CePiCOP - Céréales - 27/04/2021: Suivi des cultures

Envoyé le 27/04/2021

photo Pour l'avertissement de ce mardi, les sujets suivants sont évoqués: la protection des cultures ainsi que les stades phénologiques et la fertilisation azotée en escourgeon et en froment d'hiver. Une petite note sur l'identification des maladies de l'escourgeon. De plus, un article sur les cultures de printemps et un article sur la lutte intégrée (IPM) sont également consultables. Bonne lecture.

Escourgeon

Stades : Les 15 parcelles d’escourgeon du réseau ont toutes atteint ou dépassé le stade 2ème nœud (BBCH32) : sept sont au stade 2ème nœud (BBCH32), deux sont entre le stade 2ème nœud et le stade dernière feuille pointante (BBCH 32-37), quatre sont au stade dernière feuille pointante (BBCH37) et les deux dernières sont entre le stade dernière feuille pointante et dernière feuille étalée (BBCH 37-39)

Maladies : Les maladies observées sont l’helminthosporiose, la rouille naine, l’oïdium et la rhynchosporiose. Elles sont généralement présentes dans les étages foliaires inférieures et leur incidence reste encore faible.

Fertilisation La dernière fraction azotée peut être appliquée au stade « dernière feuille étalée » (BBCH39). Avec le froid des dernières semaines, très peu de parcelles ont atteints ce stade.

Froment

Stades : Les 22 parcelles de froment observées dans le réseau sont au stade épi 1cm (BBCH30) ou au stade 1er nœud (BBCH31).  Une parcelle du côté de Rouloux est encore au stade fin tallage (BBCH29). 

Maladies : La septoriose est présente sur la quasi-totalité des parcelles observées. Elle est présente dans les étages foliaires inférieurs. Une tache d’oïdium a été observée sur une parcelle. 

Fertilisation : Les semis du mois d’octobre sont actuellement au stade 1er nœud (BBCH 31). La conduite de ces froments ne nécessite aucune autre intervention cette semaine. Les semis du mois de novembre ont, pour la plupart, atteint le stade épi 1 cm (BBCH 30). Pour un schéma de fumure en trois fractions, le second apport d’azote peut donc être appliqué sur ces semis.   

Régulateur : Pour les semis étant entre le stade redressement et 1er nœud (BBCH 31), l’application d’un régulateur peut être envisagée. 

Culture de printemps

Stades : Les parcelles observées dans le réseau sont au stade début tallage (orges) ou plein tallage (avoines).

Désherbage : Etant donné les températures plus douces annoncées cette semaine, les désherbages vont pouvoir être réalisés sans risque pour la culture. Attention, un produit autorisé en escourgeon ne l’est pas forcément en orge de printemps.

Fertilisation : Si cela n’est pas déjà fait, la première fraction azotée peut être appliquée sur les parcelles d’orge (stade levée-début tallage) ainsi que sur les parcelles d’avoine (stade tallage).

Figure 1: Stades phénologiques des céréales. En vert, les feuilles visibles ; en gris, les feuilles à venir

Pression des principales maladies foliaires sur escourgeon (sur les derniers étages foliaires visibles pour le moment). Les observations sont réalisées sur des étages foliaires supérieurs et exprimées en F-1, F-2, F-3 (F-1 étant la première feuille déployée en partant de l’apex).

Symptômes et stades clefs de traitement

Détails et plus d’infos[1]

Constats dans le réseau de parcelles non-traitées CePiCOP

(Variétés observées le 26 avril 2021 : LG Zebra, Coccinel, KWS Tonic, Tektoo KWS Dorset, KWS Orbit, SY Kingston)

Date de semis : 29/09/20 au 16/10/20

L’oïdium est observé dans 3 des 15 parcelles du réseau. Lorsqu’elle est observée, sur deux parcelles du côté d’Ath et une parcelle à Lonzée, elle est présente en F-3 à une fréquence allant jusqu’à 50%.

Des pustules de rouille naine sont observées sur toutes les parcelles du réseau dans les étages foliaires inférieurs et jusqu’à 100% des F-3 et F-2 mais avec un seuil de gravité relativement faible.Cette maladie est à surveiller sur les variétés sensibles à cette maladie.

Lhelminthosporiose est observée sur 11 des 15 parcelles du réseau. Elle est visible dans les étages foliaires inférieurs (jusqu’à 55% des F-2 atteintes). À Lonzée, elle est observée sur 5% des F-1.

La rhynchosporiose est présente sur toutes les parcelles du réseau. Elle est observée sur maximum 30% des F-2 et jusqu’à 95% des F-3 selon les régions. Le pourcentage de surface foliaire touché reste faible.

Recommandations :

Il est judicieux d’évaluer le stade et l’état sanitaire de votre parcelle avant de réaliser tout traitement.

Pour les parcelles qui sont encore en montaison, un traitement à ce stade ne doit être appliqué qu’en présence significative de maladies sur les trois derniers étages foliaires (variétés sensibles).  

Les parcelles atteignent petit à petit le stade dernière feuille (BBCH 39). C’est à ce stade qu’un traitement fongicide à base de strobilurine et triazole ou de SDHI et triazole (et/ou strobilurine) est conseillé pour effectuer la protection fongicide complète de la culture. Dans les 2 cas, l’ajout d’un multi-sites est préconisé. Cette année encore le mancozèbe pourra être utilisé dans les escourgeons mais il faudra d’ores et déjà se pencher vers d’autres solutions d’avenir telles que le mefentrifluconazole (Livre blanc des céréales 2021). Pour les parcelles qui auraient été traitées en début de montaison, il est souhaitable de respecter un délai de trois semaines avant l’application du deuxième traitement.

Coordination scientifique : Groupe « maladies » A. Legrève, H. Wera

[1] La page « maladies » des escourgeons du Livre Blanc des Céréales https://www.livre-blanc-cereales.be/thematiques/maladies/maladies-escourgeon/

L'helminthosporiose, la maladie la plus importante sur orge

Jeunes symptômes d'helminthosporiose photographiés le 09/04/2018 alors que l'escourgeon n'était encore qu'au stade BBCH 31. Source : CRA-W.

Les symptômes de la maladie se présentent sous forme de nécroses brun foncé, entourées d’un halo jaune et visibles sur les deux faces de la feuille.  Les nécroses sont bien souvent de forme longitudinale et disposées le long des nervures.  Un réseau brun foncé en forme d’échelle se distingue au sein de ces lésions.  La maladie se répartit de façon homogène dans la parcelle atteinte.  L’infection monte du bas vers le haut de la plante. Des confusions sont possibles avec des taches d’origine physiologique (stress climatique), localisées en haut de plantes principalement. Des températures relativement chaudes (15-20°C) permettent une bonne implantation de la maladie. La pluie et le vent permettent la dissémination des spores et la progression de la maladie dans les étages foliaires.

La rhynchosporiose, une maladie assez facile à reconnaître

Symptômes de Rhynchosporiose. Photo prise le 25/05/2016. Source : CRA-W.

Les symptômes foliaires sont irréguliers, desséchés au centre (blanchâtre) et entourés d’une marge brune très marquée et bien délimitée. C’est parfois la base du limbe qui est touchée. Dans ce cas, un dessèchement bordé d’un liseré brun est observé au niveau des oreillettes et de la ligule. La rhynchosporiose contamine d’abord la base des plantes et remonte ensuite les étages foliaires à la faveur des pluies. Il est donc important d’écarter le feuillage pour vérifier sa présence dans une parcelle.

La rouille naine de l'orge, une cousine de la rouille brune sur blé

Symptômes de rouille naine sur l'avant dernière feuille (F2). Photo prise le 25/05/2016. Source: CRA-W

 Les symptômes de rouille naine sont des pustules orange à brune disposées aléatoirement sur le limbe foliaire. Ces pustules contiennent une poudre brun-orangé composée de spores facilement dispersées par le vent. Cette maladie ne forme pas de spot au niveau de la parcelle et se retrouve partout dans le champ infecté. La rouille naine est capable de causer des pertes de rendement ponctuellement conséquentes, pouvant aller jusqu’à 30 %. Elle se disperse principalement par le vent même sur de longues distances mais aussi parfois par la pluie (splashing). Son développement est influencé par la température (min 5°C) et l’humidité relative ainsi que la présence d’eau libre sur les feuilles.

La ramulariose, une maladie apparue récemment

Les symptômes de la maladie sont de petits spots rectangulaires dont les côtés les plus longs suivent les nervures des feuilles.  Les côtés les plus courts sont plus irréguliers.  Ses tâches nécrotiques sont de couleur brun foncé.  Le tout est entouré d’un halo jaune bien marqué.  Les symptômes peuvent être vus sur les deux faces de la feuille infectée.

Symptômes de ramulariose sur l'avant dernière feuille (F2). Photos prises le 16/06/2016. Source: CRA-W

A ne pas confondre avec :

  • Les symptômes physiologiques dus à un stress lumineux : ces derniers se présentent comme de petits spots brun très foncé et parfois entourés d’un halo jaune. Ils sont cependant uniquement limités à la surface de la feuille exposée à la lumière et ne se retrouvent pas sur l’autre face.
  • Les taches léopard : certaines variétés peuvent produire des taches brunes plus ou moins grandes, présentant parfois un léger halo jaune, mais beaucoup moins prononcé que la ramulariose.
  • Les brûlures polliniques : lors de la floraison durant une période humide, le pollen peut coller aux feuilles d’orge et favoriser la croissance de champignons saprophytes, de bactéries et de levures induisant de petits points bruns sur la surface de la feuille. Ils sont plus petits que les spots de ramulariose (taille d’un trou d’aiguille).
  • Les taches en réaction à l’oïdium : la plupart des variétés d’orge actuelles résistent bien à l’oïdium. Certaines cependant génèrent des taches en se défendant contre la maladie (oxydative burst).  Ce sont des spots bruns au sein desquels un mycélium blanc (début d’infection de l’oïdium) est visible.

Coordination scientifique : Groupe « maladies » A. Legrève, H. Wera

Les parcelles se trouvent au stade 2ème nœud (BBCH32) ou au stade dernière feuille pointante (BBCH37) parfois même déployée (BBCH39) pour les plus avancées. L’application de la dernière fraction (3ième fraction), qui est de préférence solide pour éviter les brûlures, peut être apporté à la dernière feuille (BBCH39).

Les fumures conseillées Livre Blanc des Céréales[1] pour un fractionnement en 3 apports sont les suivantes :

Stade

ESCOURGEON variétés lignées

ESCOURGEON variétés hybrides

Tallage

55 kg N/ha

25 kg N/ha

Redressement

55 kg N/ha

75 kg N/ha

Dernière feuille

50 kg N/ha

75 kg N/ha

 

Régulateur :

Les régulateurs de croissance en escourgeon sont à appliquer au stade dernière feuille étalée (BBCH39). Ceux-ci peuvent être appliqués en même temps que le traitement fongicide mais il faut encore attendre que les parcelles arrivent au stade adéquat.

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », Benjamin Dumont et Alice Nysten

[1] https://www.livre-blanc-cereales.be/thematiques/fumures/escourgeon/determination-pratique-escourgeon/

Symptômes

Détails et plus d’infos[1]

Constats dans le réseau CePiCOP

Variétés observées ce 26 avril 2021 : GLEAM, KWS DORSET, KWS SMART, LG SKYSCRAPER, WINNER

Date de semis :  du 19/10 au 18/11/2020

La septoriose est présente sur 20 des 22 parcelles observées et principalement dans les étages foliaires inférieurs (F-2 et F-3). Elle est observée sur 12 parcelles en F-2 avec une fréquence allant de 5 à 45%.

L’oïdium est observé sur une parcelle du réseau (du côté de Pailhe). La maladie est présente en F-2 et le pourcentage de surface foliaire touché est très faible.  

Recommandations :

Les conditions actuelles permettent d’écarter l’idée d’un quelconque traitement en froment cette semaine pour les parcelles qui n’atteignent pas deux nœuds. Les froments sont encore majoritairement au stade épi 1 cm (BBCH30) ou au stade 1er nœud (BBCH 31). 

Aucun foyer actif de rouille jaune n’est détecté dans les observations. Au stade 31, un traitement peut parfois être envisagé contre la rouille jaune en cas de foyer actif uniquement dans les parcelles emblavées avec une variété très sensible à cette maladie. Pour d’autres maladies fongiques, il est conseillé d’attendre le stade 2ème nœud (BBCH32) afin de réaliser un traitement fongicide.

Les diagrammes décisionnels, élaborés dans le cadre du Livre Blanc, aident à se positionner quant à la réalisation ou non d’un traitement fongicide. À partir du stade 30-31 et pour chaque stade clé suivant, vous trouverez un diagramme décisionnel adapté à la situation (https://www.livre-blanc-cereales.be/thematiques/maladies/lutte-contre-les-maladies-en-froment/).

Source : Livre Blanc - Edition février 2021 (5/65)                                                                           

 https://www.livre-blanc-cereales.be/thematiques/maladies/lutte-contre-les-maladies-en-froment/

Coordination scientifique : Groupe « maladies » A. Legrève, H. Wera

[1] La page « maladies » du Livre Blanc des Céréales http://www.livre-blanc-cereales.be/thematiques/maladies/

Le retour des températures printanières durant la journée, ont permis aux froments de reprendre leur développement ces derniers jours.   

Les froments semés au mois d’octobre ont, dans la plupart des cas, atteint le stade 1er nœud (BBCH 31). Mis à part l’application du régulateur (si ce n’est déjà fait) aucune intervention n’est à réaliser cette semaine. 

En fonction des variétés et des régions agricoles, les froments semés au mois de novembre sont maintenant au stade épi 1 cm (BBCH 30). Pour ces semis plus tardifs, il y a lieu de penser à apporter le second apport d’azote (lors d’un schéma en 3 fractions, la fumure de référence conseillée est de 60 kg N/ha, Livre Blanc de février 2021). Le traitement régulateur peut également être appliqué à partir du stade épi 1 cm (BBCH 30) et jusqu’au stade 2 nœuds (BBCH 32). Pour rappel, l’efficacité de ce traitement est principalement basée sur les conditions d’application. Il faut donc une céréale en pleine croissance ainsi que des bonnes conditions climatiques (température supérieure à 12 degrés pendant plusieurs heures). 

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », B. Van der Verren et B. Dumont

Orge de printemps

Les orges semées à Ath le 8 mars sont au stade « début tallage » tout comme les orges semées à Lonzée (le 2 mars) ou encore à Liernu sont également au début tallage. Les semis de fin mars sont au stade 2-3 feuilles.

Dans les conditions de référence, et si les reliquats azotés moyens en sortie d’hiver sont de l’ordre 60 kg N/ha sur 90 cm, la fumure conseillée est de 90 kg N/ha à la levée voir au début du tallage. Ce premier apport pourra être renforcé par 20 à 40 kg N/ha au stade redressement si la culture paraît carencée. Attention, cette fumure est valable si la parcelle ne présente pas des reliquats trop élevés et si elle n’est pas trop riche en humus. Dans le cas de reliquats élevés, il est conseillé de diminuer la première fraction à 60 kg N/ha.

Plus d’infos sur les orges brassicoles, leur conduite (semis, fumure, désherbage, régulateurs) et les débouchés dans les pages du Livre Blanc des céréales https://www.livre-blanc-cereales.be/wp-content/uploads/2021/03/7.-Orge-brassicole.pdf

Désherbage :

Etant donné les températures plus douces annoncées cette semaine, les désherbages vont pouvoir être réalisés sans risque pour la culture. Attention, un produit autorisé en escourgeon ne l’est pas forcément en orge de printemps. En général, les céréales de printemps sont concurrentielles avec les adventices et des problèmes se posent uniquement avec les dicotylées. Utiliser un anti-graminée est donc dans la plupart des situations peu utile.

Avoine de printemps

Les avoines présentes sur le site de Lonzée sont au stade du tallage. 

Les besoins de la culture d’avoine sont de l’ordre de 80 à 100kg N/ha (120kg N/ha en région froide). Il est conseillé d’appliquer 1/3 de l’azote au tallage. Le reste sera appliqué au stade redressement.

Coordination scientifique : Groupe « phytotechnie », Benjamin Dumont et Alice Nysten

La lutte intégrée - ou IPM (Integrated Pest Managment) - consiste à mettre en œuvre, de manière raisonnée et complémentaire, différentes démarches pour combattre les nuisibles dans les cultures, afin de maintenir ou réduire les dégâts qu’ils engendrent sous un seuil acceptable. Elle permet de réduire l’utilisation des pesticides et de diminuer leurs risques et leurs effets possibles sur la santé et l'environnement.

Les étapes de la lutte intégrée :

  • la prévention : la culture doit être mise en place et se développer dans les conditions qui réduisent au maximum le risque d’attaque par les nuisibles.
  • surveiller sa parcelle pour vérifier s'il est nécessaire d'intervenir.
  • S’il est indispensable d’intervenir on vérifie d’abord si on peut lutter de façon efficace et rentable avec des moyens mécaniques, des organismes utiles, …
  • Si on doit traiter avec des pesticides, on le fait dans de bonnes conditions, au meilleur moment et avec les produits les plus respectueux possibles de l'environnement et les moins nocifs pour l'homme.

Depuis le 1er janvier 2014, l’Union européenne impose à chaque utilisateur professionnel de pesticides de pratiquer la lutte intégrée.

Deux cahiers des charges regroupant des mesures concrètes sont disponibles. Le second concerne uniquement les cultures ornementales.

L’utilisateur qui le souhaite peut recevoir, un certificat qui atteste de sa bonne pratique de la lutte intégrée. Ce certificat est valable 3 ans et s’obtient après inscription auprès d’un organisme de contrôle indépendant. Le contrôle peut être fait simultanément à celui de l’autocontrôle "guide sectoriel production primaire" (G-040, modules A, B ou D). Il est également déjà inclus dans le contrôle du standard Végaplan (voir liens ci-dessous)

Toutes ces informations sont disponibles en suivant le site ci-dessous. De plus, le cahier des charges de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures : exigences pour les cultures autres que les ornementales est également disponible avec le second lien.

Informations du SPW Agriculture Ressources naturelles et Environnement Direction de la qualité et du BEA


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