Céréales
Le blé dur est une céréale destinée à l'alimentation humaine. Son grain vitreux est broyé pour être transformé en semoule, matière première essentielle à la fabrication des pâtes et du couscous. Ce processus de transformation exige un grain riche en protéines. Ainsi, une teneur en protéines comprise entre 13 et 14 % constitue un critère déterminant pour la valorisation commerciale de la récolte. Pour atteindre cet objectif qualitatif sans compromettre le rendement, la fertilisation azotée joue un rôle central. Elle doit être raisonnée et appliquée aux stades clés de la culture.
Depuis plusieurs années, le CRA-W mène des recherches afin de développer un itinéraire technique adapté à la culture du blé dur en Région wallonne. Dans ce cadre, plusieurs essais ont été implantés pour déterminer une fumure de référence pour cette céréale.
Les premiers résultats montrent que le blé dur cultivé en Région limoneuse peut être conduit avec une fertilisation comparable à celle du froment d'hiver, soit environ 180 kg N/ha. Toutefois, pour concilier rendement et qualité, une dose totale avoisinant 200 kg N/ha paraît optimale, tout en évitant de dépasser 220 kg N/ha.
La stratégie de fertilisation repose sur un fractionnement de la dose totale en trois, voire quatre apports :
- Premier apport : sortie d'hiver, en plein tallage (BBCH 23-28).
- Deuxième apport : au redressement (BBCH 30), pour répondre à l'augmentation des besoins liés à la mise en place de l'appareil photosynthétique.
- Troisième apport : au stade dernière feuille étalée (BBCH 39). Appliqué en fin de montaison, cet azote favorise le bon remplissage du grain et contribue à la qualité.
- Quatrième apport : à l'épiaison (BBCH 51), si nécessaire, pour sécuriser la teneur en protéines.
Pour plus de détails, vous pouvez consulter l'article publié dans le Livre Blanc Céréales de février 2026 : Optimiser la fertilisation azotée du blé dur : nouvelles perspectives sur le fractionnement et la dose totale. Le fractionnement proposé comme référence est le suivant : 70 kg N/ha en sortie d'hiver, 40 kg N/ha au redressement, 70 kg N/ha à la dernière feuille et 40 kg N/ha à l'épiaison (70-40-70-40). Les résultats montrent également qu'un apport plus élevé au stade dernière feuille peut suffire à sécuriser la teneur en protéines sans pénaliser le rendement, permettant ainsi de ne pas appliquer une quatrième fraction à l'épiaison.
Les parcelles de blé dur semées à la mi-octobre se trouvent actuellement en plein tallage (BBCH 23-28). L'état du peuplement en sortie d'hiver est satisfaisant malgré les épisodes de froid observés en décembre et janvier.
Bien qu'une certaine variabilité existe entre parcelles, les reliquats azotés semblent plutôt élevés cette année. Comme pour le froment d'hiver, le fractionnement de la fertilisation doit donc être ajusté en fonction du reliquat, du précédent cultural, du stade de développement et de l'état de la culture.
Si ce n'est pas encore fait, le premier apport d'azote peut être appliqué sans problème cette semaine, dès que le sol est portant.
Vous pouvez également contacter Rodrigo Meza du CRA-W à l'adresse suivante : wr.meza@cra.wallonie.be ou par téléphone au 0471/49.07.27.








