CePiCOP - 19.05.2026 - Froment début de floraison - Ravageurs: comment observer

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Les observations réalisées ce lundi 18 mai montrent que les parcelles se situent majoritairement entre le début du gonflement (BBCH 41) et la pleine épiaison (BBCH 59).  Après une semaine de Saints de Glace bien marquée, des températures estivales sont attendues dès la fin de semaine et devraient se maintenir plusieurs jours.  Ces conditions plus chaudes seront favorables à une reprise du développement des maladies foliaires, en particulier sur les variétés sensibles.

Rappels des principales maladies en froment :

La septoriose est observée dans toutes les parcelles, principalement sur les feuilles F3 et F4 définitives.  Dans les situations les plus sévères, jusqu'à 95 % des F3 peuvent être touchées, avec environ 12 % de surface foliaire atteinte.

Certaines parcelles restent toutefois peu impactées, avec très peu de symptômes.  Cette situation s'explique notamment par des dates de semis plus tardives, des variétés plus tolérantes ou encore des cumuls de précipitations plus faibles.  

La rouille jaune a été, en partie, lessivée par les pluies mais les foyers ont été marqués sur certaines variétés telles que Champion ou Celebrity mais aussi sur SU Horizon, Debian, SY Revolution, KWS Sverre, KWS Sabrum, LG Niklas, …

La rouille brune pourrait devenir plus visible dans les prochains jours.  Elle était actuellement observée dans la majorité des parcelles à des intensités très différentes, avec une présence plus marquée sur les variétés Debian, SY Revolution, KWS Sverre, KWS Extase, Champion et LG Niklas.  Les pustules sont présentes sur plusieurs étages foliaires, notamment sur les F2 et F3 définitives, ce qui nécessite une surveillance de la maladie.

Recommandations :

  • Si aucun traitement n'a été réalisé au stade 2e nœud (BBCH 32), il est conseillé d'envisager un traitement fongicide complet au stade dernière feuille entièrement déployée (BBCH 39), afin de protéger la culture contre les maladies foliaires, principalement la septoriose et les rouilles.
  • Si vous avez traité vos froments au stade 2e nœud (BBCH 32) ou plus tôt, la culture a probablement atteint le stade épiaison (BBCH 51-59).  Il est donc temps d'envisager un second traitement afin de protéger les nouvelles feuilles ainsi que l'épi.  Il est toutefois préférable d'attendre encore quelques jours afin que l'épi soit suffisamment dégagé pour être correctement protégé (et de privilégier le prothioconazole).
  • Si un traitement a été réalisé récemment au stade BBCH 39, il est recommandé d'attendre avant d'envisager un éventuel traitement relais (minimum 3 semaines après).

Pour rappel et afin d'éviter l'apparition trop rapide de résistance au sein des pathogènes, il est conseillé :

  • d'alterner les triazoles utilisés entre les applications ;
  • de n'appliquer une strobilurine qu'une seule fois par saison ;
  • de n'appliquer un QiI (fenpicoxamid) qu'une seule fois par saison ;
  • de n'appliquer un SDHI qu'une seule fois par saison. 

Le traitement devra reposer sur une solution contenant plusieurs modes d'actions : à base de triazole (prothioconazole, mefentrifluconazole, tebuconazole ou metconazole) et/ou de picolinamide (fenpicoxamid) ou/et de SDHI (bixafen, fluopyram, fluxapyroxad, benzovindiflupyr).  Le mefentrifluconazole et le fenpicoxamid se sont démarqués comme les substances les plus performantes contre la septoriose.  L'ajout d'une strobilurine n'est utile que si vous avez une variété sensible aux rouilles.  Au vu du potentiel observé actuellement dans les parcelles, il est fortement conseillé de prendre cette maladie en compte également. 

L'ajout d'un produit multi-sites, à base de folpet ou de soufre (liquide de préférence) est toujours recommandé si aucun autre traitement fongicide n'a été effectué auparavant.   Les phosphonates de potassium (ainsi que leur combinaison avec du soufre) viennent compléter le panel des fongicides multi-sites disponibles actuellement sur le marché.

Fusariose des épis :

Les parcelles les plus avancées, actuellement entre la fin épiaison (BBCH 59) et la floraison (BBCH 65), sont soumises à une période de sensibilité à la fusariose des épis.  Les pluies enregistrées ces derniers jours ont pu engendrer un risque d'infection dans ces parcelles si l'inoculum était présent.  Toutefois, les éventuels traitements réalisés récemment au stade épiaison (BBCH 55-59) ont permis de protéger les épis et contribuent à limiter ce risque.

Pour les autres parcelles, qui n'ont pas encore atteint ces stades sensibles, les conditions plus estivales annoncées pour les prochains jours ne devraient pas être favorables au développement de la maladie lors de l'épiaison et de la floraison à venir.  La situation sera néanmoins réévaluée lundi prochain.

Des exemples de programmes sont proposés dans le Livre Blanc Céréales 2026 et disponibles sur le site : https://livre-blanc-cereales.be/wp-content/uploads/2026/04/II.4.-Maladies.pdf

Groupe « maladies » A. Nysten

Dans les cultures de céréales, les principaux ravageurs de printemps à surveiller sont les pucerons de l'épi, les criocères (lémas) ainsi que la cécidomyie orange. Comme les années précédentes, le CePiCOP, en collaboration avec le CARAH, le CPL-Végémar et le CRA-W mets en place un réseau d'observation afin de suivre hebdomadairement l'évolution des populations des ravageurs de printemps.

Depuis quelques années, le stock de larves de cécidomyie orange présent dans le sol ne cesse de diminuer (Figure 1). Cette diminution, conjuguée à la plus que probable non-coïncidence entre l'émergence des adultes et la période sensible du froment (épiaison), rend le risque d'attaques de cécidomyies très faible. Le suivi des populations de cécidomyie orange ne sera donc pas réalisé cette année.

Présence de larves de cécidomyies dans le sol ces dernières années (Extrait du Colloque de mars 2025 par Guillaume Jacquemin).

Une première observation des pucerons et des lémas a été réalisée ce lundi 18 mai. Malgré le temps froid qui a prévalu au cours ces derniers jours, les premiers relevés montrent une présence assez importante, mais très variable d'une parcelle à l'autre, de ces deux ravageurs sur les feuilles de froment. 

Il convient également de noter que, dans la majorité des parcelles, les épis de froment ne sont pas encore sortis. Aucun puceron n'a été détecté dans les épis déjà émergés, à l'exception d'une parcelle située du côté de Hognoul, où 19 pucerons ont été observés dans les épis sur 50 talles comptées.

Des auxiliaires ainsi que des pucerons parasités et mycosés ont également été observés, témoignant d'une activité déjà bien présente de ces organismes de régulation naturelle.

Actuellement, aucune intervention n'est requise. La surveillance va continuer durant les prochaines semaines.  Le beau temps sera également de la partie d'ici la fin de la semaine avec une augmentation des températures, ce qui pourrait entrainer une augmentation des populations de pucerons.

Vous retrouverez ci-dessous les différentes fiches des ravageurs de printemps avec leur seuil d'intervention.

Les pucerons :

Au printemps, certains pucerons peuvent se développer aussi bien sur les feuilles que sur les épis. Les principales espèces observées en céréales sont Sitobion avenae, Metopolophium dirhodum et Rhopalosiphum padi.

En aspirant la sève des plantes, le puceron des épis (Sitobion avenae) provoque une diminution du poids de mille grains (PMG), voire une réduction du nombre de grains par épi en cas d'attaque précoce.

La période d'observation s'étend entre l'épiaison et le stade grain pâteux. Comme mentionné par Arvalis, il faut observer au minimum 5 fois au hasard dans la parcelle 4 épis successifs (20 épis en tout).  Un traitement insecticide est recommandé uniquement lorsqu'un épi sur deux est colonisé par au moins un puceron.  Il est inutile de traiter avant l'épiaison ainsi qu'après le stade grain pâteux même si la population est importante.

Les produits insecticides sont des produits de contact (il n'est pas toujours facile de toucher correctement l'épi), traiter dans de bonnes conditions permet d'optimiser l'efficacité (très tôt le matin, HR, volume minimum de 150 L/ha).

Les pucerons sont très régulièrement contrôlés par leurs ennemis naturels (syrphes, coccinelles, chrysopes, hyménoptères parasites) et ce contrôle naturel est parfois fortement réduit par un traitement insecticide, surtout si des produits non-sélectifs sont utilisés, ce qui peut conduire à de fortes pullulations de pucerons par la suite. Il convient donc de réfléchir et de n'intervenir que si nécessaire. 

Reconnaitre les auxiliaires : Microhyménoptères parasites, coccinelles, syrphes et chrysopes sont des alliés précieux et permettent de limiter les populations des ravageurs (voir photos ci-dessous). Leurs larves (très voraces) peuvent ainsi réaliser une régulation naturelle très efficace. Il est donc préférable d'éviter les interventions trop précoces afin de préserver les auxiliaires si le seuil n'est pas atteint. Les araignées, les carabes ou encore les anthocorides peuvent également participer à cette régulation.

Les criocères (lémas) :

Ces insectes peuvent apparaître dès le mois d'avril et provoquent généralement des dégâts visuels (les larves rongent le parenchyme des feuilles entre les nervures) mais ont peu d'impact sur le rendement, sauf en cas d'infestation massive. Les céréales de printemps y sont plus sensibles que les céréales d'hiver. Dans ces conditions, ce sont surtout les dernières feuilles qui doivent être protégées. 

Les pontes de criocères s'étalent sur plusieurs semaines. Intervenir trop tôt, c'est-à-dire avant le stade dernière feuille étalée, ne protègera pas des nouvelles pontes qui pourraient survenir sur le haut des plantes.  Un traitement est recommandé (selon Arvalis) si la pression est supérieure à 2,5 larves par tige à l'épiaison. 

La larve présente un corps mou, bombé, de couleur jaune et recouvert d'une substance visqueuse mélangée d'excréments noirs.

Groupe « Ravageurs », Grégoire Wain


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