2.1) Pression maladies en froment

Dans notre réseau de parcelles non traitées, les observations systématiques sont terminées. La plupart des parcelles sont au stade épiaison ou floraison.

Il est recommandé d’observer vos terres avant de décider d’un éventuel traitement, il est tout à fait possible de ne pas traiter son champ si la pression en maladies est faible et que la variété emblavée est tolérante (notamment vis-à-vis de la rouille brune). Vu les conditions climatiques de cette saison, les risques de perte en cas de non traitement sont faibles cette année.

De nouveau, peu de précipitations annoncées cette semaine, toutefois, dans le cas où un traitement est réalisé dans les prochains jours, il convient de prendre en compte le risque de rouille brune sur variétés sensibles et d’infection par la fusariose des épis sur les variétés sensibles à cette maladie (fig. 1). Pour la fusariose des épis, les situations à risque sont principalement les cultures de froment (les épeautres sont généralement moins sensibles) de variétés sensibles avec un précédent froment ou maïs, particulièrement lorsque les cannes sont encore apparentes dans la parcelle. Le temps humide (orage, …) favorise le développement de la maladie et il est important d’agir localement en fonction des pluies qui sont programmées et des orages qui sont souvent très localisés. C’est au stade floraison (au plus tard entre le début et la mi floraison, stade BBCH61 à 65) que l’on peut intervenir si nécessaire contre la fusariose de l’épi. L’utilisation de prothioconazole à la floraison est très efficace pour lutter contre les pathogènes de la fusariose (Fusarium spp. et Microdochium spp.) mais s’il est utilisé dans un traitement précédent, d’autres molécules doivent être privilégiées pour ce traitement comme  le tébuconazole ou le metconazole

 

 

 

Recommandations selon la situation :

  • Si traitement réalisé au stade BBCH32, attendre 3-4 semaines et effectuer un traitement relais aux alentours de l’épiaison avec un produit à base de prothioconazole (si celui-ci n’a pas encore appliqué).

 

  • Si traitement réalisé au stade BBCH39, attendre la floraison. S’il y a un risque de fusariose sur les épis, alors il est intéressant de privilégier des traitements avec une triazole seule (tébuconazole, metconazole ou prothioconazole) et une strobilurine si la variété est plus sensible à la rouille brune.

 

  • Je n’ai pas encore traité et ma parcelle est au stade de l’épiaison (BBCH51-59), alors un traitement peut être envisagé si des maladies sont visibles au champ et il sera composé d’un SDHI + triazole (+ strobilurine si la variété est sensible à la rouille brune, excepté si utilisation du benzovindiflupyr car très efficace contre la rouille brune).

 

  • Je n’ai pas encore traité et ma parcelle est au stade de la floraison (BBCH61-69), je peux effectuer un traitement avec une triazole seule ou accompagné d’un strobilurine si la variété est sensible à la rouille brune.

 

  • Je n’ai pas encore traité et je n’observe aucun symptôme de maladies y compris sur les feuilles du bas, je ne traite pas et économise le prix d’un traitement.

Pour rappel, les molécules SDHI ne doivent être utilisées qu’une fois par saison et l’alternance des substances actives est importante pour conserver leur efficacité. Un point sur les changements et alternatives des substances actives en froment est disponible dans le Livre Blanc des Céréales de février 2020 (page 5/8).

Coordination scientifique : Groupe « maladies » A. Legrève, A. Nysten

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