Après une semaine marquée par les premières tempêtes automnales avec des pluies importantes et un vent fort, la météo actuelle est caractérisée par une couverture nuageuse plus abondante entrecoupée d'éclaircies plus ensoleillées, et des températures de saison avec des nuits fraîches.
Le contraste entre champs de colza d'hiver est bien visible. D'une part, les plus développés couvrent bien le sol ; d'autre part, les moins développés sont loin de couvrir le sol ou rendent les zones hétérogènes. L'intense sécheresse du sol, la forte pression des grosses altises ainsi que le retour trop tardif de pluies expliquent ce retard de développement.
Les stades actuels du colza d'hiver des champs suivis dans le réseau d'observation, sont situés en majorité entre 7 et 10 feuilles (BBCH17-20). Des levées tardives sont aussi observées.
Le relevé des pièges ce lundi indique toujours une présence de grosses altises, en faible nombre. Aucune altise dans 7 bassins, de 1 à 9 adultes dans 6 bassins, et 15 grosses altises dans 3 bassins.
Aucune altise adulte n'a été observée sur les feuilles de colza d'hiver. Les premières larves d'altises ont été repérées dans quelques pétioles des feuilles les plus âgées, ce qui indique que la ponte des altises adultes a démarré. Aucun moyen de lutte n'est autorisé en Belgique sur les larves d'altises en colza d'hiver.
Pétiole d’une feuille âgée de colza d’hiver, avec trous d’entrée des larves d’altise
Photo CC 26/10/2026Galerie avec larve d’altise présente
Photo CC 26/10/2026
Dans les champs les moins développés, les petites plantes de colza d'hiver présentent encore des morsures d'altises adultes. Une intervention insecticide peut être justifiée.
Les conditions météo récentes ont été peu propices au vol de pucerons. Ceux qui sont présents à l'arrière des feuilles de colza d'hiver sont en majorité parasités.
Cet avis sera le dernier de cette saison d'observations des insectes ravageurs en colza d'hiver.
Si des difficultés persistent en colza d'hiver, le CePiCOP reste disponible pour répondre aux différentes questions.
Christine Cartrysse, Centre Pilote CePiCOP
.
Etat des cultures :
La majorité des parcelles d'escourgeon se situe actuellement au stade 2 à 3 feuilles (BBCH 12-13). Les semis les plus précoces présentent un développement plus avancé et atteignent désormais le stade début tallage (BBCH 21).
Concernant les froments semés en octobre, une grande partie d'entre eux n'ont pas encore levé. Seuls les semis les plus précoces ont commencé à émerger.
Les observations au champ :
Les observations réalisées ce lundi 26 octobre mettent en évidence une forte diminution de la pression des pucerons par rapport à la semaine dernière. En effet, parmi les parcelles suivies, seule celle de Mortroux dépassait le seuil d'intervention, fixé, pour rappel, à 10 % des plantes porteuses d'au moins un puceron. Dans plusieurs localités, notamment à Ath, Béclers, Pecq, Sombreffe, Gembloux et Walhain, aucun puceron n'a été observé lors des comptages. Du côté de Mettet, Clermont, Thy-le-Château et Anthée, quelques pucerons étaient encore présents, mais les niveaux d'infestation restaient largement inférieurs au seuil d'intervention de 10 %.
La pression des pucerons est donc globalement faible sur l'ensemble du réseau d'observation.
Quelles recommandations pour vos parcelles ?
Vérifier la sensibilité de la variété à la JNO
La sensibilité de la variété implantée constitue un critère déterminant dans la stratégie de lutte contre les pucerons vecteurs de la JNO.
Variétés d'orge sensibles à la JNO : ces variétés nécessitent une surveillance régulière dès la levée. Une intervention insecticide peut être envisagée lorsque 10 % ou plus des plantes sont porteuses d'au moins un puceron.
Variétés d'orge tolérantes à la JNO : le virus peut être présent dans la plante, mais ses conséquences sur le développement de la culture et sur le rendement restent généralement limitées. Même si une forte pression virale peut occasionner certains symptômes,l'application d'un insecticide n'est pas recommandée, sauf en situation de très forte pression.
Variétés d'orge résistantes à la JNO : la résistance empêche l'installation ou la multiplication du virus ciblé dans la plante. Aucun traitement insecticide visant spécifiquement les pucerons vecteurs de la JNO n'est nécessaire.
Variétés de froment : aucune des variétés actuellement commercialisées ne présente de tolérance ou de résistance reconnue à la JNO. Les mêmes recommandations que pour les variétés d'orge sensibles s'appliquent donc. Une intervention insecticide peut être envisagée lorsque 10 % ou plus des plantes sont porteuses d'au moins un puceron.
Attention : cette liste n'est pas exhaustive. D'autres variétés commercialisées peuvent également présenter une tolérance ou une résistance à la JNO. En cas de doute, il est recommandé de vérifier les caractéristiques de la variété auprès de son fournisseur.
Évaluer la pression des pucerons dans sa parcelle
La forte hétérogénéité observée entre les parcelles souligne l'importance de réaliser ses propres observations au champ, plutôt que de se baser uniquement sur la situation régionale.
Pour cela, il convient d'examiner 100 plantes à différents endroits de la parcelle et de déterminer le pourcentage de plantes porteuses d'au moins un puceron.
Dans les parcelles implantées avec une variété sensible à la JNO ainsi que dans les parcelles de froment :
Moins de 10 % de plantes porteuses : aucun traitement insecticide n'est recommandé à ce stade. Il convient toutefois de poursuivre une surveillance régulière de la parcelle.
10 % de plantes porteuses ou plus : une intervention insecticide peut être envisagée, en tenant compte des conditions locales et de l'évolution de la pression en pucerons.
Une intervention rarement justifiée cette semaine
Au vu de la faible pression des pucerons observée cette semaine, aucun traitement insecticide n'est recommandé à ce stade dans la majorité des parcelles.
Une intervention peut toutefois être envisagée dans les parcelles d'escourgeon emblavées avec une variété sensible à la jaunisse nanisante de l'orge (JNO), lorsque le seuil d'intervention de 10 % de plantes porteuses d'au moins un puceronest atteint ou dépassé.
Groupe « ravageurs d'automne », G. Wain
Réalisé grâce au concours et au soutien de nos partenaires