 2020 (page 5/54).

Coordination scientifique : Groupe « maladies » A. Legrève, A. Nysten

[1] Avis CADCO Maladies en ESCOURGEON 2019 https://www.cadcoasbl.be/p03_archives/avert2019/cadco2019-05.pdf ou la page « maladies » du Livre Blanc des Céréales http://www.livre-blanc-cereales.be/thematiques/maladies/.

Stade :

Les 16 parcelles d’escourgeon sont majoritairement au stade dernière feuille pointante (BBCH37). Certaines variétés plus précoces comme Lg Zebra ont déjà atteint le stade dernière feuille étalée (BBCH39). Les parcelles du réseau qui ont été semées plus tardivement (24-10-19) sont, elles, au stade deuxième nœud (BBCH32).

Fertilisation :

La dernière fraction pour les escourgeons doit être appliquée au stade dernière feuille étalée (BBCH39), de préférence sous forme solide afin d’éviter les brulures sur les dernières feuilles.

Dans le cas d’un apport en trois fractions, le conseil « Livre Blanc 2020» est d’appliquer 50kgN/ha pour les variétés lignées et 75kgN/ha pour les variétés hybrides. Pour rappel, le schéma de fertilisation conseillé est le suivant :

ESCOURGEON variétés lignées

ESCOURGEON variétés hybrides

55 kg N/ha au tallage

25 kg N/ha au tallage

55 kg N/ha au redressement

75 kg N/ha au redressement

50 kg N/ha à la dernière feuille

75 kg N/ha à la dernière feuille

Dans le cas d’un schéma en 2 fractions (red-df), le conseil est d’apporter une deuxième fraction de 80kgN/ha au stade dernière feuille étalée (BBCH39).

Régulateur :

Les régulateurs de croissance en escourgeon doivent aussi être appliqués au stade dernière feuille étalée (BBCH39). Ceux-ci peuvent être appliqués en même temps que le traitement fongicide.

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », B. Bodson et R. Meurs

Symptômes

Détails et plus d’infos[1]

Constats dans le réseau CePiCOP

Semis du 22 octobre au 20 novembre 2018

Variétés observées ce 20 avril 2020 : GLEAM, KWS SALIX, KWS SMART, BERGAMO, ARMINIUS, BENNINGTON, GRAHAM, KWS TALENT, CHEVIGNON, RELFECTION, RGT SACRAMENTO, WINNER

Septoriose est observée sur l’ensemble des parcelles du réseau principalement sur les variétés sensibles. Elle est présente à des pourcentages très variables selon les régions avec du côté du Hainaut des lésions visibles sur 20% des F-2, bien présente sur les F-3 dans le Namurois et sur max 30% des F-2 du côté de Liège.

Pour les parcelles emblavées avec des variétés sensibles où l’inoculum est présent sur les F-2 du moment (en stade 32, cela correspond à la F4 définitive), celui-ci pourrait se propager sur les feuilles supérieures lors de pluies contaminatrices. Les conditions climatiques sèches ne vont pas favoriser cette situation mais une attention doit être requise pour ces parcelles.

Rouille jaune

Peu d’observations dans les parcelles du réseau cette semaine.

Quelques pustules sont présentes sur les variétés sensibles et sont observées notamment sur REFLECTION, KWS SMART, BERGAMO, ANAPOLIS, GLEAM par exemple.

Rouille brune :

 

Elle n’est pas encore signalée dans les parcelles du réseau d’observation.

Oïdium est observée sur 4 parcelles du réseau et reste dans le fond de la végétation car uniquement observée sur les F-3.

 

Recommandations :

La rouille jaune est signalée à quelques endroits sur des variétés très sensibles mais est plutôt discrète pour l’instant sur les autres parcelles. L’observation des parcelles est très importante à l’arrivée du stade 32 de la culture afin de relever la pression en maladies à ce stade et adapter la protection en fonction de la pression notamment en septoriose ou en rouille jaune.

  • Pour les quelques parcelles encore au stade 31, seule la présence de foyers actifs de rouille jaune sur une variété sensible peut amener à envisager un traitement. En cas de traitement au stade 31, privilégiez une dose réduite de triazole (1/2 suffit) et revenir 2 semaines plus tard pour protéger les nouvelles feuilles. Surtout si l’épidémie de rouille continue (ce qui est souvent le cas). Sinon le bénéfice du premier traitement est perdu.
  • Pour les parcelles au stade 32, un traitement est envisageable si une présence significative (plus de 10% des plantes) de symptômes de rouille jaune est observée sur une variété peu tolérante. Un traitement au stade 32 peut aussi être envisagé sur une variété très peu tolérante à la septoriose si plus de 20% des F-2 présentent des symptômes de cette maladie (très rares cas). Dans les parcelles où la rouille jaune est absente ou ne nécessite pas d’intervenir, et où la pression des autres maladies est faible, le traitement peut être postposé au stade dernière feuille étalée (BBCH39).

Faire l’impasse sur le traitement au stade 32 permet d’éviter deux inconvénients : premièrement, cela évite de devoir effectuer un second traitement 3-4 semaines après le premier et d’autre part, comme les blés sont en général au stade épiaison 3-4 semaines après le stade 32, la dernière feuille n’est donc pas protégée dès sa sortie. Faire l’impasse donne ainsi la possibilité de ne traiter qu’une fois sur la saison si les conditions le permettent et la dernière feuille est protégée dès sa sortie. Au besoin, un traitement relais au stade floraison permet de contrôler les maladies plus tardives.

Concernant les utilisations des substances actives au stade 32 :

  1. Un ou deux triazoles en mélange + une substance de contact (ex : chlorothalonil)
  2. Un triazole et une strobilurine (si attaque sévère en rouille jaune) + substance de contact (ex : chloro)
  3. Pression faible en maladies, attendre le stade 39

Pour rappel, les molécules SDHI ne doivent être utilisées qu’une fois par saison et l’alternance des substances actives est importante pour conserver leur efficacité. Un point sur les changements, retraits (chorothalonil, avec utilisation max. jusqu’au 20/05/2020) et alternatives des substances actives en froment est disponible dans le Livre Blanc des Céréales de février 2020 (page 5/8).

Coordination scientifique : Groupe « maladies » A. Legrève, A. Nysten

[1] Avis CADCO maladies du FROMENT 2019 https://www.cadcoasbl.be/p03_archives/avert2019/cadco2019-06.pdf ou la page « maladies » du Livre Blanc des Céréales http://www.livre-blanc-cereales.be/thematiques/maladies/.

Froment d’hiver

En fonction des variétés et des régions agricoles, les semis réalisés durant le mois d’octobre sont entre le stade premier et deuxième nœud (BBCH 31 – 32). Le stade des semis de novembre est compris entre le stade redressement et le stade 1 nœud (BBCH 30 - 31).

Les semis tardifs sont au stade redressement (BBCH30). Pour ces semis, il y a donc lieu de penser à réaliser la fertilisation pour le redressement ainsi que l’application d’un régulateur. Ce régulateur doit être appliqué que la densité de talle est normale. Si celle-ci est trop faible alors ce traitement régulateur n’est pas pertinent.

Froment-pois

Pour les semis de froment-pois réalisé début novembre, le stade de développement pour l’application de la première fumure est atteint (stade tallage-redressement). Le premier apport (40 kgN/ha) peut donc être appliqué. Il n’est pas nécessaire d’apporter plus d’engrais car l’association du froment d’hiver et du pois protéagineux d’hiver permet aux froments de profiter des nodosités du pois qui apporteront également de l’azote aux froments.

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », B. Bodson et R. Blanchard

Triticale[1]

Les observations dans un essai implanté à Ernage le 14 octobre montrent que les plantes ont atteint le stade dernière feuille enroulée (BBCH37). Le lien ci-dessous vous renvoie vers l’avertissement du 14 avril, reprenant des informations sur les variétés de triticale par rapport à la précocité à la montaison et également sur les maladies suivantes : rouille jaune, rhynchosporiose et oïdium (https://centrespilotes.be/fr/msg/138/consult/).

Epeautre[2]

Les observations dans certains champs montrent que la variété d’épeautre COSMOS sensible à la rouille jaune présente des pustules. Il est donc recommandé de se rendre sur les parcelles afin de réaliser une observation de celle-ci.

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », G. Jacquemin

 

[1] Attention, ces informations concernent les parcelles d’un essai observées de façon ponctuelle. Ceci ne reflète pas toutes les situations mais donne une idée de la saison actuelle.

[2] Attention, ces informations concernent certains champs observés de façon ponctuelle. Ceci ne reflète pas toutes les situations mais donne une idée de la saison actuelle.

Stade :

Le stade des orges dépend de la date de semis. Les orges semées Ath le 24 mars se trouvent au stade 3 feuilles. Les orges semées plus tardivement à Lonzée (le 6 avril) sont actuellement au stade 2 feuilles tout comme les orges semées à Liernu le 1 avril.

La situation pour les avoines de printemps est identique.

Léma : des populations à surveiller.

Avec le printemps sec et lumineux, des criocères (lémas) sont observés dans les céréales de printemps (orge et avoine) depuis la semaine passée.

Les dégâts de lémas surviennent généralement plus tard en saison, et à un stade plus avancé des céréales. Même s’ils sont spectaculaires, ces dégâts ne concernent en fait qu’assez peu de surface de feuille et ne sont guère nuisibles. Il faut toutefois tenir compte de quelques facteurs aggravants, dont le faible tallage, le faible développement foliaire et le faible stade de développement au moment des attaques. C’est ainsi que les céréales de printemps sont à la fois les plus attractives, et les plus vulnérables aux criocères.  Dans ces cultures, les adultes dont l’activité est favorisée par la lumière et le temps sec, ont déjà pondu très abondamment. Leurs œufs sont déposés par quelques-uns, généralement en ligne sur l’une ou l’autre face des feuilles. Les adultes opèrent quelques morsures de part en part. Actuellement, on peut observer les adultes et leurs morsures longitudinales. D’ici une dizaine de jours, les œufs commenceront à éclore et de jeunes larves entameront leur phase alimentaire. A ce stade, il sera important d’évaluer le niveau des populations et déterminer la nécessité d’une éventuelle intervention insecticide. Les prochains avis donneront des précisions sur ce point.

Figure 2. Illustration des oeufs de léma (photo de G. Jacquemin).

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », B. Bodson et R. Meurs

Actuellement, deux OAD en céréales peuvent être retrouvés sur AGROMET.be : Céciblé et Phénoblé.                                        En parallèle, un troisième OAD a été mis en ligne sur ProCulture (www.proculture.be).

Qu'est-ce que ProCulture ?

ProCulture est un outil interactif d’aide à la décision destiné à optimiser le positionnement des traitements fongicides afin de lutter contre la septoriose. Sur base des coordonnées spatiales de la parcelle, de la date de semis et des données météorologiques du réseau de stations agrométéorologiques en Wallonie de l’asbl Pameseb, le risque de septoriose est évalué sur base d’un modèle épidémiologique ProCulture. Ce modèle était déjà utilisé dans le cadre des avertissements CePiCOP par le groupe « maladies » et il est mis à disposition de tous.

L’outil est gratuit et ouvert à tous. Comme pour Céciblé et Phénoblé, la nouvelle plateforme interactive ProCulture est encore jeune mais peut fournir une aide au secteur.

Contact :  Julie Mertens – Tel : 0476/254.255 - Email : cliniquedesplantes@uclouvain.be

Comment l'utiliser ?

  1. Se connecter sur le site et créer un compte ;
  2. Localiser spatialement la parcelle et disposer ainsi des données Pameseb les plus pertinentes ;
  3. Déterminer la date de semis en fonction de la parcelle ;
  4. Lancer une nouvelle simulation :
    1. Évaluation du stade phénologique du froment ;
    2. Évaluation du pourcentage d’infection foliaire causé par la septoriose.

Coordination scientifique : Groupe « ProCulture – OAD Septoriose » A. Legrève, J. Mertens

Coordonnateur CePiCOP : X. Bertel (0468/38.39.72), visitez notre site : https://centrespilotes.be

Le prochain avis est prévu pour le 28 avril 2020

Réalisés grâce au concours et au soutien : du SPW-Direction de la Recherche et du Développement, du BWAQ asbl, du CARAH asbl, du CRA-W, du CORDER asbl, de la Province de Liège – Agriculture, de ULg-GxABT, de l'OPA qualité Ciney asbl, de Réquasud asbl. 

Cet avis ne peut être diffusé sans l’accord du CePiCOP

 


Réalisé grâce au concours et au soutien : du SPW-Direction de la Recherche et du Développement, du BWAQ asbl, du CARAH asbl, du CRA-W, du CORDER asbl, de la Province de Liège – Agriculture, de ULg-GxABT, de l'OPA qualité Ciney asbl, de Réquasud asbl.