2.1 Premiers constats en escourgeon

Pression des principales maladies foliaires sur l’escourgeon (sur les derniers étages foliaires visibles pour le moment).

Les observations sont réalisées sur des étages foliaires supérieurs et exprimées en F-1, F-2, F-3 (F-1 étant la première feuille déployée en partant de l’apex).

Symptômes et stades clefs

Détails et plus d’infos[1]

Constats dans le réseau de parcelles CePiCOP

(Variétés observées : LG Zebra, Coccinel, KWS Tonic, Tektoo KWS Dorset, KWS Orbit, SY Kingston)

Date de semis : 29/09/20 au 16/10/20

L’oïdium est observé dans 11 des 15 parcelles du réseau. Du côté du Hainaut, la maladie atteint au maximum 15% des F-2 mais reste majoritairement sur les étages foliaires inférieurs. A Lonzée, elle a été observée sur 30% des F-2 et à Ragnies, on l’observe sur 15% des F-3.

Des pustules de rouille naine sont visibles dans presque toutes les parcelles du réseau (14 parcelles sur les 15). Dans le Hainaut, quelques pustules sont visibles sur 5% à 100% des F-2 en fonction de la variété emblavée et de sa sensibilité à cette maladie. Dans la région de Liège, elle a été observée sur 20% des F-2. Elle a aussi été observée sur 5% des F-1 dans les parcelles à Lonzée et sur 20% des F-2 à Ragnies.

Cette maladie est à surveiller sur les variétés sensibles.

Lhelminthosporiose est observée sur 6 des 15 parcelles du réseau. Dans ces parcelles, elle est visible sur maximum 5% de la F-2 mais le pourcentage de surface foliaire touché reste faible dans tous les cas.

La rhynchosporiose est présente dans 11 des 15 parcelles. Dans ces parcelles, elle est visible sur maximum 5% de la F-1 et 30% des F-2 mais le pourcentage de surface foliaire touché reste faible. 

 

Recommandations 

L’état sanitaire des parcelles du réseau d’observation est en général bon et bien qu’on observe quelques symptômes de maladies courantes en escourgeon (rouille naine, rhynchosporiose, helminthosporiose), les parcelles ne sont qu’au stade BBCH29-30.

Seules les parcelles les plus précoces qui ont atteint le stade « 1er nœud » (BBCH31) et sur lesquelles on observe une pression en maladies significatives, pourraient nécessiter un traitement mais cette situation n’est pas encore observée dans le réseau. Il ne faut pas systématiquement effectuer un traitement de montaison et il est nécessaire d’aller observer l’état sanitaire de la culture à ce stade avant tout traitement. Il est conseillé de privilégier un fongicide à base de triazole voire une strobilurine en mélange avec un triazole pour le traitement de montaison. En présence faible de maladies et/ou de marché défavorable, on pourrait se contenter d’une dose réduite de fongicide à ce stade. Une surveillance pour les prochains jours est donc recommandée pour les variétés sensibles qui nécessiteraient un traitement de montaison.

Pour lutter contre les maladies fongiques de l’escourgeon, un traitement unique au stade dernière feuille étalée (BBCH 39) est la solution généralement la plus adaptée

Comme mentionné dans l’édition de février 2021 (page 5/84), le choix du schéma de traitement fongicide appliqué doit être réfléchi en fonction de la variété emblavée. L’efficacité des SDHI n’est plus assurée face aux populations d’helminthosporiose résistantes. Parmi les produits à base de SDHI, les produits qui contiennent une strobilurine donnent les meilleurs résultats. Face à ce problème, le Fandango composé d’un triazole et d’une strobilurine semble rejoindre le niveau des produits à base de SDHI. Il est efficace contre la rouille naine mais son efficacité reste médiocre dans la lutte contre la ramulariose. Contre la rouille et la rhynchosporiose, l’efficacité des SDHI n’est pas remise en question. En présence de ramulariose, le mancozèbe pourrait encore être une alternative très temporaire (retrait du marché de l’Union européenne prévu pour 2021) au chlorothalonil, que ce soit en association aux SDHI, triazoles ou strobilurines. Il faudra ensuite se pencher vers d’autres solutions d’avenir telles que le mefentrifluconazole (voir point 2.4.2. Page 76 du Livre Blanc des Céréales).

Coordination scientifique : Groupe « maladies » A. Legrève, A. Nysten

[1] La page « maladies » des escourgeons du Livre Blanc des Céréales https://www.livre-blanc-cereales.be/thematiques/maladies/maladies-escourgeon/

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