CePiCOP - 28.04.2026 - Colza: belle floraison - Escourgeon: épiaison - Froment: suivi maladies - Blé dur: vigilance sanitaire - Epeautre: Régression des talles

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Colza d'hiver

Stade : Pleine floraison avec un ensoleillement généreux et un temps sec.

Insectes ravageurs : Faible présence de méligèthes et diminution de celle des charançons des siliques.

Insectes pollinisateurs : Météo très favorable à leur activité.

Escourgeon

Stade : La majorité des parcelles a atteint le stade des premières barbes (BBCH 49) et on voit apparaitre les premiers épis dans les champs les plus avancés.

Maladies : Si votre parcelle est au stade BBCH 39 et que ce n'est pas encore fait, un traitement peut être appliqué afin d'assurer leur protection jusqu'à la fin de la saison.

Froment

Stades : Les parcelles se situent majoritairement au stade du deuxième nœud (BBCH 32) et dans les parcelles les plus avancées ; on se situe au stade de la dernière feuille étalée (BBCH 39).

Maladies : La septoriose ainsi que les rouilles (jaune et brune) sont toujours observées.  Les conditions sèches du mois d'avril n'ont pas favorisé la progression de la septoriose.  Il est recommandé de surveiller vos parcelles et d'intervenir uniquement en cas de besoin (la rouille brune évolue).  En l'absence de pression significative, il est préférable d'attendre le stade dernière feuille étalée (BBCH 39) avant toute intervention.  Après un traitement, respecter un délai minimal de 3 semaines avant une nouvelle intervention, idéalement au stade épiaison (BBCH 55).

Blé dur

Stade : les parcelles semées au mois d'octobre se situent majoritairement au stade deuxième nœud (BBCH 32). Les variétés les plus précoces ont atteint le stade dernière feuille pointante (BBCH 37).

Régulateur : /

Fertilisation azotée : Anticiper la stratégie de fertilisation azotée. La troisième fraction peut être appliquée au stade dernière feuille pointante (BBCH 37) en cas d'apport sous forme liquide. Pour un apport sous forme solide, il est préférable d'attendre le stade dernière feuille étalée (BBCH 39).

Fongicide : Aucun traitement fongicide n'est préconisé à ce stade. Une vigilance est toutefois requise vis-à-vis de l'évolution de la rouille jaune, notamment dans certaines parcelles sensibles.

Epeautre

Stade de développement : Les épeautres semés en octobre sont pour la majeure partie à un stade deux nœuds (BBCH 32) bien avancé, les variétés les plus précoces ont atteint le stade dernière feuille pointante ou enroulée (BBCH 37-38).  Pour les semis plus tardifs, les plantes s'allongent et passent du stade premier au deuxième nœud (BBCH 31-32).

Fertilisation : l'effet attendu de la régression des talles surnuméraires est désormais bien établi ce qui nous permet enfin d'ajouter la deuxième fraction que nous avions jusqu'alors postposée.  C'est la stratégie pour laquelle nous avons optée cette saison face au développement bien trop fort de nos épeautres du 15 octobre semés sur une terre riche.  Dans la plupart des situations, la deuxième fraction a été appliquée depuis longtemps et la troisième pourra bientôt l'être.

Régulateur de croissance : Toujours dans le cas précité de l'épeautre du 15 octobre à grand développement, nous allons cette semaine procéder à l'application d'un deuxième régulateur.  Dans les autres situations, le régulateur unique, déjà appliqué, sera suffisant.  Se passer totalement de régulateur est un objectif louable mais qui, en épeautre principalement, doit se réfléchir et se prévoir sur l'ensemble de la culture.  Cela est possible pour des semis tardifs (novembre ou plus tard), semis direct ou semis à très faible densité (<120 kg/ha) soit des semis qui restent peu développés avant la fin de l'hiver.  Les variétés doivent être choisies pour leur tolérance et la fertilisation doit être très réduite avant le stade deux-nœud.  De notre côté, nous manquons encore d'essais et de saisons compliquées pour promouvoir ce choix sans vous faire prendre de risque.  Nous y travaillons pour l'avenir.

Maladies et ravageurs : Comme l'an dernier, le temps n'est pas favorable pour les maladies de printemps : l'absence de pluie bloque le développement de la septoriose.  La luminosité détruit les spores de rouille jaune.  Aucun traitement ne se justifie, au moins avant le stade dernière feuille étalée (stade 39).  La seule maladie susceptible encore d'impacter le rendement sera sans doute la rouille brune qu'il faudra surveiller dans les prochaines semaines.

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La culture de colza d'hiver bénéficie encore d'un soleil très généreux, de températures très douces en journée, supérieures aux normales de saison, et d'un temps sec.  Les nuits restent toutefois fraîches avec localement des gelées blanches.

La floraison du colza d'hiver profite de ces conditions très favorables à l'activité des abeilles et à la fécondation des fleurs qui évoluent bien en siliques.  La durée d'insolation avait été exceptionnelle en 2025 (contrairement à 2024, année très pluvieuse).  Elle le sera sans doute également en 2026.

Belle floraison du colza d’hiver et bonne fécondation (Photo CC 25/04/26)

La taille du colza d'hiver atteint actuellement dans plusieurs champs 2 mètres de hauteur et la culture est très prometteuse.

Les variétés les plus précoces se rapprochent de la fin floraison.  Les graines comment à s'apercevoir dans les premières siliques bosselées.  Les variétés plus tardives sont toujours en pleine floraison.

Les insectes ravageurs sont très peu présents dans les bassins jaunes devenus moins attractifs.  Sur les plantes, les relevés de ce lundi indiquent une très faible présence de méligèthes : aucun dans 5 champs, de 1 à 10 méligèthes pour 40 plantes dans 10 champs.  Le charançon des siliques et aussi moins présent : aucun dans 5 champs, de 1 à 16 charançons pour 40 plantes dans 10 champs, en dessous du seuil d'intervention.

Les premières larves de méligèthes ont été repérées dans les fleurs de colza d'hiver.  Elles pourront être parasitées par les micro-guêpes qui vont pondre leurs œufs à l'intérieur des larves de leur insecte-hôte, ce qui va aider à réduire les populations de méligèthes adultes au printemps 2027.

Présence de charançon de siliques, larve de méligèthe et micro-guêpe (Tersilochus) dans les fleurs de colza d’hiver (Photo CC 25/04/26)

Les prochaines journées de cette semaine resteront très douces, sèches et exceptionnellement ensoleillées pour un mois d'avril, avant le retour annoncé d'averses début mai.

Christine Cartrysse, Centre Pilote CePiCOP

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Les barbes apparaissent dans les champs et les premiers escourgeons sont actuellement en phase d'épiaison.  Toutes les interventions culturales prévues ont été réalisées ; il ne reste plus qu'à espérer un bon remplissage des épis !

La campagne de surveillance des maladies foliaires est donc désormais achevée.

Groupe « maladies » A. Nysten

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Les observations de ce lundi 27 avril montrent que les parcelles se situent entre le stade 2e nœud (BBCH 32) et le stade dernière feuille pointante (BBCH 37).  Les stades ont peu évolué depuis la semaine dernière.  Quelques parcelles, les plus avancées, atteignent le stade de la dernière feuille étalée (BBCH 39).

La septoriose est observée dans toutes les parcelles, avec des niveaux d'infection parfois élevés sur les vieilles feuilles (100% de feuilles touchées et jusqu'à 27% de surface touchée sur F-3 au stade BBCH 32).  Néanmoins, les conditions météo sèches du mois d'avril ont freiné sa progression vers les étages foliaires supérieurs (maximum 80% de feuilles touchées et 12% de surface touchée sur F-2 au stade BBCH 32).  Les prévisions annoncent quelques précipitations pour cette fin semaine mais très limitées.    

Rappels des principales maladies en froment :

La rouille jaune est visible dans certaines variétés uniquement.  Elle est observée sur Champion mais également sur Celebrity, SU Horizon, Debian, SY Revolution, KWS Sverre …  Depuis 2025, de nouvelles races de rouille jaune sont présentes et peuvent contourner certaines résistances variétales.  Il est donc recommandé de vérifier attentivement vos parcelles pour détecter d'éventuels foyers actifs.

Cette semaine, la rouille brune a évolué sur plusieurs variétés notamment sur Debian.  Elle est également visible sur SY Revolution, KWS Sverre, KWS Extase, Champion, LG Niklas, …  Les pustules sont observées sur plusieurs étages foliaires et il convient de la surveiller attentivement.

Recommandations :

À ce stade, en l'absence de symptômes significatifs, il est préférable de patienter jusqu'au stade de la dernière feuille étalée (BBCH 39) avant d'envisager un traitement fongicide.  En revanche, sur les parcelles où des pustules de rouille jaune et/ou brune sont confirmées, une intervention ciblée est conseillée

Si vous avez réalisé un traitement la semaine dernière, il n'est bien entendu plus nécessaire d'intervenir cette semaine et il faut attendre plusieurs semaines (3-4) avant toute nouvelle application.

Seuil indicatif de risque septoriose selon les Bulletins de Santé du Végétal (*):

Au stade « 2e nœud »:

Þ pour les variétés sensibles(**) (cote < 6.5): 20% des F-2 déployées du moment touchées,

Þ pour les variétés peu sensibles: 50% des F-2 déployées du moment touchées.

(*) https://www.arvalis.fr/sites/default/files/medias/pdf/2025-04/BSV_GC-n15_290425.pdf

(**)https://livre-blanc-cereales.be/wp-content/uploads/2025/10/VI.-Tableaux.pdf

Rouille brune :

Si un traitement est envisagé contre la septoriose et/ou la rouille jaune, celui-ci permettra de juguler également l'infection en rouille brune (si celle-ci est présente). 

Ce traitement T1 doit reposer sur une solution à base de triazole (prothioconazole, mefentrifluconazole, tebuconazole ou metconazole) et ou d'un QiI (fenpicoxamid).  Si par la suite, vous souhaitez protéger vos épis contre la fusariose, il est conseillé de garder les produits à base de prothioconazole pour plus tard et de se diriger vers d'autres produits, ne contenant pas cette substance active.  L'ajout d'une strobilurine est recommandé si une forte pression en rouilles est constatée.  Enfin, l'ajout d'un produit multi-sites, à base de folpet ou de soufre (liquide de préférence) est fortement recommandé.  Veillez à garder les produits à base de SDHI pour une application à la dernière feuille ou à l'épiaison afin de profiter pleinement de leur forte efficacité et longue rémanence.  Il est important de respecter les règles de gestion des résistances : alterner les matières actives et limiter à une seule application par saison les strobilurines, SDHI et QiI. 

N'hésitez pas à consulter l'outil FONGIBLE mis à votre disposition sur la plateforme Agromet afin de vous guider dans les décisions à prendre sur vos parcelles de froment : https://agromet.be/fr/oad/froment/fongible/v1/.

Pour certaines parcelles, l'outil mentionne actuellement un risque de septoriose et de rouille brune et il conseille un traitement au stade 2e nœud (BBCH 32) suivit d'un second au stade épiaison (BBCH 55).  Pour d'autres variétés et localités, aucun risque n'est prévu en BBCH32 et l'outil propose un passage unique en BBCH 39.

Groupe « maladies » A. Nysten

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Cette année face au danger de verse qui menaçait nos semis précoces d'épeautre, nous avons mis en œuvre tous les moyens à notre disposition pour tenter de réduire ce risque.  Nous avons d'abord réduit la première fraction à 40 unités d'azote.  Nous avons ensuite appliqué un 1L /ha de Cycocel.  Nous avons postposé la deuxième fraction que nous allons finalement appliquée cette semaine (stade BBCH32) avec un deuxième régulateur (Medax Top, 1L/ha).  Grâce à cela le nombre de talles qui approchait ou dépassait 2000 par m² et maintenant de 1000 talles par m² et devrait passer à 600 dans les prochaines semaines ce qui correspondra à une densité idéale d'épis.  Un essai comparant les dates d'application de cette deuxième fraction et son l'effet sur la régression des talles est en cours.  L'analyse des rendements que nous obtiendrons pour ces parcelles nous permettra de juger de la pertinence de cette stratégie.

Photo illustrant la régression des talles en épeautres. Les talles les plus jeunes et les plus fines jaunissent et meurent permettant aux plus développées de se renforcer. Le couvert en devient plus aéré et lumineux ce qui réduit les risques de maladies et surtout de verse.

 Je vous souhaite une agréable semaine,

Guillaume Jacquemin

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Les conditions météorologiques de ces derniers jours ont été favorables pour le blé dur qui continue sa croissance et son développement.  Les parcelles semées au mois d'octobre se situent majoritairement au stade deuxième nœud (BBCH 32).  Les variétés plus précoces, comme Anvergur ou Rocaillou, ont atteint le stade dernière feuille pointante (BBCH 37).

Variété Anvergur (semis d’octobre) : à gauche, détermination du stade phénologique en fonction des feuilles, stade dernière feuille pointante (BBCH 37) ; à droite, positionnement des feuilles par rapport à la végétation.

 Sur le plan sanitaire, la situation est globalement inchangée par rapport au dernier avis.  Le développement des maladies est resté limité, en raison de conditions météorologiques peu favorables à leur progression.  La septoriose est toujours observée, mais elle demeure cantonnée aux étages foliaires inférieurs.  Les prévisions météorologiques pour les prochains jours n'annonçant pas de précipitations, cette absence de pluie devrait limiter la remontée de la maladie vers les feuilles supérieures.

Taches physiologiques (à gauche) et symptômes de rouille jaune (à droite) sur blé dur.

À ce stade, la rouille jaune est la seule maladie nécessitant une vigilance particulière.  Des foyers en forme de rond, peuvent être observés dans certaines parcelles emblavées avec la variété Rocaillou.  La pression semble toutefois modérée, néanmoins une surveillance attentive de l'évolution des symptômes est recommandée.  Une intervention est requise uniquement si plusieurs foyers actifs apparaissent dans la parcelle.  En dehors de ce cas, la pression exercée par les maladies reste faible à modérée. Il est donc tout à fait envisageable, dans l'état actuel des choses, d'opter pour un programme fongicide composé d'un seul traitement, positionné au stade dernière feuille étalée (BBCH 39).

Des taches physiologiques sont également observées sur le limbe de certaines feuilles. Leur apparition est liée aux écarts de température importants entre le jour et la nuit.  Ces symptômes sont peu dommageables pour la culture.  N'étant pas d'origine fongique, ils ne justifient aucun traitement.

Concernant la fertilisation azotée, à partir du stade deuxième nœud (BBCH 32), il est nécessaire de mettre en place une stratégie afin d'assurer la teneur en protéines du grain sans pénaliser le rendement.  D'après nos essais, la fertilisation optimale totale du blé dur se situe entre 180 et 200 kg N/ha (avec un maximum de 220 kg N/ha dans les cas où les reliquats azotés étaient très faibles).  Par ailleurs, les apports en fin de cycle sont plus conséquents que pour un froment d'hiver.  Il est généralement recommandé d'apporter une dose plus importante à la troisième fraction de l'ordre de 80 kg N/ha.  Il est également possible d'intégrer dans son schéma de fertilisation une quatrième fraction à l'épiaison de l'ordre de 30 à 40 kg N/ha.  Cet apport tardif permet d'améliorer significativement la teneur en protéines.  Si cette option est envisagée il faudra veiller à ajuster la dose appliquée lors de la dernière feuille. 

Lors de l'application de la troisième fraction, il est recommandé, en cas d'apport sous forme solide, d'attendre le stade dernière feuille étalée (BBCH 39).  Si l'apport en solide n'est pas possible ou si une forme liquide est privilégiée, il est conseillé de réaliser cet apport au stade dernière feuille pointante (BBCH 37) afin de ne pas brûler les feuilles supérieures.  Pour minimiser ce risque et maximiser la valorisation de l'azote par le peuplement, l'utilisation d'engrais liquide nécessite de prendre d'autres précautions : emploi de jets filets, intervention hors période de fort ensoleillement, et absence de mélange avec d'autres produits phytosanitaires afin de réduire les risques de phytotoxicité.

Pour plus d'informations sur les résultats des essais, le lien ci-dessous renvoie à l'article publié dans le Livre Blanc Céréales en février, « Optimiser la fertilisation azotée du blé dur : nouvelles perspectives sur le fractionnement et la dose totale ».

Si vous souhaitez avoir plus de renseignements, vous pouvez contacter Rodrigo Meza du CRA-W à l'adresse suivante : wr.meza@cra.wallonie.be ou par téléphone au 0471/49.07.27


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