Stade phénologique et fertilisation azotée

En ce début mars, les stades de développement des cultures des céréales sont normaux et dépendent bien sûr des dates de semis : les escourgeons semés fin septembre début octobre sont au stade fin tallage, les froments et épeautres de mi-octobre au stade plein tallage, les semis de mi-novembre sont au stade début tallage et les semis tardifs de mi-décembre au stade 2 feuilles. Compte tenu des bonnes conditions automnales et l’absence jusqu’à présent de conditions hivernales stressantes, la plupart des emblavements sont réguliers et en bon état.

Les reliquats d’azote réalisés dans 179 profils de sol indiquent en moyenne en froment une richesse élevée égale à quasi le double de la normale (85kgN/ha  sur 90cm de profondeur). Cependant la variabilité est aussi exceptionnelle, allant du simple au quadruple. Ceci est dû à la variabilité importante des rendements des principales cultures semées au printemps et aux différences de potentiel de minéralisation en fin d’été et durant l’automne  en fonction des niveaux de restitution  en matière organique  entre parcelles et ou exploitations.

Les fumures de références des différentes céréales ont été réduites de 10 unités au deux dernières fractions pour tenir compte que les profils sont surtout plus riches en profondeur (60-90cm).

Pour le froment, la fumure de référence en 3 fractions est  60-50-65  et en deux fractions  90-85

Pour l’escourgeon, la fumure de référence pour les variétés lignées 45-55-60 et pour les variétés hybrides 25-75-75. Pour l’épeautre, elle est en région limoneuse de 75-60-0 et en Ardenne de 75-30-0.

En raison de la grande variabilité des disponibilités en azote du sol, il faudra tenir des correctifs liés aux précédents culturaux très riches (légumineuses et pomme de terre), mais aussi des rendements trop faibles du précédent cultural et de l’état de la culture juste avant l’application des différentes fractions. Dans beaucoup de cas, la culture risque d’être trop dense, d’avoir un feuillage vert  trop foncé ou de présenter en sous-étage des symptômes d’oïdium. Si c’est le cas, il faudra réduire de 10 à 20 N la dose de la fraction à apporter. Chaque parcelle aura son propre comportement à surveiller pour éviter les sur-fumures synonymes de risques accrus de maladies et de verse et aussi de gaspillages.

Vous trouverez dans le Livre Blanc et sur le site internet du Livre Blanc Céréales, des conseils plus détaillés.

Nous reviendrons aussi au stade redressement (en début avril) pour vous faire part de l’évolution de la situation et de nos recommandations en fonction du suivi effectué dans des parcelles de référence.

Coordination  scientifique : Groupe « phytotechnie », B. Bodson et R. Blanchard

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