CePiCOP - 03.11.2026 - Semer de l'orge de printemps - Pucerons JNO: faible pression

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Le semis d'orge de printemps à l'automne est une pratique qui suscite un intérêt croissant en Wallonie.  Favorisée par des hivers globalement plus doux dans un contexte de changement climatique, cette technique peut offrir des avantages agronomiques et économiques intéressants.  Elle n'est toutefois pas sans risques et nécessite une attention particulière au choix de la date de semis ainsi qu'à la gestion sanitaire de la culture.

Le principal avantage du semis d'orge de printemps à l'automne est l'augmentation de son potentiel de rendement par rapport à celui d'un semis classique au printemps.  Grâce à une implantation plus précoce, la culture bénéficie d'un cycle de développement plus long et peut mieux valoriser les ressources disponibles avant l'arrivée des conditions estivales.  Elle est notamment moins exposée aux stress hydriques et thermiques qui peuvent survenir en fin de cycle.

Cette pratique peut également présenter des avantages en termes de qualité.  Les résultats observés montrent généralement un meilleur calibrage des grains et des teneurs en protéines favorables au respect des exigences de la filière brassicole. 

Si les avantages du semis automnal sont réels, cette pratique s'accompagne également d'une augmentation importante de la pression des maladies, en particulier de la rhynchosporiose.

En raison de la durée plus longue du cycle cultural et des conditions climatiques favorables au développement de cette maladie, les premières infections peuvent apparaître très précocement.  La pression de la maladie peut ensuite devenir particulièrement élevée dès la reprise de végétation.  La nuisibilité de la rhynchosporiose est nettement supérieure à celle observée en semis de printemps.

Une période de semis à bien maîtriser

La période de semis généralement préconisée se situe durant la première quinzaine de novembre.  Le choix de la date constitue un élément déterminant pour la réussite de la culture.

Un semis trop précoce favorise un développement végétatif important avant l'hiver et augmente le risque de dégâts liés au gel lors de la montaison (BBCH 30).  À l'inverse, un semis trop tardif expose la culture à des conditions d'implantation souvent moins favorables, susceptibles de pénaliser la levée et le potentiel de rendement.  Le risque de dégâts de gel lors de la germination doit également être pris en considération.

Les densités recommandées par Arvalis sont les suivantes :

  • 300 à 350 grains/m² en sols favorables et lorsque les conditions de préparation et de semis sont bonnes ;
  • Jusqu'à 380 grains/m² en sols argilo-calcaires caillouteux ou lorsque les conditions de préparation du sol sont moins favorables.
  • Si les semis sont effectués après le 10 novembre, basculer à 380 grains/m² dans les bonnes terres et 400 grains/m² dans les sols caillouteux.

L'objectif est d'assurer une implantation homogène et un peuplement suffisamment dense à la sortie de l'hiver, sans favoriser un développement végétatif excessif.

Si vous envisagez de produire de l'orge brassicole, il est essentiel de conclure un contrat avec votre négociant avant le semis.  Ce contrat permet de sécuriser le débouché commercial de votre récolte et de s'assurer que la variété cultivée répond aux exigences de la filière brassicole.

Sans accord préalable, même une orge présentant des critères de qualité brassicole satisfaisants pourrait ne pas être valorisée dans cette filière et être déclassée en orge fourragère, avec des conséquences économiques potentiellement importantes.

G. Wain

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Etat des cultures

Les escourgeons semés en septembre atteignent désormais le stade début tallage (BBCH 21), tandis que ceux semés en octobre sont au stade 3 feuilles (BBCH 13).

Les premiers froments, semés à la mi-octobre, ont commencé à lever.

Les observations au champ :

Les observations réalisées ces derniers jours mettent en évidence une faible pression des pucerons, comme la semaine dernière.  Cette situation s'explique principalement par les basses températures enregistrées ces derniers jours, limitant l'activité des pucerons.

Parmi les parcelles suivies, seule celle située à Mettet dépasse le seuil d'intervention, fixé à 10 % de plantes porteuses d'au moins un puceron.  Dans les autres localités du réseau (Gembloux, Ath, Béclers, Clermont, Sombreffe, Anthée, Foy, Les Isnes, Thy-le-Bauduin et Pecq), aucun puceron n'a été détecté ou les populations observées restent inférieures au seuil d'intervention.

Comme la semaine dernière, la pression des pucerons demeure donc globalement faible sur l'ensemble du réseau d'observation.

Pucerons ailé sur escourgeon

Quelles recommandations pour vos parcelles ?

  1. Vérifier la sensibilité de la variété à la JNO

La sensibilité de la variété implantée constitue un critère déterminant dans la stratégie de lutte contre les pucerons vecteurs de la JNO.

  • Variétés d'orge sensibles à la JNO : ces variétés nécessitent une surveillance régulière dès la levée.  Une intervention insecticide peut être envisagée lorsque 10 % ou plus des plantes sont porteuses d'au moins un puceron.
  • Variétés d'orge tolérantes à la JNO : le virus peut être présent dans la plante, mais ses conséquences sur le développement de la culture et sur le rendement restent généralement limitées.  Même si une forte pression virale peut occasionner certains symptômes, l'application d'un insecticide n'est pas recommandée, sauf en situation de très forte pression.
  • Variétés d'orge résistantes à la JNO : la résistance empêche l'installation ou la multiplication du virus ciblé dans la plante.  Aucun traitement insecticide visant spécifiquement les pucerons vecteurs de la JNO n'est nécessaire.
  • Variétés de froment : aucune des variétés actuellement commercialisées ne présente de tolérance ou de résistance reconnue à la JNO.  Les mêmes recommandations que pour les variétés d'orge sensibles s'appliquent donc.  Une intervention insecticide peut être envisagée lorsque 10 % ou plus des plantes sont porteuses d'au moins un puceron.

La liste des variétés d'escourgeon tolérantes ou résistantes à la JNO est disponible dans le Livre Blanc Céréales de septembre 2026 - Escourgeon.

Attention : cette liste n'est pas exhaustive.  D'autres variétés commercialisées peuvent également présenter une tolérance ou une résistance à la JNO.  En cas de doute, il est recommandé de vérifier les caractéristiques de la variété auprès de son fournisseur.

  1. Évaluer la pression des pucerons dans sa parcelle

La forte hétérogénéité observée entre les parcelles souligne l'importance de réaliser ses propres observations au champ, plutôt que de se baser uniquement sur la situation régionale.

Pour cela, il convient d'examiner 100 plantes à différents endroits de la parcelle et de déterminer le pourcentage de plantes porteuses d'au moins un puceron.

Dans les parcelles implantées avec une variété sensible à la JNO ainsi que dans les parcelles de froment:

  • Moins de 10 % de plantes porteuses : aucun traitement insecticide n'est recommandé à ce stade.  Il convient toutefois de poursuivre une surveillance régulière de la parcelle.
  • 10 % de plantes porteuses ou plus : une intervention insecticide peut être envisagée, en tenant compte des conditions locales et de l'évolution de la pression en pucerons.

Comme la semaine dernière, une intervention insecticide reste rarement justifiée.

Compte tenu de la faible pression des pucerons observée dans la majorité des parcelles, aucun traitement insecticide n'est recommandé dans les parcelles d'escourgeon emblavées avec une variété tolérante ou résistante à la jaunisse nanisante de l'orge (JNO).

Pour les variétés sensibles, une intervention insecticide peut toutefois être envisagée lorsque le seuil d'intervention de 10 % de plantes porteuses d'au moins un puceron est atteint ou dépassé, à condition que la culture n'ait pas encore atteint le stade début tallage (BBCH 21).

Pour les froments ayant commencé à lever, les variétés étant sensibles à la jaunisse nanisante de l'orge (JNO), une intervention insecticide peut également être envisagée lorsque le seuil d'intervention de 10 % de plantes porteuses d'au moins un puceron est atteint ou dépassé.

Groupe « ravageurs d'automne », G. Wain


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