Cécidomyie orange : ravageur de l’année

Des vols extrêmement abondants de cécidomyie orange ont été observés au cours de la semaine écoulée. Malgré l’appel à la vigilance émis le 22/04, les observations faites en soirée, et même tôt le matin, étaient telles que nous avons jugé utile d’envoyer un avis « spécial cécidomyie orange » le 25/04, conseillant de traiter immédiatement tout froment ayant atteint le début de l’épiaison, y compris les variétés résistantes.

Pourquoi un avis à ce point inquiétant ?

Parce que tous les éléments étaient réunis pour conduire à de très gros dégâts : forte population de cécidomyies, coïncidence parfaite des vols avec la phase sensible de la plupart des blés, conditions météo idéales pour les vols et les pontes. Dans pareilles conditions, on peut perdre plus de 10 % de rendement en une seule nuit.

Pourquoi avoir recommandé le traitement, même des variétés résistantes ?

Parce que ces variétés sont attaquées autant que les sensibles et que, même si les jeunes larves meurent très peu de temps après avoir commencé à s’alimenter, ces attaques avortées coûtent à la plante. Des essais ont montré qu’en cas de forte pression, les pertes de rendement provoquées sur variétés résistantes pouvaient être très sérieuses (jusqu’à 8-10%).

Les traitements effectués couvriront-ils toute la période d’attaque ?

Oui. Un traitement appliqué à l’éclatement des gaines (= début de la phase sensible du blé) protègera des attaques jusqu’à la fin de la floraison (fin de la phase sensible du blé).

Les champs les plus tardifs, arrivant seulement à l’éclatement des gaines peuvent-ils encore subir des attaques dommageables ? Cette question revient à demander si la cécidomyie est encore présente en grande abondance, ou si de nouvelles émergences sont encore attendues.

Vraisemblablement pas. Toutefois, les conditions météorologiques sont tellement favorables à l’insecte ces derniers jours qu’il pourrait bien demeurer présent et nuisible plus longtemps qu’à l’accoutumée. Les blés tardifs méritent donc d’être observés au crépuscule. Si en effleurant les épis à l’aide d’une baguette tenue horizontalement, on provoque l’envol de plus de 20 cécidomyies, un traitement insecticide est recommandé.

Peut-on mesurer l’attaque subie par un blé, et donc la « production » de cécidomyies retournant au sol ?

Oui, c’est possible et même assez facile, par extraction des larves présentes dans les épis. D’ici trois à quatre semaines, cette opération sera réalisable. Des indications précises quant à la technique à utiliser seront données dans un prochain avertissement.

Pucerons et criocères

En froment et épeautre : les populations de pucerons sont faibles partout dans le réseau, de 0 à 26 pucerons/100 talles. Pour les criocères (lema), les niveaux sont de 0 à 29 larves de criocères/ 100 talles.

Bien que plus abondants qu’à l’habitude, les criocères ne justifient pas d’intervention. A noter que le traitement appliqué contre la cécidomyie a évidemment un effet sur les autres ravageurs. 

Nos observations continuent. Le prochain avertissement sera celui du 05 juin.

Coordination  scientifique : Groupe « ravageurs », S. Chavalle, G. Jacquemin et M. De Proft

Retour