Les observations réalisées ce lundi 18 mai montrent que les parcelles se situent majoritairement entre le début du gonflement (BBCH 41) et la pleine épiaison (BBCH 59). Après une semaine de Saints de Glace bien marquée, des températures estivales sont attendues dès la fin de semaine et devraient se maintenir plusieurs jours. Ces conditions plus chaudes seront favorables à une reprise du développement des maladies foliaires, en particulier sur les variétés sensibles.
Rappels des principales maladies en froment :
La septoriose est observée dans toutes les parcelles, principalement sur les feuilles F3 et F4 définitives. Dans les situations les plus sévères, jusqu'à 95 % des F3 peuvent être touchées, avec environ 12 % de surface foliaire atteinte.
Certaines parcelles restent toutefois peu impactées, avec très peu de symptômes. Cette situation s'explique notamment par des dates de semis plus tardives, des variétés plus tolérantes ou encore des cumuls de précipitations plus faibles.
La rouille jaune a été, en partie, lessivée par les pluies mais les foyers ont été marqués sur certaines variétés telles que Champion ou Celebrity mais aussi sur SU Horizon, Debian, SY Revolution, KWS Sverre, KWS Sabrum, LG Niklas, …
La rouille brune pourrait devenir plus visible dans les prochains jours. Elle était actuellement observée dans la majorité des parcelles à des intensités très différentes, avec une présence plus marquée sur les variétés Debian, SY Revolution, KWS Sverre, KWS Extase, Champion et LG Niklas. Les pustules sont présentes sur plusieurs étages foliaires, notamment sur les F2 et F3 définitives, ce qui nécessite une surveillance de la maladie.
Recommandations :
- Si aucun traitement n'a été réalisé au stade 2e nœud (BBCH 32), il est conseillé d'envisager un traitement fongicide complet au stade dernière feuille entièrement déployée (BBCH 39), afin de protéger la culture contre les maladies foliaires, principalement la septoriose et les rouilles.
- Si vous avez traité vos froments au stade 2e nœud (BBCH 32) ou plus tôt, la culture a probablement atteint le stade épiaison (BBCH 51-59). Il est donc temps d'envisager un second traitement afin de protéger les nouvelles feuilles ainsi que l'épi. Il est toutefois préférable d'attendre encore quelques jours afin que l'épi soit suffisamment dégagé pour être correctement protégé (et de privilégier le prothioconazole).
- Si un traitement a été réalisé récemment au stade BBCH 39, il est recommandé d'attendre avant d'envisager un éventuel traitement relais (minimum 3 semaines après).
Pour rappel et afin d'éviter l'apparition trop rapide de résistance au sein des pathogènes, il est conseillé :
- d'alterner les triazoles utilisés entre les applications ;
- de n'appliquer une strobilurine qu'une seule fois par saison ;
- de n'appliquer un QiI (fenpicoxamid) qu'une seule fois par saison ;
- de n'appliquer un SDHI qu'une seule fois par saison.
Le traitement devra reposer sur une solution contenant plusieurs modes d'actions : à base de triazole (prothioconazole, mefentrifluconazole, tebuconazole ou metconazole) et/ou de picolinamide (fenpicoxamid) ou/et de SDHI (bixafen, fluopyram, fluxapyroxad, benzovindiflupyr). Le mefentrifluconazole et le fenpicoxamid se sont démarqués comme les substances les plus performantes contre la septoriose. L'ajout d'une strobilurine n'est utile que si vous avez une variété sensible aux rouilles. Au vu du potentiel observé actuellement dans les parcelles, il est fortement conseillé de prendre cette maladie en compte également.
L'ajout d'un produit multi-sites, à base de folpet ou de soufre (liquide de préférence) est toujours recommandé si aucun autre traitement fongicide n'a été effectué auparavant. Les phosphonates de potassium (ainsi que leur combinaison avec du soufre) viennent compléter le panel des fongicides multi-sites disponibles actuellement sur le marché.
Fusariose des épis :
Les parcelles les plus avancées, actuellement entre la fin épiaison (BBCH 59) et la floraison (BBCH 65), sont soumises à une période de sensibilité à la fusariose des épis. Les pluies enregistrées ces derniers jours ont pu engendrer un risque d'infection dans ces parcelles si l'inoculum était présent. Toutefois, les éventuels traitements réalisés récemment au stade épiaison (BBCH 55-59) ont permis de protéger les épis et contribuent à limiter ce risque.
Pour les autres parcelles, qui n'ont pas encore atteint ces stades sensibles, les conditions plus estivales annoncées pour les prochains jours ne devraient pas être favorables au développement de la maladie lors de l'épiaison et de la floraison à venir. La situation sera néanmoins réévaluée lundi prochain.
Des exemples de programmes sont proposés dans le Livre Blanc Céréales 2026 et disponibles sur le site : https://livre-blanc-cereales.be/wp-content/uploads/2026/04/II.4.-Maladies.pdf
Groupe « maladies » A. Nysten









