Le colza : Températures exceptionnellement élevées et arrivée massive de méligèthes et de charançons de la tige

La remontée nette des températures et la tombée du vent lors du week-end printanier du 7 et 8 avril 2018 ont été bénéfiques à la croissance du colza d’hiver. Les boutons floraux sont maintenant bien visibles partout, quelle que soit la taille du colza. Les températures exceptionnelles atteintes notamment le dimanche 8 avril ont également été favorables aux vols massifs de méligèthes surtout et de charançons de la tige.

De nombreuses captures d’insectes ont été réalisées dans les bassins et de nombreux méligèthes ont été dénombrés sur les plantes. Dans 20 champs du réseau d’observation, le seuil d’intervention contre les méligèthes était dépassé, allant de 3-4 méligèthes par plante jusqu’à 28 méligèthes par plante, soit plus de 1.000 méligèthes pour 40 plantes !

Dans quelques champs, l’ajout, lors du semis, d’une variété plus précoce au début de la floraison à raison de 2 à 3 plantes/m², permet d’attirer les méligèthes sur les premières fleurs. Cependant, lorsque les méligèthes sont très nombreux, cela peut ne plus suffire. Il faut bien évaluer le nombre de méligèthes présents dans la variété principale et voir si le seuil d’intervention (3-4 méligèthes par plante) est atteint ou dépassé.

Les stades du colza d’hiver évoluent rapidement et peuvent également varier fortement au sein d’une même parcelle, notamment pour les parcelles touchées par des dégâts de gel. Les plantes les plus petites avec les plus petits boutons floraux sont les plus fragiles vis-à-vis des attaques de méligèthes qui recherchent le pollen dans les boutons floraux avant la floraison du colza.

Il est donc vivement conseillé de bien observer la situation actuelle dans chaque champ de colza avant une éventuelle intervention insecticide.

Dans le cadre de la lutte intégrée, il faut varier les molécules utilisées pour éviter l’apparition d’insectes résistants. Plusieurs pyréthrinoïdes (cyhalothrine, deltaméthrine,…) largement utilisés dans le passé ne sont plus efficaces sur les méligèthes, même s’ils restent autorisés. Plusieurs matières actives de différentes familles chimiques sont disponibles pour lutter contre les méligèthes. A noter que le Gouvernement wallon a décidé le 22 mars 2018 d’interdire l’usage des néonicotinoïdes à partir du 1er juin 2018. En colza, cela concerne le thiacloprid (BISCAYA) et l’acétamiprid (ANTILOP, INSYST/EXXODUS, GAZELLE, MOSPILAN). Les autres néonicotinoïdes ayant été utilisés pour la désinfection des semences de colza (CRUISER OSR, ELADO, CHINOOK) sont déjà interdits au niveau européen depuis 2013 (moratoire européen).

Lorsque la floraison du colza d’hiver démarrera, les méligèthes deviendront inoffensifs car ils trouveront le pollen libre sur les fleurs.


Christine Cartrysse, APPO, Centre Pilote CePiCOP
Michel De Proft, Expert scientifique CRA-W

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