CePiCOP - 19.03.2024 - Premières observations en épeautre

Céréales
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Semis du 18 décembre en Condroz

Alors que les terres du pays ont déjà absorbé plus de 500 litres de pluie par m² depuis la mi-octobre, les épeautres tirent assez bien leur épingle du jeu. Bien mieux en tout cas que les orges qui n'apprécient pas de telles quantités d'eau. Les plantes sont en plein tallage et, en Hesbaye, les semis de la mi-octobre peuvent déjà compter plus de 10 talles. En Ardenne, les semis de la même époque sont à 4 ou 5 talles. Évidemment, comme pour toutes les autres céréales, on compte cette saison, un grand nombre de semis tardifs pour lesquels les plantes ne sont encore qu'à la moitié de leur tallage. Les températures très élevées (3 à 4 °C au-dessus des normales saisonnières) des mois de décembre et de février ont permis à ces semis de ne pas prendre trop de retard sur le calendrier. Les semis d'octobre sont, eux, bien en avance.

Densité

Les pluies tombées après les semis ont rapidement refermé les terres provoquant des pertes de plantes proportionnelles aux quantités d'eau et à la finesse de la texture. Les températures élevées de décembre ont cependant permis aux plantes de s'ancrer au sol. La répartition homogène de ces dernières nous laisse espérer une bonne compensation de la faible densité par un nombre élevé de talles qui bénéficieront de plus de ressources (lumière et fertilisation) pour bien se développer.

Semis du 18 décembre en Condroz : malgré le glaçage des terres et la perte de plantes, les épeautres en place vont rapidement occuper l’espace grâce à la capacité de tallage de la culture.

Fertilisation

Dans la plupart des situations, les premières fractions azotées ont été appliquées il y a une dizaine de jours au cours d'une des rares périodes (5-9 mars) où nous avons bénéficié de 4 jours de répit. Sur les 5 derniers mois, seuls 32 jours sans pluie ont été répertoriés, soit 1 jour sec pour 4 jours de pluie ! Comme présenté dans la presse agricole du 7 mars, une fertilisation en deux fractions semble bien convenir à la culture. Cette constatation est confirmée par les résultats de l'essai réalisé l'an dernier en Condroz (Collaboration CePiCOP - CRA-W) dans lequel la modalité la plus intéressante économiquement s'est avérée être le programme 80 suivi de 60 unités d'azote appliquées aux stades tallage et redressement. À l'inverse, un schéma 60-80 uN a permis d'optimiser les qualités technologiques des variétés panifiables telles que Sérénité. Des études sont poursuivies cette saison pour vérifier ces observations. Pour ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion de réaliser la première fraction, nous conseillons d'ajouter du souffre car le lessivage abondant subi cet hiver et les apports importants d'azote sont deux facteurs accentuant le risque de carence en cet élément.

Désherbage

Les conditions météorologiques n'ont offert pour l'instant que de courtes fenêtres pour l'application des herbicides. Rares sont les terres qui ont pu être désherbées à l'automne. Les adventices sont, quant à elles, bien développées à l'exception des terres semées très tardivement. Les prochains jours sont annoncés secs et le conseil est simple : mercredi et jeudi seront de réelles opportunités pour désherber vos céréales. Attention au vent qui pourrait se lever jeudi après-midi. Pour des informations en temps réel sur les conditions de pulvérisation, je vous invite à consulter le nouvel OAD mis gratuitement à votre disposition sur Agromet.be. Il se nomme SprayVision et vous renseignera sur les conditions de pulvérisation. Attention, il ne prend pas en compte l'état des sols et la portance de ceux-ci.

Maladies et ravageurs

La rareté des symptômes de maladies et la faiblesse des populations de pucerons sont rassurantes. La vague de froid de la mi-janvier a, semble-t-il, eu un effet bénéfique tant sur les pathogènes que sur les populations d'aphidés déjà affaiblies par les pluies incessantes de l'automne. Un ravageur cependant apprécie particulièrement ces conditions d'humidité constante. Il s'agit des limaces. Quelques cas de fortes infestations sont rapportés et il n'est jamais perdu de jeter un coup d'œil à ses cultures.

L’humidité des derniers mois a favorisé la multiplication des limaces. Elles sont le ravageur à surveiller en ce moment.

Toutes vos questions ou réflexions concernant l'épeautre et sa culture sont les bienvenues à l'adresse suivante : g.jacquemin@cra.wallonie.be ou par téléphone au 0474/96.12.89.

Groupe « Epeautre », Guillaume Jacquemin


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