CePiCOP - 20.10.2026 - Pucerons : La pression ne diminue pas, surveillez vos parcelles d’escourgeon !
Céréales
La grande majorité des parcelles d'escourgeon est désormais levée. Les semis réalisés fin septembre ont atteint le stade 3 feuilles (BBCH 13), tandis que ceux effectués début octobre se situent entre les stades 1 et 2 feuilles (BBCH 11-12). Seuls les escourgeons semés la semaine dernière ne sont pas encore sortis de terre.
Les observations réalisées ce lundi 19 octobre révèlent une certaine pression en pucerons sur l'ensemble du territoire wallon ainsi qu'une forte hétérogénéité entre les parcelles d'escourgeon. Le pourcentage de plantes porteuses d'au moins un puceron varie de 2 % à plus de 25 % selon les situations. Par exemple, du coté des Isnes (Gembloux), la pression est de 25% alors qu'elle est de 15% du coté de Béclers (Tournai). Pour rappel, le seuil d'intervention recommandé est fixé à 10 % de plantes porteuses d'au moins un puceron.
Compte tenu de cette variabilité, il est essentiel d'évaluer la situation à l'échelle de chaque parcelle avant d'envisager une intervention. La décision dépend notamment des traitements déjà réalisés, de la sensibilité variétale à la JNO et du niveau d'infestation observé.
1. Parcelles ayant déjà reçu un traitement insecticide
Dans les parcelles ayant reçu un traitement insecticide au cours de la semaine précédente, les observations montrent que la pression en pucerons reste limitée. Il n'est donc pas encore recommandé de réaliser un second traitement insecticide à ce stade.
2. Parcelles n'ayant pas encore reçu de traitement insecticide
Pour les parcelles non traitées, deux éléments doivent être pris en compte avant toute décision : la sensibilité de la variété à la JNO et le pourcentage de plantes porteuses de pucerons.
Étape 1 - Vérifier la sensibilité de la variété à la JNO
La sensibilité de la variété implantée constitue un critère déterminant dans la stratégie de lutte contre les pucerons vecteurs de la JNO.
- Variétés sensibles à la JNO : ces variétés nécessitent une surveillance régulière dès la levée. Une intervention insecticide peut être envisagée lorsque 10 % ou plus des plantes sont porteuses d'au moins un puceron.
- Variétés tolérantes à la JNO : le virus peut être présent dans la plante, mais ses conséquences sur le développement de la culture et sur le rendement restent généralement limitées. Cette tolérance ne confère pas une résistance totale, mais elle permet souvent de faire l'impasse (faible infestation) voire de ne faire qu'une intervention au lieu de 2 en cas de fortes attaques. L'application d'un insecticide n'est pas recommandée, sauf en situation de très forte pression.
- Variétés résistantes à la JNO : la résistance empêche l'installation ou la multiplication du virus ciblé dans la plante. Aucun traitement insecticide visant spécifiquement les pucerons vecteurs de la JNO n'est nécessaire.
La liste des variétés tolérantes ou résistantes à la JNO est disponible dans le Livre Blanc Céréales de septembre 2026 - Escourgeon.
Attention : cette liste n'est pas exhaustive. D'autres variétés commercialisées peuvent également présenter une tolérance ou une résistance à la JNO. En cas de doute, il est recommandé de vérifier les caractéristiques de la variété auprès de son fournisseur.
Étape 2 - Évaluer la pression en pucerons dans sa parcelle
La forte hétérogénéité observée entre les parcelles souligne l'importance de réaliser ses propres observations au champ plutôt que de se baser uniquement sur la situation régionale.
Pour cela, il convient d'examiner 100 plantes à différents endroits de la parcelle et de déterminer le pourcentage de plantes porteuses d'au moins un puceron.
Dans les parcelles implantées avec une variété sensible à la JNO :
- Moins de 10 % de plantes porteuses : aucun traitement insecticide n'est recommandé à ce stade. Il convient toutefois de poursuivre une surveillance régulière de la parcelle.
- 10 % de plantes porteuses ou plus : une intervention insecticide peut être envisagée, en tenant compte des conditions locales et de l'évolution de la pression en pucerons.
Il est important de rappeler qu'un traitement insecticide réalisé tôt en saison ne garantit pas une protection contre les réinfestations au cours des semaines suivantes. La majorité des insecticides homologués sont des produits de contact et lessivables avec une persistance de 48 à 72 h et ne protègent que les organes sortis. De plus, les insecticides peuvent affecter les populations d'insectes auxiliaires, notamment les ennemis naturels des pucerons, et ainsi favoriser les réinfestations. Il est donc essentiel de ne pas intervenir systématiquement et de privilégier une décision basée sur les observations réalisées dans chaque parcelle.
Les listes des produits phytopharmaceutiques autorisés (herbicides, insecticides, etc.) sont consultables sur Phytoweb ainsi que sur le site du CePiCOP .
Groupe « ravageurs d'automne », G. Wain








