CePiCOP - 05.05.2026 - Colza: fin floraison - Pois et féverole: floraison - Suivi des maladies en froment - Orge bénéfices des pluies - Froment/pois: Fertilisation et protection - Epeautre: taches

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Colza

 Stade : Fin floraison ou presque (BBCH73) sous la pluie, selon les variétés

Insectes ravageurs : Adultes peu présents en culture, mais observation des premières larves de cécidomyies dans les siliques

Fin des observations du réseau colza d'hiver, pour cette saison (printemps 2026)

POis d'hiver et féverole d'hiver

Stade : Début floraison et arrivée récente de pluies

Maladies : Traitement fongicide préventif contre anthracnose et botrytis.  Pas de variétés résistantes actuellement ni de produits curatifs

Insectes : Surveiller l'arrivée de pucerons pendant la floraison.  Pas de traitement insecticide systématique

Froment

Stades : Les parcelles se situent majoritairement au stade de la dernière feuille pointante (BBCH 37) et ou déjà au stade de la dernière feuille étalée (BBCH 39).

Maladies :  Le retour des pluies est prévu pour toute la semaine. Si aucun traitement n'a encore été réalisé, il est possible d'envisager une intervention complète dans les prochaines semaines, une fois le stade BBCH 39 dépassé, afin de bien atteindre l'ensemble des feuilles et dès que les conditions le permettront. Pour les parcelles déjà traitées, un délai minimal de 3 à 4 semaines avant toute nouvelle intervention doit être respecté. Actuellement, certains symptômes observés peuvent être d'origine physiologique.

Fertilisation azotée : troisième fraction à appliquer, si ce n'est déjà fait, préférentiellement sous forme solide, à la dernière feuille étalée (BBCH 39).

Froment / Pois

Stade : Pleine floraison des pois protéagineux et approche de la dernière feuille en froment d'hiver.

Fertilisation azotée : Apport de la deuxième fraction (60 kg N/ha) à la dernière feuille du froment (BBCH 39).

Fongicide :  Traitement préventif conseillé contre l'anthracnose et le botrytis pendant la floraison du pois.

Orge de printemps

Stade :  La majorité des orges de printemps ont atteint le stade redressement (BBCH30) et certains sont déjà au stade premier nœud (BBCH31).

Fertilisation azotée :  En principe, la première application a déjà été réalisée. Si la culture présente des signes de carence, une deuxième application de 20 à 40 unités d'azote peut être envisagée.

Fongicide :  En orge de printemps, une seule application fongicide suffit généralement. Il est conseillé d'attendre le stade dernière feuille étalée (BBCH39) avant d'intervenir.

Epeautre

Stade de développement : La dernière feuille des épeautres les plus précoces est désormais déployée (BBCH39) mais pour la majorité d'entre eux comme pour les semis plus tardifs, la dernière feuille est pointante (BBCH37) ou enroulée (BBCH38).

Fertilisation : Fin de la semaine prochaine, nous appliquerons la troisième et dernière fractionCelle-ci est surtout utile pour assurer la qualité technologique des épeautres les plus panifiablesPour rappel, si nous avons reporté la deuxième fraction jusqu'à la semaine dernière, c'était pour éviter d'accroitre le risque de verse, déjà très important dans notre situationLe nombre de talles restants est désormais optimal et il est important que ceux-ci disposent de tous les nutriments nécessaires afin de remplir les grains et d'en assurer la qualitéFinalement, sur l'ensemble des trois fractions, nous aurons appliqué 150 unités d'azote.

Régulateur de croissance : Les derniers régulateurs ont été appliqués la semaine dernière.

Maladies et ravageurs : Avec le retour de l'humidité, la question du développement des maladies redevient d'actualitéEn épeautre, la situation reste globalement calmeQuelques foyers de rouille jaune sont bien signalés mais ils concernent la variété Cosmos dont la sensibilité est bien connue depuis des annéesLa septoriose n'a pas quitté les étages inférieurs et la rouille brune commence à peine à être détectéeCependant, les prévisions météo nous annonçant une longue période d'instabilité et d'humidité, ces maladies vont plus que probablement se développerLa recommandation est donc identique à celle des froments :  attendre le déploiement de la dernière feuille (BBCH 39) et réaliser un traitement fongicide complet.

Pour ce qui est des cécidomyies, le stock de larves dans le sol est très faible ces dernières années et l'épeautre est nettement moins sensible que le froment aux infestations de cet insecteIl n'y aura donc pas lieu de s'en inquiéter cette saison.

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Après des journées exceptionnellement ensoleillées, venteuses et sèches, l'arrivée tant attendue de pluies depuis le 2 mai, d'intensité variable selon l'endroit, apporte de l'eau bénéfique aux cultures.  Le colza d'hiver est actuellement en fin de floraison ou presque, selon les variétés.  Plusieurs champs sont maintenant défleuris tandis que d'autres plus tardifs sont encore en floraison. 

Fin floraison de différentes variétés (Essai CePiCOP Gembloux – Photo CC 04/05/26)

Les siliques sont bien formées jusqu'à présent (nombreuses siliques bosselées - Stade BBCH73).  Les premières siliques avec jeunes larves de cécidomyies des siliques sont actuellement visibles.  Leur impact devra être évalué dans quelques semaines.

Larves de cécidomyie des siliques (Photo CC 04/05/26)

Les observations hebdomadaires au sein du réseau colza permettant de réaliser chaque semaine les avertissements en colza d'hiver vont s'arrêter pour ce printemps 2026 ; il s'agit donc du dernier avis colza de cette saison qui a été caractérisée par une arrivée très précoce et parfois très nombreuse des insectes ravageurs (charançons de la tige, méligèthes, charançons des siliques).  La floraison précoce du colza d'hiver aura connu des conditions météo presqu'idéales en avril, avec un large ensoleillement et d'excellentes températures en journée, permettant une activité intense des insectes pollinisateurs.

La fin de cycle du colza sera déterminante pour le remplissage des graines, influencé notamment par la pluviométrie à recevoir dans les prochaines semaines.  Même si le mois d'avril 2026 a été très sec, l'observation de la couleur des tiges de colza à l'approche de la maturité permettra de vérifier si le sclérotinia a pu se développer cette année.

Christine Cartrysse, Centre Pilote CePiCOP

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Suite à la douceur importante du mois d'avril, les cultures de protéagineux d'hiver sont entrées précocement en floraison.  Les principales maladies que l'on rencontre chez nous sont l'anthracnose (ou ascochytose) et le botrytis.  Si le climat est très sec, la rouille peut se développer en féverole.

Féverole d’hiver et pois protéagineux d’hiver au début de la floraison (Essai CePiCOP Gembloux – Photo CC 04/05/26)

En culture pure ou en association avec une céréale (cfr. ci-dessous), la protection contre les maladies sera menée en préventif, avant de voir les symptômes car il n'existe pas aujourd'hui de produit curatif.  De plus, aucune variété n'est résistante à ces maladies.  Ce sont les conditions météo à venir qui influenceront le développement des maladies.

Les produits fongicides autorisés en 2026 dans chacune de ces cultures en Belgique se trouvent sur Phytoweb ou sous forme d'une liste sur le site du CePiCOP, sous l'onglet Protéagineux - Produits autorisés.  En culture associée, seules 2 matières actives sont autorisées (azoxystrobine et metconazole).

Pendant la floraison, la surveillance des insectes concernera les pucerons verts en pois et les pucerons noirs en féverole.  Il faut éviter tout traitement insecticide systématique, en l'absence de ces insectes.

Piège à insectes et pluviomètre, installés dans la culture de pois protéagineux d’hiver en fleurs (Photo CC 04/05/26)

Christine Cartrysse, Centre Pilote CePiCOP

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Nombreuses tâches foliaires observées : septoriose, symptômes physiologiques ou autre ?

Plusieurs parcelles présentent des tâches foliaires qui, de loin, évoquent de la septoriose.  Cependant, l'absence de pycnides (points noirs caractéristiques) rend le diagnostic incertain...

Ces symptômes peuvent être liés :

  • soit à une attaque d'helminthosporiose, nommée également DTR pour Dreshlera tritici repenti (plus rare chez nous mais possible sur certaines variétés car en provenance de l'Est par le vent),
  • soit à des symptômes physiologiques dus aux fortes amplitudes thermiques et au déficit hydrique du mois d'avril. Plusieurs signalements ont été réalisés dans les campagnes ces deux dernières semaines. Ces symptômes sont plus marqués dans les sols légers, peu profonds, et dans les zones qui ont subi plus de gelées.

Nous continuons nos observations dans les campagnes pour surveiller ces symptômes et vous avertir au besoin !

En cas de doute, il est recommandé de placer des feuilles symptomatiques en chambre humide (par exemple dans une bouteille avec un fond d'eau).  L'apparition de fructifications (à observer à la loupe) après 24 à 48 heures indiquera une origine fongique.  À l'inverse, leur absence orientera vers une cause physiologique, pour laquelle aucun traitement phytosanitaire ne sera efficace.

Figure 1 : Photo à gauche, symptômes physiologiques / Photo à droite, l’helminthosporiose du blé avec un point noir au centre de la tâche. Source : ARVALIS

Dans le réseau CePiCOP

Les observations de ce lundi 4 mai montrent que les parcelles se situent majoritairement entre le stade dernière feuille pointante (BBCH 37) et le stade dernière feuille étalée (BBCH 39).

Rappels des principales maladies en froment :

La septoriose est observée dans l'ensemble des parcelles, principalement sur les feuilles F3 définitives.  Dans les situations les plus sévères, jusqu'à 100 % des F3 peuvent être touchées, avec environ 12 % de surface foliaire atteinte.

Certaines parcelles restent toutefois peu impactées, avec très peu de symptômes.  Cette situation s'explique notamment par des dates de semis plus tardives, des variétés plus tolérantes ou encore des cumuls de précipitations plus faibles.  Les conditions sèches du mois d'avril avaient jusque-là freiné la progression de la maladie vers les étages foliaires supérieurs.  Cependant, les précipitations annoncées pour les 10 prochains jours devraient favoriser une reprise de la dynamique de la septoriose et des repiquages.

La rouille jaune semble avoir régressé dans certaines parcelles, probablement sous l'effet de la forte luminosité (les UV limitant la viabilité des spores) et du lessivage.  Elle reste néanmoins présente dans les parcelles non traitées, ainsi que sur certaines variétés sensibles telles que Champion, mais aussi Celebrity, SU Horizon, Debian, SY Revolution, KWS Sverre…

Enfin, la rouille brune continue de progresser légèrement cette semaine sur plusieurs variétés.  Elle est notamment observée sur Debian, SY Revolution, KWS Sverre, KWS Extase, Champion, LG Niklas,… Les pustules sont visibles sur différents étages foliaires, en particulier sur F2 et F3 définitives, ce qui nécessite une surveillance attentive.

Recommandations :

  • Si vous avez traité vos froments au stade 2e nœud (BBCH 32) ou avant, il est conseillé attendre 3 (à 4) semaines avant le traitement suivant. La culture devrait alors avoir atteint le stade épiaison et il sera temps de revenir avec un second traitement afin de protéger les nouvelles feuilles sorties et l'épi.
  • Si vous n'avez pas traité au stade 2e nœud (BBCH 32), il est conseillé d'envisager un traitement fongicide complet au stade dernière feuille entièrement déployée (BBCH 39) en vue de protéger votre culture contre les maladies foliaires (septoriose et rouilles).  Il est important d'attendre le déploiement entier de la dernière feuille.

Traitement au stade dernière feuille (BBCH 39) :

Ce traitement devra reposer sur une solution contenant plusieurs modes d'actions : à base de triazole (prothioconazole, mefentrifluconazole, tebuconazole ou metconazole) et/ou de picolinamide (fenpicoxamid) ou/et de SDHI (bixafen, fluopyram, fluxapyroxad, benzovindiflupyr).  Le mefentrifluconazole et le fenpicoxamid se sont démarqués comme les substances les plus performantes contre la septoriose.

L'ajout d'une strobilurine n'est utile que si vous avez une variété sensible à la rouille brune.  Au vu du potentiel observé actuellement dans les parcelles, il est fortement conseillé de prendre cette maladie en compte également.

Enfin, l'ajout d'un produit multi-sites, à base de folpet ou de soufre (liquide de préférence) est toujours recommandé si aucun autre traitement fongicide n'a été effectué auparavant.  Les phosphonates de potassium (ainsi que leur combinaison avec du soufre) viennent compléter le panel des fongicides multi-sites disponibles actuellement sur le marché.

Des exemples de programmes sont proposés dans le Livre Blanc Céréales 2026 et disponibles sur le site : https://livre-blanc-cereales.be/wp-content/uploads/2026/04/II.4.-Maladies.pdf

N'hésitez pas à consulter l'outil FONGIBLE mis à votre disposition sur la plateforme Agromet afin de vous guider dans les décisions à prendre sur vos parcelles de froment : https://agromet.be/fr/oad/froment/fongible/v1/.

Groupe « maladies » A. Nysten

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La culture associée de froment et de pois protéagineux d'hiver arrive progressivement au stade de la dernière feuille étalée du froment (BBCH 39).  Il est donc opportun de prévoir l'apport de la seconde fraction d'azote sur ces parcelles.  La dose de référence recommandée pour cette intervention est de 60 kg N/ha.  Afin de limiter les risques de brûlure et de préserver l'intégrité de la dernière feuille, il est préférable de réaliser cet apport sous forme solide.

Concernant les pois protéagineux d'hiver, la floraison a désormais bien commencé.  Cette période correspond à une phase de sensibilité accrue vis-à-vis de certaines maladies, notamment l'anthracnose et le botrytis.  Une application fongicide préventive peut donc être envisagée à l'approche de la pleine floraison.  Dans ce contexte, l'utilisation d'azoxystrobine à la dose de 250 g/ha est recommandée.  Cette matière active assure une protection efficace contre les principales maladies des pois d'hiver tout en apportant également un bénéfice à la culture de froment.

Un second traitement fongicide pourra ensuite être envisagé au moment de la floraison du froment, cette fois à base de metconazole, afin de renforcer la protection sanitaire de l'ensemble de l'association culturale.

Pour tous ces traitements, il est indispensable de vérifier que l'agréation des formules commerciales utilisées soient homologuées à la fois pour le froment d'hiver et pour les pois protéagineux destinés à la récolte sèche, car les usages autorisés peuvent varier d'un produit à l'autre (Phytoweb).

Pour toutes informations complémentaires, n'hésitez pas à consulter le livret concernant la culture du pois protéagineux, reprenant également les informations de la culture associée froment - pois, sur le site du CePiCOP ou en cliquant ici.   

Association froment-pois au début de la floraison du pois (27/04/2026)
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Les pluies de ces derniers jours ont été bénéfiques pour les céréales de printemps, qui commençaient à souffrir légèrement du manque d'eau.  Ces pluies favorisent également la dissolution de l'ammonitrate appliqué il y a quelques semaines, qui n'avait pas encore pu être absorbé par les plantes.  Les orges de printemps semées début mars atteignent tout doucement le stade premier nœud (BBCH31).

Concernant la fumure, un avertissement précédent avait déjà été publié à ce sujet : https://centrespilotes.be/publi/Avertissements/1577.  En principe, la première application a eu lieu il y a quelques semaines.  Si vous observez des signes de carence dans la culture, une correction de 20 à 40 unités d'azote peut être apportée dès maintenant.

A propos des maladies, on observe actuellement un peu d'helminthosporiose, de rouille naine ainsi que de rhynchosporiose.  En principe, en orge de printemps, un seul traitement fongicide suffit pour protéger la culture.  Celui-ci est généralement réalisé au stade dernière feuille étalée (BBCH39), en même temps que le régulateur.  Une première application peut toutefois être envisagée dès maintenant, au stade premier nœud (BBCH31), uniquement si la pression des maladies est déjà très importante.  Cela peut notamment être le cas pour les orges de printemps semées à l'automne, qui sont très sensibles à la rhynchosporiose.  Il est donc vivement conseillé d'aller observer vos parcelles avant toute intervention, afin d'éviter l'application inutile d'un fongicide, qui pourrait entraîner des pertes économiques et avoir un impact environnemental négatif.

Orge de printemps au stade premier nœud (BBCH31) - 04-05-2026

 G. Wain

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Photo illustrant quelques nécroses jusqu’à présent identifiées comme « taches physiologiques ».

Chaque année, des symptômes ne pouvant pas être associés aux maladies connues sont observées.  Ils sont alors généralement placés, faute de mieux dans la classe « taches physiologiques » qui comprend aussi bien des réactions face aux écart de températures que d'autres pouvant être provoquées par le dépôt de grains de pollen.  Actuellement, on observe de nombreux symptômes qui n'ont apparemment pas d'origine fongique.  Des analyses plus approfondies sont en cours.  Ces symptômes ne sont pas liés à l'épeautre, on en retrouve également sur le blé dur et le froment.    

Je vous souhaite une agréable semaine,

Guillaume Jacquemin


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