CADCO - Actualité - céréales du 22 mai 2018 (C11)

Envoyé le 21/05/2018

Vous trouverez les listes des produits autorisés en céréales réalisées à partir des données du Phytoweb, récemment remis à jour : Cliquez ici

Coordonnateur CePiCOP et CADCO : X. Bertel (081/62.56.85), visitez notre site : www.cadcoasbl.be

Observations du vendredi 18 mai 2018

Réseaux : 20 parcelles réparties dans les localités suivantes : Hainaut (Ath, Melles), Liège (Eben-Emael, Fexhe-slins, Les-Waleffes, Pailhe), Brabant Wallon (Jandrain) et Namur (Anthée, Assesse, Biesmerée, Ciney, Clermont, Foy notre Dame, Franc-Waret, Gembloux, Hanret, Meux, Rhisnes, Saint-Gérard, Stave)

Pucerons et criocères

Les populations de ces deux insectes sont faibles et ne nécessitent aucune intervention : de 0 à 8 pucerons par 100 talles et de 0 à 48 larves de criocères pour 100 talles.

Cécidomyie orange : Jusqu’à présent, les émergences de cécidomyie orange, répondant aux petites pluies éparses d’avril, ont été très limitées. En revanche, les fortes pluies des deux derniers jours d’avril ont vraisemblablement induit la nymphose d’une forte proportion de la population de cécidomyie orange, et une grosse vague d’émergence est attendue d’ici dans les tout prochains jours.

Emergences massives + début d’épiaison = scénario à risque

La météo prévoit une semaine douce et plutôt humide ; le vent devrait être faible. Ces conditions conviennent à l’activité de la cécidomyie orange. Tous les éléments du risque semblent donc réunis pour que le froment soit soumis à des attaques importantes de ce ravageur dans les prochains jours.

Dans ces conditions, il est vivement recommandé de se tenir prêt à effectuer un traitement insecticide aussitôt que des vols significatifs auront été observés. Selon les régions, leur déclenchement peut varier de deux à trois jours.

L’observation de la cécidomyie est impossible en pleine journée. Il faut aller au crépuscule, passer une baguette tenue horizontalement à hauteur des épis. Cette opération dérange les femelles occupées à pondre, et on peut en estimer le nombre. Si plus d’une vingtaine d’insectes s’envolent / m², un traitement insecticide est recommandé.

Voir ici la liste des variétés résistantes

Coordination  scientifique : Groupe « ravageurs », S. Chavalle et M. De Proft

Résumé

Cette semaine, la septoriose a très peu progressé dans les parcelles qui ont presque toutes dépassé le stade dernière feuille étalée. La rouille jaune et la rouille brune sont à surveiller, particulièrement sur les variétés réputées sensibles.

Pression en maladies

La septoriose est peu observée cette semaine. Lorsqu’elle est présente, elle touche moins de 20% des F3 définitives (12 parcelles concernées) à 2 exceptions près : à Les Waleffes où elle touche 5% des F2 définitives (Graham) et Ath où 30% des F3 définitives (Reflection) présentent des symptômes. Dans les autres situations, elle est observée uniquement dans le bas des plantes

Les conditions climatiques de cette semaine n’ont pas été favorables au développement de la septoriose et aucune pluie contaminatrice n’a été observée dans le réseau. Le modèle de prévision épidémiologique PROCULTURE prévoit l’expression des symptômes dus aux infections latentes début juin. Dans tous les cas, moins de 5% de la surface foliaire est concernée.

La fusariose du feuillage est signalée sur la variété Edgar dans le Brabant Wallon et la province de Liège. Les symptômes de cette maladie ressemblent à ceux de la septoriose à la différence qu’aucune pycnide (point noir au centre des taches) ne se forme. Maladie à surveiller car les feuilles peuvent être une source d’inoculum pour la fusariose de l’épi. Sur les feuilles, les symptômes sont plutôt causés par des champignons du genre Microdochium qui ne produisent pas de mycotoxine lorsqu’ils infectent les épis, au contraire des Fusarium spp

L’oïdium est parfois observé dans les parcelles du réseau. Il est présent à faible fréquence à Ath, Eben-Emael et Mortroux. À Ciney (Anapolis), Assesse (Reflection) et Franc-Waret (Reflection), par contre, l’ensemble des plantes observées sont colonisées par l’oïdium.

La rouille jaune est observée dans 16 de nos 31 parcelles d’observation. La pression occasionnée par cette maladie dépend fortement de la variété. Elle est présente sur les dernières ou avant dernières feuilles définitives de toutes nos parcelles emblavées par la variété sensible Reflection. Ailleurs, les variétés plus tolérantes portent des pustules sur les feuilles plus basses et à des fréquences relativement faibles. À Eben Emael, 75% des avant dernières feuilles définitives de la variété résistante Anapolis sont touchées. C’est la seule situation où une variété réputée très tolérante est fortement infectée par la rouille jaune.

La rouille brune est présente dans 9 parcelles d’observation. Dans 6 parcelles, elle touche moins de 20% des F2 ou F3 définitives. À Les Waleffes, elle touche 45% des F2 de la variété Graham et 35% des F3 de la variété Edgar. Enfin à Assesse, la rouille brune touche 60% des F2 de la variété Reflection pourtant réputée tolérante.

 

Recommandations

Pour les parcelles au stade 39 qui n’ont pas encore été traitées, un traitement doit être envisagé si la présence d’une maladie foliaire est détectée sur une des 3 dernières feuilles, peu importe la variété. Si la pression en maladie reste faible au sein de la parcelle, le traitement peut être postposé, avec vigilance.

Pour les parcelles au stade 51-59 (épiaison), un traitement doit également être envisagé si la parcelle n’a pas encore été traitée et si la présence d’une maladie foliaire est détectée sur une des 3 dernières feuilles, peu importe la variété. Si la pression en maladie reste faible au sein de la parcelle, le traitement peut encore être postposé, avec vigilance.

Pour les parcelles qui ont été traitées au stade 32, la protection apportée par ce traitement se dissipe au bout de 3 à 4 semaines et un traitement relais devrait être envisagé pour protéger les derniers étages foliaires.

Le traitement réalisé une fois le stade 39 atteint (au stade 39 ou après selon les trois possibilités détaillées ci-dessus) doit être complet et assurer une bonne protection contre la septoriose (mélange de triazoles ou triazole associée au carboxamide), la rouille brune (strobilurine si variété sensible) et la fusariose de l’épi (prothioconazole, tebuconazole et metconazole). Le premier cité est efficace contre Fusarium spp. et Microdochium spp., les deux suivants sont efficaces contre Fusarium spp. Le risque de fusariose de l’épi est fortement lié aux prévisions de fortes pluies lors de l’épiaison et de la floraison, ce qui n’est pas annoncé cette semaine. Enfin, si un traitement au stade 39 a déjà été réalisé, la protection des feuilles est encore bien présente et il n’est donc pas nécessaire de traiter à nouveau.

Coordination scientifique : Groupe « maladies », A. Legrève, M. Delitte

La résistance des vulpins aux herbicides est un phénomène largement répandu en Europe, notamment en France et au Royaume-Uni et cela n'est pas sans poser certains problèmes. Les agriculteurs anglais, par exemple, sont parfois contraints à mettre en œuvre des programmes herbicides à 3 passages incluant en moyenne 6 substances actives différentes.

Actuellement, le phénomène en Belgique semble être en expansion et certaines zones géographiques comme les Polders, le Tournaisis et la région de Fosses-la-Ville sont particulièrement touchées. Il n'est pas rare de retrouver un peu partout dans nos campagnes des taches de vulpins dépassant des céréales. Cela est-il dû à traitement mal positionné, à des conditions climatiques non optimales au moment du traitement, à un mauvais recouvrement, ou bien à la présence de vulpins résistants ?

Cette année, l’Unité Protection des Plantes et Ecotoxicologie du CRA-W effectue une enquête afin d'évaluer la proportion de vulpins résistants en Wallonie et de déterminer les pratiques permettant un meilleur contrôle de ces résistances. Dans le cadre de cette enquête, le CRA-W vous propose de tester gratuitement la résistance des vulpins présents dans vos terres. Il vous est simplement demandé de récolter les semences de vulpin à maturité (fin juin – début juillet) ainsi que de nous communiquer quelques informations culturales sur la parcelle. Les vulpins prélevés seront testés en serres durant l’hiver et les résultats vous seront communiqués. Ce type de renseignement peut vous aider à mieux appréhender votre désherbage des céréales et la lutte contre le vulpin en particulier.

Intéressé ? Merci de prendre contact avec Pierre Hellin via l’adresse p.hellin@cra.wallonie.be ou via le numéro de téléphone 081.62.52.62 pour recevoir plus de détail sur la procédure.

Chercheur au CRA-W : P. Hellin, p.hellin@cra.wallonie.be


Réalisé grâce au concours et au soutien : du SPW-Direction de la Recherche et du Développement, du BWAQ asbl, du CARAH asbl, du CRA-W, du CORDER asbl, de la Province de Liège – Agriculture, de ULg-GxABT, de l'OPA qualité Ciney asbl, de Réquasud asbl.